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Décès de Robert Waseige: du RFC Liège au Standard en passant par Charleroi et les Diables, le «mage» a marqué les esprits

Décès de Robert Waseige: du RFC Liège au Standard en passant par Charleroi et les Diables, le «mage» a marqué les esprits

Robert Waseige et Marc Wilmots au Standard, en 1996 REPORTERS

Robert Waseige aura connu sept clubs et deux sélections nationales durant sa carrière d'entraîneur. Des expériences contrastées. On revient sur six moments marquants de sa longue carrière sur les bancs belges et étrangers.

 

 

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La D1 avec Winterslag

Décès de Robert Waseige: du RFC Liège au Standard en passant par Charleroi et les Diables, le «mage» a marqué les esprits
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Passé par le RFC Liège et le Racing White comme joueur, Robert Waseige termine sa carrière de défenseur latéral gauche et entame celle d’entraîneur à Winterslag en 1971, en reprenant le rôle de T1.

Dans ce club de la bourgade de Genk, qui a depuis 1988 fusionné avec Waterschei pour former le KRC Genk, Waseige parvient à le faire grimper de D3 jusqu’en D1, lors de la saison 1974-75.

Après un (premier) passage de trois saisons au Standard de Liège, il revient en 1979 pour deux saisons à Winterslag.

Le gamin de Rocourt redonne du prestige au RFC Liège

Décès de Robert Waseige: du RFC Liège au Standard en passant par Charleroi et les Diables, le «mage» a marqué les esprits
En 1990, le RFC Liège remporte la finale de Coupe de Belgique face au Germinal Ekeren. BELGA
Après une saison à Lokeren, Robert Waseige retrouve le stade du RFC Liège, le club où il a commencé à jouer dès l’âge de 8 ans, en juillet 1983.

De 1983 à 1992, le «mage» va écrire l’un des plus beaux chapitres de l’histoire du club Sang et Marine.

Sous sa houlette, le club va remporter deux trophées majeurs: une Coupe de la ligue pro en 1986 et la Coupe de Belgique en 1990.

Ce passage marque aussi les retrouvailles du club liégeois avec la scène européenne. En Europe, le club va participer à plusieurs éditions de la Coupe UEFA, avec un quart de finale en Coupe des Coupes en 1991 face à la Juventus (deux défaites 1-3 et 0-3). Mais son plus grand souvenir «sera la qualification à Innsbruck pour la Coupe d’Europe», nous confiait-il en 2014.

Nebosja Malbasa, Jean-François de Sart, Danny Boffin, Zvonko Varga, Jacky Munaron, Jean-François Lecomte et évidemment Luc Ernès, tous se révèlent durant cette période.

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Une virée «lucrative» à Lisbonne

De 1992 à 1999, «Bob the coach» va successivement entraîner le Standard et le Sporting Charleroi. En 1993, c’est avec le Sporting Charleroi qu’il s’inclinera en finale de Coupe de Belgique face... au Standard.

Cette période 1992-99 sera entrecoupée par une virée au Portugal, à Lisbonne, en 1996. Il arrive là-bas avec son étiquette d’entraîneur belge de l’année, en 1994 et 1995.

Sur le plan sportif, son périple lisboète ne se passe pas comme prévu et il est remercié à la mi-saison. Sur le plan judiciaire, Robert Waseige avait reconnu avoir touché des compléments de salaire occultes sur un compte non déclaré au Luxembourg. Tout cela grâce à son agent Lucien D’Onofrio. Des faits prescrits depuis lors.

Il revient ensuite en Belgique au Sporting Charleroi.

Ce Diable de Robert taquine la bande à Kluivert

Après une Coupe du monde 1998 catastrophique, marquée par une élimination en poules, le sélectionneur Georges Leekens est limogé en août 1999.

La fédération belge fait appel à l’expérience de Robert Waseige. Et la sauce prend rapidement. En quelques mois, le Liégeois parvient à faire l’unanimité.

Les débuts sont convaincants. Pour son premier match à la tête des Diables rouges, la Belgique réalise un impressionnant partage contre les Pays-Bas (5-5) de Kluivert, Davids, des frères de Boer ou Bergkamp.

Si ce n’est une défaite contre l’Angleterre, les Diables font un parcours sans faute en préparation de l’Euro 2000. Mais pour «son» Euro, la Belgique ne passera pas les poules. Une énorme déception.

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BELGA

L’Union Belge garde néanmoins sa confiance en Robert Waseige. Après un barrage contre la République Tchèque, la Belgique se qualifie pour le Mondial 2002 au Brésil.

La douche froide brésilienne

En préparation du Mondial, la Belgique se paye le luxe de gagner contre la France, championne du monde, en match amical (1-2).

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BELGAIMAGE
L’entrée en matière en Corée du Sud et au Japon est pourtant difficile. Après deux partages contre le Japon et la Tunisie, la Belgique se qualifie de justesse pour la phase finale en gagnant contre la Russie lors du dernier match de poule.

Au programme des huitièmes de finale: le Brésil. La bande à Ronaldo, Juninho et Ronaldinho éprouve toutes les difficultés du monde à bousculer les valeureux Diables. À la 35e minute, Marc Wilmots, d’une tête rageuse, donne l’avantage aux Belges. Mais ce but sera (injustement?) annulé pour une «charge» du Taureau de Dongelberg sur Lucio.

Le scénario est connu: le Brésil marquera deux buts en deuxième mi-temps et remportera la Coupe du Monde face à l’Allemagne.

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Une décision difficile à avaler pour le sélectionneur. «Pour moi, il n’y avait absolument pas faute. Malheureusement, l’avenir d’une équipe peut dépendre d’une décision dégueulasse comme celle-là. Cela faisait mal, très mal. Mais au moins, nous avions l’intime conviction d’avoir tenu tête aux futurs et multiples champions du monde», avait-il confié dans le livre «Diables d’hommes», coécrit par Olivier Beaujean, Frédéric Renson et Xavier Thirion.

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Sans attendre le retour en Belgique, Waseige annoncera qu’il quitte son poste de sélectionneur après 34 matches. «Heureusement, les joueurs et le staff n’ont pas mal pris ma décision lorsque je la leur ai annoncée dans le car qui nous menait à l’aéroport. Ils ne m’ont pas applaudi, mais certains anciens sont venus m’encourager et me souhaiter le meilleur.»

L’humiliation chez les Rouches

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Waseige lors de Standard-Mouscron. DANNY GYS / PHOTO NEWS
De retour pour la troisième fois au Standard lors de l’été 2002, Robert Waseige va subir une véritable humiliation. Il est limogé après cinq rencontres seulement, sur un bilan de 4 défaites et un partage.

Après cette expérience ratée, il retourne de nouveau au Sporting Charleroi avant de reprendre le poste de sélectionneur de l’Algérie en mai 2004. Une expérience de courte durée, puisqu’il a été limogé pour manque de résultat, après une défaite fatale.

Il va assurer l’intérim au Brussels avant de retourner au RFC Liège en tant que directeur sportif.