RUSSIE

Russie: mystère et inquiétudes après un accident nucléaire

Russie: mystère et inquiétudes après un accident nucléaire

C’est dans cette base de Nyonoska qu’a eu lieu l’accident nucléaire. AFP

Une semaine après l’explosion qui a touché la base de missiles de Nionoska, dans le Grand Nord, et qui a provoqué la mort de cinq ingénieurs, le mystère reste entier. Et si la Russie cherchait à camoufler un accident nucléaire?

Tout commence le jeudi 08 août dernier. Un incident majeur survient à la base de Nionoska, dans le Grand Nord russe.

Dans un communiqué transmis aux agences de presse russes, le ministère de la Défense indique alors qu’un accident a eu lieu lors de l’essai d’un «moteur-fusée à ergols liquides», ajoutant que deux «spécialistes sont morts des suites de leurs blessures» et que six ont été blessées dans cette explosion.

Dans la foulée, les autorités assurent qu’«il n’y a pas de contamination radioactive» de la région et que «les niveaux sont normaux». Mais deux heures plus tard, la mairie de la ville proche de Severodvinsk assure toutefois que ses capteurs ont «enregistré une brève hausse de la radioactivité» à 11h50 locales.

Deux jours plus tard, l’agence nucléaire russe Rosatom évoque la mort de cinq personnes dans l’explosion, sans que l’on sache si ce bilan inclut le décès des deux «spécialistes». Trois autres personnes sont également annoncées blessées, victimes de brûlures, selon Rosatom.

Dans le même temps, les autorités internationales s’inquiètent de la nature et de la gravité de l’incident. Ainsi, des experts américains ont estimé que l’accident pourrait être lié aux tests du missile de croisière «Bourevestnik», l’une des nouvelles armes «invincibles» vantées par le président Vladimir Poutine en début d’année. D’une «portée illimitée» selon le président, il serait capable de surmonter quasiment tous les systèmes d’interception.

«Nouveaux armements» et pics de radioactivité

Ce n’est finalement que ce lundi que les autorités russes reconnaissent que l’accident était lié aux tests de «nouveaux armements», promettant de les mener «jusqu’au bout».

Sans être aussi précise, l’agence nucléaire russe assure vouloir «continuer le travail sur les nouveaux types d’armes, qui sera dans tous les cas poursuivi jusqu’au bout».

«Nous remplirons les devoirs que nous a confiés notre Patrie. Sa sécurité sera entièrement assurée», a ajouté le patron de Rosatom, Alexeï Likhatchev, cité par les agences de presse russes.

Le lendemain, l’agence russe de météorologie assure que le taux de radioactivité après l’explosion a bel et bien dépassé jusqu’à 16 fois le taux habitue sans pour autant que ce taux présente un danger pour la santé.

Juste après l’explosion, «six des huit capteurs de Severodvinsk ont enregistré des dépassements de la puissance des doses de radiation (qui a alors été) de quatre à seize fois supérieure à celle habituelle», a ainsi annoncé Rosguidromet dans un communiqué.

Un des capteurs a notamment relevé un taux de radioactivité de 1,78 microsievert par heure, tandis que la limite règlementaire est de 0,6 microsievert/heure en Russie et que la radioactivité naturelle moyenne à Severodvinsk est de 0,11 microsievert/heure.

Rosguidromet précise que ces niveaux de radioactivité ont rapidement baissé pour revenir à la normale dans l’après-midi.

Mais une semaine après l’explosion, les circonstances de l’accident et ses conséquences restent encore floues. De quoi nourrir les inquiétudes des Russes et des nations étrangères.