MOLENBEEK

«J’espère que tu crèvera dans ta merd»: menacée de mort par Messenger, la députée bruxelloise Leila Agic dépose plainte

«J’espère que tu crèvera dans ta merd»: menacée de mort par Messenger, la députée bruxelloise Leila Agic dépose plainte

Leila Agic a été élue députée en mai 2019 avec 2855 voix. Alors qu’elle n’a même pas encore pris possession de son bureau au Parlement, elle doit déjà déposer plainte pour sexisme. BELGA

Une agression verbale consternante de violence et de sexisme a poussé la députée molenbeekoise Leila Agic à déposer plainte. Les menaces de kidnapping, voire de mort, lui étaient parvenues par Messenger, le service de messagerie de Facebook.

«Si je te kinap tu me fera même pas gagner 10.000 euros (...) Tu sais c très facil d’être riche. On peut kidnaper les enfants de deputées etc. Sa rapporte beaucoup d’argent. J’ai un amis qui a commencé sa carrière comme sa et maintenant il vie bien. (...) Tu te mari même pas tellement tu as peur pour ton argent. Tu est perdu dans ta varice et ta vanité. (...) Aujourd’hui tu me répond pas et tu me prends pas en considération et tu ose même pas me regarder tellement tu as peur. Mais je vais te dire une chose Leila: la peur n’est pas remède à la mort. Et je te souhaite pas bonne journée salop de merd. J’espère que tu crèvera dans ta merd».

Ce message consternant, la néo-députée bruxelloise Leila Agic l’a reçu sur l’application Messenger ce 8 août. Fautes d’orthographe comprises. Pas intimidée, la Molenbeekoise l’a publié sur son profil Twitter. «Voilà le genre de messages que peut recevoir une femme politique en 2019», déplore la socialiste de 24 ans, élue au Parlement bruxellois lors des dernières élections régionales de mai 2019 avec le score de 2855 voix de préférence.

«Je n’en peux plus de tous ces hommes qui ne supportent pas qu’une femme puisse atteindre un certain statut et se permettent ce genre de chose», enchaîne la jeune femme. «Sans oublier cette obsession sur mon statut matrimonial ou ce que je peux bien faire de ma vie privée».

Encouragée par les nombreuses réactions indignées sur la plateforme Twitter, la figure montante du PS bruxellois a évidemment porté plainte. Pas refroidie par les insultes, le sexisme et les menaces de son interlocuteur, et peut-être pour lui retourner cette «peur» dont il présume qu’elle souffrira, celle qui est aussi conseillère communale molenbeekoise a même posté la photo de son dossier, introduit à la zone de police de Bruxelles Ouest ce 9 août. «Dire que je n’ai même pas encore pu prendre possession de mon bureau que je dois déjà déposer plainte parce que je suis une femme et que je suis députée», se désole-t-elle dans la foulée. «Ça ne fait que renforcer ma volonté de me battre sans relâche pour les femmes et leurs droits durant mon mandat». Bim!

Dans le climat du mouvement #MeToo, où les langues se délient quant au harcèlement des femmes et au sexisme ordinaire, la mésaventure de Leila Agic ne fait malheureusement que se rajouter à une litanie de témoignages tous plus désolants les uns que les autres. Mais, à défaut de refroidir les fâcheux, elle donnera peut-être aussi le courage à celles qui en subissent les violences de ne plus se taire.