BRUXELLES

Des concerts dans une usine de tri textile, un ancien club libertin ou l’un des plus grands dépôts de la Stib, le festival le plus insolite de l’été est de retour

Pour les amateurs de festival, c’est l’un des moments les plus attendus de l’été. Le Hide & Seek festivals et ses lieux de concerts inédits à Bruxelles est de retour pour la quatrième année.

Il a beau sembler si minuscule à côté des grosses machines que sont Werchter ou le Pukkelpop pour n’en citer que deux, le Hide & Seek festival n’en a pas moins un énorme côté attachant. Ne cherchez pas des noms ronflants sur l'affiche, au contraire, le festival bruxellois a décidé de s’éloigner des autoroutes musicales pour proposer dix dates de concert à taille humaine, dix moments pour partir à la découverte de la musique du monde. 

Ne tardez toutefois pas à réserver vos places, elles sont (très) limitées et s’arrachent généralement très vite. Plusieurs dates sont, d’ailleurs, déjà soldout. «Les gens cherchent sans doute plus de proximité, autre chose que les grands festivals, avouait d’ailleurs Peter Van Rompaey, le directeur de Muziekpublique. À la création du festival, on ne s’attendait pas à un tel engouement.»

Pour sa quatrième édition, le festival organisé par Muziekpublique sort de son théâtre et part à la conquête de lieux insolites et inattendus de la capitale bruxelloise entre le 19 et le 24 août. Après le sommet de la tour WTC au petit matin, après celui de la tour RTBF, la villa Empain, la piscine des Bains de Bruxelles ou encore le petit Château, le festival part cette fois à la découverte du sommet des arcades du Cinquantenaire, d’une usine de tri textile, d’un ancien club libertin, de l’un des plus grands dépôts de la STIB, du mythique Cercle Royal Gaulois ou de celui des Arbalétriers.

 

19/08– Les Taupes qui boivent du lait @ Brass in the tram

 

Le vieux tram est à nouveau de la partie pour deux voyages cette année et pour une fête cuivrée et mobile dirigée par la fanfare balkano-klezmer «Les Taupes qui Boivent du Lait». La visite commence au musée du tram et passe par de beaux classiques bruxellois.

 

20/08– Myrddin & Imre De Cauter (Flamenco) @ Fondation Élisabeth

 

La fondation médicale Reine Élisabeth est une perle de l’architecture art-déco, dessinée par Henry Lacoste dans le but d’y abriter le campus Brugmann sans déroger au style de Horta qui dessina l’hôpital. La fondation abrite encore des salles très préservées, comme cette petite bibliothèque suspendue dans le temps où Myrrdin et sa fille Imre, descendants du multi-instrumentiste de musique contemporaine Koen De Cauter, vous feront découvrir la richesse du flamenco dans un duo guitare-violoncelle surprenant.

 

21/08– Païvi Hirvonen (Finlande) @ Hectolitre

 

L’ancien club échangiste «La Porte des Sens» abrite aujourd’hui l’Hectolitre et ses projets artistiques et multidisciplinaires, mais a tout gardé de son ambiance feutrée et libertine. Cette nouvelle maison de l’art accueillera Païvi Hirvonen, qui crée une musique riche en histoire et en émotions fortes sur base du dialogue entre violon, voix, et lyre à archet. Ses compositions sont inspirées de la tradition finlandaise, et ses morceaux abordent différents aspects de la vie.

 

21/08– Antsa (Madagascar) @ Dépôt de tram Marconi

 

Faufilez-vous entre les 22 voies et les 75 trams de l’un des plus grands dépôts de la STIB, pour trouver la zone technique où se déroulera le concert. Là, entourés de trams surélevés et immergés dans un espace à l’atmosphère technico-urbaine, découvrez la musique d’Antsa, qui rayonne au-delà de l’Île Rouge pour atteindre Forest!

 

22/08– Mieko Miyazaki (Japan) @ Théâtre de marionnettes ‘Le Peruchet’

 

Une richesse insoupçonnée se cache dans cette ancienne ferme logée dans un quartier où on ne pouvait s’y attendre: l’une des plus grandes collections de marionnettes du monde entier. Dans ce cadre étonnant, c’est l’artiste Mieko Miyazaki, virtuose du Koto, instrument emblématique japonais, aux 13 cordes pincées, qui viendra dévoiler sa musique

 

22/08– Rabasa (Cap Vert) @ Usine de tri des Petits Riens

 

Rendez-vous cette fois l’impressionnante usine des Petits Riens, où sont triés chaque année 6000 tonnes de textiles avant d’être revendus pour financer les projets sociaux de l’association. Laissez vos dons dans la benne à l’entrée, et suivez le parcours qu’ils feront avant le tri. Puis, confortablement assis sur un tas de vêtements, découvrez la musique de Rabasa. La famille Ortet a mis au point un son chaleureux, moderne, hip et dansant, basé sur les traditions de leur île du Cap-Vert. Alternant entre mélodies mélancoliques ou funana vaporeux, leurs voix retentiront chaleureusement au cœur de l’usine, entre accordéon, guitare, cavaquinho, trompette et percussions.

 

23/08– Gjini Ensemble (Albania) @ Cercle des arbaletriers

 

Le cercle des arbalétriers de Saint-Georges est une ancienne guilde bien cachée derrière la place royale, où l’on tire aujourd’hui encore à l’arbalète. Le cercle des arbalétriers fait partie d’un gigantesque réseau souterrain situé sous et autour de la Place Royale. Dans ce cadre inédit, c’est la famille Gjini viendra présenter une tradition vocale de polyphonies albanaises de grande puissance. Brihan Gjini, Laura Gjini et Raphael Decock, ils savent comment insuffler une nouvelle vie au répertoire ancestral, aussi riche que méconnu, de polyphonies albanaises de différentes régions, complétées par des chansons instrumentales accompagnées d’accordéon et de clarinette.

 

23/08Ghalia Benali & Guest (Tunisie) @ Sommet des arcades du Cinquantenaire

 

Concert au sommet avec Ghalia Benali! L’Aretha Franklin de Carthage, c’est ainsi que la légende du jazz belge Philip Catherine l’appelle. Que ce soit du côté des musiciens perses, indiens, arabes ou même des jazzcats belges, il semblerait que la chanteuse bruxello-tunisienne Ghalia Benali n’ait jamais fait autre chose de toute sa vie. Alors qu’elle se produit plus souvent au Caire qu’en Belgique, c’est un petit évènement que de pouvoir l’observer au sommet des arcades du Cinquantenaire.

 

24/08– Guitarpa Duo (Venezuela) @ Musée Van Buuren

 

Le musée David & Alice Van Buuren est remarquable autant pour sa maison à l’intérieur art déco raffiné et formidablement conservé, que pour ses œuvres exceptionnelles parmi lesquelles figure la chute d’Icare de Pierre Bruegel l’ancien. Au cœur du salon, il vous faudra enlever vos chaussures pour découvrir la musique du Guitarpa Duo du Venezuela. Nestor et son fils Bernardo proposent un voyage au cœur de la musique vénézuélienne: merengue, vals, joropo llanero… Un véritable dialogue musical se crée entre la guitare et la harpe, passant tour à tour du rôle de soliste à celui d’accompagnement, et déployant une virtuosité agrémentée d’une splendide musicalité.

 

24/08– Ablaye Cissoko & Volker Goetze (Sénégal/Allemagne) @ Cercle Royal Gaulois

 

Bienvenue dans la splendide salle des Caryatides du Cercle Royal Gaulois Artistique et Littéraire qui nous ouvre ses portes. Cette salle de bal aux trois lustres en verre de Murano et aux caryatides typiquement néo-renaissance accueillera le duo Ablaye Cissoko & Volker Goetze pour un concert entre free jazz et musique mandingue. Cette rencontre inédite entre le griot sénégalais et le virtuose allemand résidant à New York, dégage une atmosphère profondément sensible, où l’harmonie entre la kora et la trompette irradie. La voix veloutée d’Ablaye Cissoko parachève avec finesse ce jazz afro-européen, intimiste et futuriste, aérien et souverain.