FOOTBALL

Faïz Selemani transféré à Courtrai: imbroglio et vives tensions avec l’Union Saint-Gilloise

Faïz Selemani transféré à Courtrai: imbroglio et vives tensions avec l’Union Saint-Gilloise

Nouvelle passe d’armes entre l’Union Saint-Gilloise et Faïz Selemani. Belga

En conflit avec son milieu franco-comorien, c’est via un communiqué de presse que l’Union Saint-Gilloise a appris le départ de Faïz Selemani vers Courtrai. De quoi étonner le club bruxellois... et le pousser à réagir.

Nouvelle passe d’armes entre l’Union Saint-Gilloise et Faïz Selemani, ce lundi soir. Moins d’une semaine après que le milieu de terrain ait interpellé les médias sur la situation délicate dans laquelle il se trouvait - le joueur, renvoyé temporairement dans le noyau B de son club, s’était notamment filmé en train d’être refoulé des terrains d’entraînement de la RUSG - le Franco-Comorien a rompu unilatéralement son contrat bruxellois afin de s’engager avec le KV Courtrai.

Recourant à la loi de 78 pour quitter l’Union Saint-Gilloise - chaque joueur a le droit de résilier son contrat moyennant le paiement d’indemnités calculées sur son salaire - Faïz Selemani, qui avait encore deux ans à prester dans la capitale, rejoint donc la D1A dans un contexte particulier. Sans l’avoir annoncé à son ancien employeur qui a appris la nouvelle via le communiqué de presse de Courtrai.

«La Royale Union Saint-Gilloise a découvert avec stupéfaction le communiqué du club KV Kortrijk, dans lequel ce dernier annonce la signature de son joueur Faïz Selemani», confirme ainsi le matricule 10 sur son site. Et son directeur général, Philippe Bormans, d’assurer que le club ne comptait en rester là: «Notre club étudie les suites à donner auprès de la Pro League, l’URBSFA et la FIFA.»

+ VIDÉOS | Des agents de sécurité pour empêcher un joueur de l’Union Saint-Gilloise de s’entraîner

Révélant notamment que l’Union avait «de sérieuses indications de contacts provenant du management du KV Courtrai envers Faïz Selemani, sans l’accord de la RUSG, malgré l’interdiction formelle par la FIFA de ce genre de pratiques», Philippe Bormans pointe l’attitude du club de D1A qui a enfreint le «gentlemen’s agreement» en vigueur en Belgique et qui veut qu’aucune équipe n’engage un joueur qui a obtenu sa liberté grâce à la loi de 78.

«Il est inconcevable et inquiétant qu’une personne dirigeant un club professionnel, et faisant également partie de la Pro League et de l’URBSFA, se livre à ce genre de pratiques plus que douteuses, estime le directeur général de l’Union. L’image et la crédibilité du football belge prennent à nouveau un gros coup...»

De quoi annoncer peut-être de nouveaux rebondissements dans le transfert de Faïz Selemani.

La saison passée, Faïz Selemani, 25 ans, avait été l’un des joueurs-clés de l’Union en D1B la saison passée. En 34 rencontres, il avait inscrit 17 buts et délivré 10 assists.

«Un motif grave» invoqué

Selon son avocat, Faïz Selemani n’a pas invoqué totalement la loi de 78 pour quitter l’Union Saint-Gilloise.

«Ici, nous ne sommes pas dans ce cas de figure, il s’agit d’une rupture de contrat pour motif grave, déclare Me Fabrice Vincaire sur le site de «La Dernière Heure». On peut donc parler de loi 78 mais ce n’est pas la disposition dont on fait généralement état, nous sommes donc en dehors du cas de figure impliquant le «gentlemen’s agreement».»

Et l’homme de loi d’ajouter: «Cette rupture de contrat pour motif grave s’explique par le fait que le joueur s’est vu interdire l’accès au terrain, au vestiaire, par des gardes de sécurité. Nous partons donc du principe qu’il y a un fait qui a rendu impossible toute poursuite des relations professionnelles entre employé et employeur.»