BELGIQUE

Écolo se penchera sur son avenir en conseil de fédération, ce soir

Écolo se penchera sur son avenir en conseil de fédération, ce soir

Reporters/DEHEZ

Après la fin annoncée de la coalition coquelicot, envoyée sur les roses par les rejets successifs du PTB, du MR et finalement du cdH, Écolo se penchera sur son avenir immédiat ce mercredi soir, au cours d’un conseil de fédération qui doit débuter à 19h00 à Namur, au siège du parti, et qui pourrait durer plusieurs heures.

Après la fin annoncée de la coalition coquelicot, envoyée sur les roses par les rejets successifs du PTB, du MR et finalement du cdH, Écolo se penchera sur son avenir immédiat mercredi soir, au cours d’un conseil de fédération qui doit débuter à 19h00 à Namur, au siège du parti, et qui pourrait durer plusieurs heures.

Une question centrale y sera posée: les Verts doivent-ils participer à des gouvernements wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) alliant les socialistes et les libéraux – avec l’appui de Défi en FWB – ou vaut-il mieux qu’ils se retirent, faute d’être numériquement indispensables à la constitution d’une majorité?

De ce que l’on en sait, il semble que les jeux restent ouverts, des voix se faisant entendre tant en faveur d’une tripartite PS-Écolo-MR que pour une nouvelle cure d’opposition, laissant dès lors le champs libre à une coalition ne regroupant que socialistes et libéraux.

La campagne électorale et les attaques du MR contre Écolo ont laissé des traces. L’expérience de l’arc-en-ciel est également restée dans la mémoire des écologistes. Entre 1999 et 2003/2004, Écolo a participé à des majorités avec les socialistes et les libéraux au fédéral en Wallonie et en Communauté française. Cette première expérience du pouvoir a été marquée par de vives tensions internes et s’était soldée par une lourde défaite des Verts aux élections. À l’époque, ils n’étaient pas non plus arithmétiquement indispensables.

«De dedans, de dehors ou en travers, rien n’y a fait. PTB et cdH ont donc décidé de donner les clés de la Wallonie au PS et au MR, en les rendant incontournables», a tweeté, mardi soir, le chef de groupe Écolo au Parlement de Wallonie, Stéphane Hazée. «Les électeurs auraient sans doute aimé être prévenus que même avec un rapport de forces, ces deux groupes n’entendaient en aucun cas essayer de mettre en œuvre leur programme», a-il ajouté.

Mercredi midi, le PS, qui a la main au sud du pays, a indiqué avoir invité Écolo et le MR à une «rencontre exploratoire» afin d’examiner les «élargissements possibles» des lignes directrices rédigées avec les Verts pour la Wallonie et la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il a noté l’attitude du MR qui dit se «vouloir constructif» et «vouloir répondre positivement et de manière ouverte à toute initiative visant à mettre en place des majorités solides et stables pour relever les défis du futur».

Mardi soir, interrogé par la VRT, le vice-président MR du gouvernement wallon, Jean-Luc Crucke, a exprimé sa préférence pour une coalition associant son parti, les socialistes et les écologistes.

«Nous devons essayer entre libéraux, écologistes et socialistes de trouver des solutions pour les années à venir. C’est vrai que nous n’avons pas besoin d’Écolo mais nous voulons un gouvernement fort, avec de grandes réformes, et je pense que ce sera mieux à trois qu’à deux. Nous avons de grands défis qui nous attendent ici en Wallonie: économique, social et climatique», a-t-il expliqué.

Le ministre balaie d’un revers de la main l’ambiance très tendue entre le MR et Écolo durant la campagne électorale. «La campagne, c’est la campagne, ce sont des mots, c’est le passé. Ce qui est plus important que les mots, c’est la volonté. Existe-t-il suffisamment de convergences entre ces trois partis? Selon moi, oui. Sur le climat, il y a un accord à portée de main. On doit avoir un peu de maturité et faire un pas les uns vers les autres».

Quant à la note «coquelicot», négociée entre PS et Écolo avec des contributions de la société civile, il s’agit d’une «note de gauche, de deux partis de gauche», estime M. Crucke. «Nous sommes un parti libéral. Nous devons donc trouver des convergences avec notre programme libéral».

Le conseil de fédération est le parlement interne d’Écolo. Il réunit les délégués des régionales du parti, des délégués fédéraux, les parlementaires et la co-présidence.