ANTOING

VIDEO |L’ancien canal se meurt à Péronnes

Depuis quelques jours, les poissons meurent par centaines dans l’ancien canal de Péronnes par manque d’oxygène. Un phénomène connu contre lequel il importe de pouvoir lutter rapidement...

Les pêcheurs qui nous ont contacté étaient aussi verts (de rage) que la surface des eaux des biefs de l’ancien canal Pommeroeul-Antoing qui coule notamment entre les rues des Chantiers et du Canal, à Péronnes-Lez-Antoing.

«Nous payons un permis de pêche auprès de la Région Wallonne, notamment pour le rempoissonnement, et comme vous le voyez, les poissons meurent les uns après les autres sans que personne ne semble s’en inquiéter…», nous ont-ils précisé.

En cause: le développement anarchique d’algues et de plantes aquatiques empêchant toute oxygénation de l’eau. Le phénomène est connu et même récurrent: il est consécutif à l’eutrophisation de l’eau qui, à la base, est en soi un phénomène naturel au processus relativement lent mais qui peut s’accélérer suite à un apport trop important d’éléments nutritifs dans le milieu (provenant des activités humaines), mais aussi après une période de forte chaleur. Il est encore plus aigu dans les eaux stagnantes où la température peut grimper rapidement. Pour y remédier, il faut oxygéner l’eau au moyen d’aérateurs, par exemple, ou en provoquant un courant via un apport d’eau extérieur.

Le problème était déjà sensible dimanche du côté du petit Large car les pompiers de la zone de Wallonie picarde sont intervenus pour aérer l’étang. Pour ce qui concerne les biefs, le problème semble particulièrement aigu. La couche verte est, en certains endroits, à ce point épaisse que nous avons vu des poules d’eau marcher sur ce tapis vert sans s’y enfoncer…

«Appelez le 1718»

Du côté du SPW, on nous précise que ce phénomène est bien connu de leurs services, surtout en période de fortes chaleurs. Il nous a toutefois été précisé que l’ancien canal n’est malheureusement pas le seul concerné. Un apport d’eau, via l’ouverture des écluses n’est, selon le SPW, pas une solution miracle, l’oxygénation de ces eaux étant aussi mise à mal par les conditions météos que nous avons connues. «Par contre, il est très important de dénoncer la situation auprès de SOS environnement Wallonie, via le numéro gratuit 1718 (24h/24) dès qu’il est observé pour qu’un agent puisse se rendre sur place, que ce dernier établisse un rapport afin que les mesures adéquates soient prises le plus rapidement possible, explique Nicolas Yernaux, porte-parole du SPW. Nous comptons beaucoup sur les pêcheurs pour lancer ce type d’alerte car ils sont les premiers témoins de l’apparition du phénomène pour arriver tôt au bord des cours d’eau.»

Pour l’ancien canal, selon le SPW, SOS environnement n’aurait pas été alerté avant mardi. Trop tard pour empêcher le désastre. Lequel fait en définitive le bonheur des mouettes qui se font un festin des carcasses flottant en surface...

++ D’autres infos dans les pages de l’Avenir/Le Courrier de l’Escaut de ce mercredi 31 juillet 2019 ++

Pour revoir les richesse de la faune et de la flore subaquatiques en Wallonie Picarde, regardez ce large extrait du film «Au-delà du miroir» réalisé dans le cadre d’un projet transfrontalier par le Contrat de rivière Escaut/Lys: