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Massacre aux pesticides: 500 millions d’abeilles brésiliennes mortes en trois mois

Massacre aux pesticides: 500 millions d’abeilles brésiliennes mortes en trois mois

Le Brésil se montre moins restrictif que l’Europe en matière de pesticide. La population d’abeilles en souffre. AFP

C’est hécatombe parmi la population d’abeilles au Brésil. Plus de 500 millions d’insectes ont été retrouvés morts au cours des trois derniers mois.

Massacre, carnage, hécatombe. Ces mots ne sont pas usurpés quand il s’agit de décrire la situation actuelle des abeilles brésiliennes.

Rien que dans l’état de Rio Grande do Sul, le plus au sud du Brésil, 400 millions d’abeilles sont mortes, selon des apiculteurs, rapporte la BBC sur son site internet.

Premier coupable de cette situation: les pesticides. Pendant que l’Europe prenait des mesures cette année pour bannir certains produits, dont les néonicotinoïdes et le fipronil, le Brésil a fait l’inverse, levant certaines restrictions.

L’usage de pesticides a donc augmenté dans le pays, affirme Greenpeace dans un rapport. Quelque 193 produits contenant des substances interdites en Europe ont été approuvés au Brésil depuis 2016, explique également l’ONG de protection de l’environnement.

«Plus efficaces et moins toxiques»

Le pays, très dépendant de l’agriculture, se repose sur les pesticides pour assurer ses rendements. Et ce malgré l’importance des abeilles dans la chaîne alimentaire, assurant la pollinisation des plantes, fruits et légumes.

Il y a quelques jours, le gouvernement brésilien avait défendu ses dernières décisions concernant les pesticides, par la voix de la ministre de l’Agriculture, Tereza Cristina. Celle-ci s’est dite injustement «dénigrée» par ceux qui l’accusent de vouloir «empoisonner» la population.

«On croit que l’homologation des produits est une mauvaise chose, mais c’est le contraire: ce sont des produits plus efficaces et moins toxiques. De plus en plus d’entre eux seront enregistrés pour qu’on entre dans la modernité», a souligné Tereza Cristina.

En juin, Greenpeace a dénoncé le fait que l’Union Européenne «autorise l’importation de soja OGM cultivé avec des pesticides interdits en Europe».