SOIGNIES

Les derniers espoirs de Durobor s’envolent: la Sogepa arrête l’alimentation du four

Les derniers espoirs de Durobor s’envolent: la Sogepa arrête l’alimentation du four

BELGA

Face à l’absence de perspectives concrètes de reprise à court terme, la Sogepa a décidé d’arrêter l’alimentation du four de la gobeleterie Durobor à Soignies, a indiqué mardi le bras financier de la Région wallonne dans un communiqué.

Durobor Glassware a fait faillite le 3 mai dernier. Malgré des discussions avec des candidats intéressés par une reprise éventuelle de l’activité de la gobeleterie sonégienne, la Sogepa a annoncé mardi qu’elle stoppait l’alimentation du four de l’usine. Elle justifie sa décision par l’absence de garantie à ce jour d’une reprise à court terme.

Afin de faciliter la recherche d’un candidat repreneur, le bras financier de la Région wallonne, actionnaire de Durobor à 48%, avait décidé de maintenir provisoirement le four en état de fonctionnement. Il avait notamment pu bénéficier du soutien d’anciens travailleurs dans ce cadre. Comme annoncé depuis le départ, cette situation ne pouvait qu’être temporaire, compte tenu des coûts liés au maintien de l’outil en état de fonctionnement, a rappelé la Sogepa mardi.

L’arrêt du four se fera toutefois, dans la mesure du possible, dans le cadre d’une procédure qui n’hypothèque pas son redémarrage éventuel dans le futur, assure-t-elle. Cette démarche ne marque pas l’arrêt de la recherche d’un candidat repreneur, insiste-t-elle.

Dans son communiqué, la Société wallonne de gestion et de participations assure d’ailleurs avoir privilégié, depuis la faillite, les contacts avec les candidats repreneurs dont le projet visait la reprise de l’ensemble de l’activité industrielle. Des contacts ont eu lieu parallèlement avec un candidat belge pour un projet lié à la seule activité de décoration, sans production de verre.

Les discussions ont permis d’entamer des négociations avec trois candidats: un fonds d’investissement lié à un pays du Moyen-Orient, un acteur industriel européen et un fonds privé d’investissement israélien, détaille la Sogepa. Elle précise qu’à ce jour, «elle doit malheureusement constater que deux de ces acteurs se sont retirés».

Le fonds d’investissement basé au Moyen-Orient a, quant à lui, signalé qu’il restait intéressé par une reprise éventuelle de Durobor, «sans que la Sogepa ne dispose à ce jour d’éléments suffisants qui pourraient justifier de continuer à exposer les dépenses importantes qu’impliquent le maintien du four en état de fonctionnement», constate le bras financier wallon.

Ce dernier entamera par ailleurs des discussions avec les autorités locales pour examiner la possible reconversion du site, en concertation avec l’ensemble des acteurs concernés.

«Nous espérions une meilleure nouvelle pour Durobor», réagit la FGTB

«Nous sommes sceptiques quant à ce candidat, qui a annoncé sa visite à Soignies déjà au début juin mais que nous n’avons jamais vu», a réagi Stefano Fragapane, de la FGTB. «L’annonce de la Sogepa est inquiétante car nous espérions une reprise de la gobeleterie.»

Selon le syndicaliste socialiste, la note pour l’alimentation du four depuis la faillite est, pour l’heure, de quelque 800.000 euros. «Il y avait, selon nos informations, un engagement de la part du candidat-repreneur à prendre en charge 50% de la note de maintien en activité du four de Durobor. Qu’en est-il? La Sogepa a-t-elle eu suffisamment de garanties? «, s’interroge-t-il.

La FGTB veut continuer à croire à une possible reprise de l’activité, malgré un contexte devenu très pessimiste. «Nous continuerons à attendre car il y va de la survie d’un dernier fleuron industriel dans le Centre et de quelque 140 emplois», a poursuivi son représentant. «Il faut à présent voir si le personnel du four, qui le maintient en activité depuis la faillite, sera d’accord de continuer à travailler pendant quelques semaines pour éteindre ce four dans de bonnes conditions, ce qui permettrait une reprise éventuelle dans le futur», laisse entendre Stefano Fragapane.

Une telle manœuvre coûterait tout de même 240.000 euros, selon ses estimations. Il est cependant possible d’éteindre le four pour la moitié de cette somme, assure le syndicaliste, mais alors sans respecter certaines procédures d’extinction dans de bonnes conditions. Cela rendrait toutefois impossible tout redémarrage et signifierait la fin définitive de Durobor, prévient-il.