MONS

Le bourgmestre ne veut plus des tours de la Cité du Coq à Jemappes

Le bourgmestre ne veut plus des tours de la Cité du Coq à Jemappes

Toit & Moi

Les deux grands immeubles de la Cité du Coq à Jemappes sont-ils condamnés? Ces derniers temps, plusieurs éléments tendent à le penser.

Elsa Triolet et Flora Tristan, sont deux femmes de lettres françaises du 20e et du 19e siècle. Mais pour les Jemappiens et les Montois, ces noms symbolisent le mal-logement, puisque c’est de la sorte qu’ont été baptisées les deux énormes tours de la Cité du Coq à Jemappes.

Deux immeubles de béton disgracieux d’une contenance de 96 appartements chacun, répartis sur onze étages. Ils sont l’héritage d’une conception étrange que l’on avait du logement social dans les années 70 et d’un habitat peu durable et précaire.

Construites en 1977, les deux tours sont aujourd’hui à bout, alors qu’elles sont les consructions les plus récentes de la cité du Coq...Mais les problèmes techniques s’enchaînent et causent bien du tracas à Toit & Moi, la société de logements publics propriétaires de ces deux monstres.

Qui appartiendront bientôt au passé? C’est le vent qui court dans la cité. Toit & Moi n’aménage plus et ne propose plus les logements de ces immeubles à la location quand ils se libèrent. Une cinquantaine serait inoccupée. Dans le journal La Province de ce jour, le président du conseil d’administration de Toit & Moi indique qu’une étude sera réalisée pour «dégager la meilleure solution possible.»

Il y a trois options: la démolition, la rénovation (très lourde) ou un raccourcissement des tours. A ce jour, aucune option n’est privilégiée, même si John Joos précise sa pensée: «ce type de construction, ce n’est plus ce qu’on veut à l’avenir.»

Le bourgmestre veut la disparition

Dans la foulée, le bourgmestre Nicolas Martin a apporté son soutien à l’option de déconstruction, estimant que les conditions de vie dans les appartements de ces tours ne sont plus dignes, eu égard aux plaintes récurrentes des locataires concernant la salubrité.

«Compte tenu de la faible qualité des deux bâtiments et du gaspillage que représenterait un réinvestissement dans ces tours issues d’un autre temps, je soutiens le principe d’une déconstruction. À l’image des tours de Ghlin qui ont disparu du paysage, les tours de Jemappes n’ont plus leur place dans le paysage urbain de Jemappes. J’estime qu’un beau projet de quartier comprenant de nouveaux logements plus qualitatifs et adaptés aux besoins des locataires devrait être mis au point», indique Nicolas Martin.

Le Bourgmestre de la Ville de Mons se concertera avec le président et la direction de Toit & Moi à la rentrée, de sorte que si le conseil d’administration confirme l’option démolition, les locataires actuels puissent bénéficier d’un relogement progressif dans d’autres habitations au sein de la société Toit et Moi.

Les deux tours de la Cité du Coq font partie des derniers vestiges de l’habitat à loyer modéré vertical, tel qu’on le concevait dans les années 70. Cette dernière décennie, les tours de Ghlin et celle des Mésanges, tristement célèbre pour l’incendie meurtrier qui s’y produisit, ont disparu du paysage, de même que celles de la cité du Bois de Mons.