ITALIE

Simon Gautier serait mort peu après sa chute à cause de «graves blessures aux jambes»

Le randonneur français Simon Gautier serait mort peu après sa chute dans un ravin du sud de l’Italie, selon une source au sein de la gendarmerie italienne, qui a procédé lundi à une première analyse de son corps.

«La mort a suivi de peu son appel (au secours, à 8h57). A 10h, il était probablement déjà mort», a souligné cette source à des journalistes. Le corps du randonneur présentait de graves blessures aux jambes, mais sa tête ne semblait pas avoir été touchée, a-t-on précisé de même source.

Le père de Simon, qui a participé aux recherches avec sa mère et d’autres proches du jeune homme, a reconnu le corps à l’hôpital de Sapri.

Le corps récupéré par des secouristes

Des membres des secours alpins ont veillé toute la nuit le corps retrouvé ce dimanche soir et les délicates opérations pour le remonter ont commencé à l’aube.

Dans cette zone escarpée où les falaises plongent dans la mer, sur la commune de San Giovanni a Piro, à près de 200 km au sud de Naples, les secouristes ont placé le corps sur une civière et l’ont fait descendre en rappel jusqu’à une petite plage en contrebas.

De là, une vedette des garde-côtes l’a récupéré et emmené à la mi-journée au port de Policastro Bussentino. Il a ensuite été conduit à l’hôpital le plus proche, à Sapri, a confirmé un responsable des forces de l’ordre.

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Une autopsie doit être effectuée, afin de déterminer en particulier si une mobilisation plus rapide et plus massive des secours aurait pu le sauver.

Sportif et organisé, Simon Gautier vivait depuis deux ans à Rome pour rédiger une thèse en histoire de l’art.

Il était parti le jeudi 8 août, avec de l’eau et des vivres, pour plusieurs jours de randonnée en solitaire le long de la côte, mais avait appelé à l’aide le lendemain matin en expliquant s’être cassé les deux jambes en tombant d’une falaise.

Malheureusement, il n’a pas pu dire où il se trouvait. «Au milieu de nulle part, sur la côte». Et il n’a pas été possible de localiser son téléphone.

«On pouvait faire plus»

C’est seulement après une forte mobilisation de ses proches et des appels dans les médias que des témoignages ont permis de restreindre la vaste zone de recherche et que des renforts expérimentés sont arrivés sur place.

«Il y a eu des erreurs du début à la fin, depuis le moment où la machine des secours s’est mise en marche», ont dénoncé des amis du jeune homme à des médias italiens. «On pouvait faire plus et surtout, les efforts qui ont été faits ces derniers jours auraient dû être faits dès le 9 août».

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a pour sa part remercié dimanche soir les autorités italiennes «qui se sont mobilisées pour le retrouver», tout en exprimant sa «tristesse».

Samedi, la préfecture de Salerno avait assuré dans un communiqué que tout avait été fait dès l’appel à l’aide pour localiser le jeune homme puis tenter de le retrouver, dans une vaste zone escarpée qui s’étendait au départ sur 140 km2.

D’abord peu nombreux, les spécialistes (pompiers, secours alpins, équipes cynophiles) étaient une centaine à pied d’œuvre dimanche, neuf jours après la disparition de Simon Gautier, avec un hélicoptère et des drones.

C’est finalement avec une paire de jumelles qu’un membre des secours alpins a repéré un sac en plastique blanc. Dépêchée sur place, une équipe a découvert en contrebas le sac à dos du jeune homme, puis son corps sans vie.

«Comme vous pouvez l’imaginer, nous sommes tous épuisés, tant physiquement que psychologiquement», a réagi sur les réseaux sociaux une amie du jeune homme, à propos de la vingtaine de proches accourus pour arpenter les sentiers à sa recherche.

Une cagnotte ouverte dimanche sur internet pour soutenir financièrement ceux d’entre eux à court de ressources a récolté plus de 5.500 euros.