LIÈGE

À Liège, une gigantesque œuvre de street-art se dévoile

À Liège, une gigantesque œuvre de street-art se dévoile

L’artiste Sozyone Gonzalez à l’œuvre sur cet immeuble du quai de la Boverie. ÉdA Hermann

L’artiste Sozyone Gonzalez réalise une fresque géante sur deux immeubles liégeois. Une fois les échafaudages démontés, l’œuvre se dévoilera aux yeux du public.

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Plus de 1000 bombes de peinture ont été commandées pour la réalisation de l’œuvre qui prend progressivement place sur deux murs, hauts d’une trentaine et larges d’une vingtaine de mètres. Ces quelques chiffres permettent de se rendre compte du caractère colossal de cette fresque de street-art, réalisée en ce moment sur deux immeubles du quai de la Boverie, le long de la Dérivation.

Voilà la plus grande œuvre d’art urbain réalisée dans le cadre de l’opération Paliss’art, un programme de la Ville qui consiste à promouvoir l’expression artistique dans la cité. De nombreuses fresques ont déjà été réalisées, mais celle-ci fera date.

À Liège, une gigantesque œuvre de street-art se dévoile
Un échafaudage d’une trentaine de mètres de hauteur a été installé devant chaque mur. ÉdA Hermann

Michaël Nicolaï est coordinateur de Spray Can Arts, une ASBL qui développe des projets d’art urbain à Liège depuis 2004, qui collabore avec la Ville dans le cadre de Paliss’art. «C’est un projet très particulier pour nous, explique-t-il. Il est né dans le cadre de la consultation populaire du projet de ville, en 2013. Les habitants de ce quartier ont exprimé le souhait de voir apparaître ce type d’interventions artistiques.»

C’est dans ce contexte que Michaël Nicolaï a contacté un artiste réputé dans le milieu du street-art, Sozyone Gonzalez. Ce Bruxellois d’origine espagnole était déjà à l’origine de Future Birds, cette fresque qui figurait il y a quelques mois encore sur un mur aveugle de la rue Nagelmackers, dans le quartier Cathédrale-nord. Elle a disparu au printemps 2018, laissant place à un projet immobilier.

À Liège, une gigantesque œuvre de street-art se dévoile
D’autres artistes du milieu du street-art sont venus prêter main-forte à Sozyone Gonzalez. ÉdA Hermann

Spray Can Arts souhaitant promouvoir des interventions artistiques d’envergure, Michaël s’est mis à la recherche de murs aveugles pouvait accueillir l’œuvre. «Des pignons, il y en a beaucoup, mais ce n’est pas simple pour autant de trouver l’endroit.» Cette fois, pourtant, une sorte d’alignement de planètes a permis à un projet un peu fou de voir le jour.

«J’ai commencé à envoyer des demandes d’autorisation à divers propriétaires, sachant que ce type d’immeubles fait l’objet d’une copropriété. Un beau jour, j’ai reçu une réponse positive venant d’un immeuble. Quinze jours plus tard, je recevais la même réponse d’une autre immeuble, un peu plus loin.» Par le plus grand des hasards, il se fait que ces immeubles se dressent à quelques dizaines de mètres l’un de l’autre, sur le même quai. L’idée est alors née de les intégrer tous les deux au sein d’une même œuvre monumentale.

À Liège, une gigantesque œuvre de street-art se dévoile
Le travail est déjà bien avancé sur le premier mur. Le second mur, quelques dizaines de mètres plus loin, sera peint ces prochains jours. ÉdA Hermann

La chance a continué de sourire au projet. Sozyone Gonzalez, de son côté, s’est appuyé sur un dessin qu’il avait réalisé, sans imaginer en faire une fresque murale. Un homme allongé, chapeau sur la tête. «En projetant ça sur un mur, j’ai remarqué que ça fonctionnait. Puis Michaël m’a annoncé qu’on disposait de deux murs. J’ai regardé ce que ça donnait et ça collait parfait parfaitement. On pouvait l’intégrer dans l’environnement, en se servant des buildings», explique l’artiste.

Un homme allongé

La fresque se déploie donc sur tout un ensemble immobilier. La tête de l’homme figure sur un immeuble, les pieds sur l’autre. Et entre les deux, le corps semble dissimulé derrière d’autres bâtiments. L’effet sera particulièrement remarquable depuis le quai Orban, en bordure du Longdoz.

«La bonne nouvelle, ajoute Michaël Nicolaï, c’est que cette fresque devrait s’inscrire dans la durée. Ce ne sont pas des murs appelés à disparaître.» Cette intervention artistique implique donc un joli apport esthétique, au cœur de la ville, en surplomb de la Dérivation et de ses quais saturés par la congestion automobile.

À Liège, une gigantesque œuvre de street-art se dévoile
ÉdA Hermann

La réalisation de l’œuvre a débuté mardi dernier et devrait s’achever dans le courant de la semaine prochaine. Le grand public la découvrira véritablement une fois les échafaudages évacués.

En attendant, c’est un sacré travail qui est en cours de réalisation. «Cette fresque est particulièrement grande, surtout si on inclut l’ensemble des immeubles compris entre les deux murs. C’est aussi une des plus compliquées que j’aie eues à réaliser. En travaillant sur échafaudage et non sur nacelle, on manque de recul. C’est une contrainte», glisse-t-il, bombe à la main, perché à une dizaine de mètres de hauteur.