BASKET

NBA: six choses à retenir de cette première semaine de «free agency»

La NBA va changer de visage lors de la saison prochaine avec l’émergence de nombreuses puissances aux quatre coins de la ligue et une Pacific Division plus dense que jamais.

Décidément, le petit monde de la NBA vit une intersaison pour le moins agitée depuis le sacre – oserait-on encore le qualifier de «surprise» – de Toronto lors des toutes récentes NBA Finals.

Une semaine après le triomphe des Raptors, le premier choix de la draft 2019 Zion Williamson prenait la direction de La Nouvelle-Orléans, au grand dam des Knicks de New York. Mais, surtout, c’est l’ouverture de la free agency, le marché des transferts libres entre franchises, qui allait quelques jours plus tard créer un véritable séisme.

En une nuit, les Nets de Brooklyn se constituait l’un des plus alléchants «Big 3» du moment en signant de concert Kevin Durant, Kyrie Irving et DeAndre Jordan.

 

 

Une semaine après cette annonce fracassante, quel bilan tirer de cette première partie de free agency?

 

1.L’ère des Warriors révolue

 

Le temps d’une écrasante domination des Warriors semble révolu. D’une part, parce que Toronto vient de nous rappeler que ce n’est pas toujours le plus gros qui s’impose à la fin; d’autre part, parce que le phénoménal cinq majeur, celui qui faisait peur à tout le monde et qui se composait cette saison de Steph Curry, Klay Thompson, Draymond Green, Kevin Durant et DeMarcus Cousins a explosé en vol.

Les «Splash Brothers» seront toujours de la partie (même si Thompson débutera la prochaine saison sur la touche suite à sa blessure aux ligaments du genou), au même titre que Draymond Green. Mais «KD» est passé à l’Est et Cousins a filé chez LeBron. On rappellera quand même qu’ils ont signé D’Angelo Russell (ex-Nets)

Après l’échec du «threepeat» (exploit qui consiste à aligner trois titres consécutifs), Golden State, s’il reste une forteresse de la Conférence ouest, n’apparaît plus du tout comme l’ogre de la ligue.

Car au-delà de la «chute» des Warriors, c’est une grosse redistribution des cartes à laquelle on assiste depuis le début de la free agency. Au moment d’écrire ces lignes, une bonne demi-douzaine de franchises se placent en ordre utile afin de prétendre au sacre et bien malin qui pourrait pronostiquer le nom du futur lauréat.

 

2.Nets et Clippers: émergence de nouvelles puissances

 

Kevin Durant et Kawhi Leonard étaient certainement les deux joueurs les plus demandés sur le marché de cette free agency. Si «KD» a rapidement annoncé sa signature du côté des Nets de Brooklyn avec les conséquences que l’on sait, Kawhi Leonard, MVP des NBA Finals et grand artisan du titre des Raptos, a pris le temps de la réflexion avant d’annoncer sa signature du côté de Los Angeles.

Mais là où nombreux voyaient Kawhi débarquer chez les Lakers pour former une nouvelle super-puissance aux côtés du King, le désormais ex-Raptor a fait le choix des Clippers, la franchise voisine angeleno, qui a dans la foulée annoncé le trade de Paul George, un autre cador de la ligue, et qui peut toujours compter sur Patrick Beverley, l’un des joueurs les plus sous-estimés de la NBA.

 

 

Les Nets à l’Est (attention toutefois que Durant se remet d’une blessure au tendon d’Achille qui devrait le priver des parquets pendant encore quelques longues semaines, voire de longs mois) et les Clippers à l’Ouest: deux nouvelles puissances sur lesquelles il faudra véritablement compter et qui devraient rassasier les nostalgiques de «Lob City».

 

3.Pacific Division: le choc des titans

 

Particulièrement gourmands cet été, les Lakers de Los Angeles ont eux aussi frappé fort. Après avoir enfin arraché Anthony Davis à New-Orleans contre une flopée de joueurs et choix de draft, la franchise pourpre et or a enregistré les arrivées de Danny Green (ex-Raptors) et DeMarcus Cousins (ex-Warriors).

En attendant de voir ce que LeBron James aura pour partenaires en backcourt (à la mène et au shoot), force est de constater que «ses» Lakers vont faire peur sous l’anneau avec le «King», «AD» et «Boogie», sans oublier le fantasque JaVale McGee dans la rotation, lequel a resigné pour deux saisons.

Or, on rappellera que les deux franchises de Los Angeles partagent la Pacific Division avec les Warriors, ainsi que les Kings de Sacramento (équipe qui a le plus progressé lors de la saison écoulée) et les Suns de Phoenix (où les fans risquent de devoir se contenter des passes à l’aveugle de Ricky Rubio pour garder le sourire). Avec quatre affrontements entre chacune de ses franchises en saison régulière, cette division vaudra plus que jamais cette saison son pesant de cacahuètes.

 

4.Des Pelicans enfin fréquentables

 

Ils ont perdu Anthony Davis, mais ils ont surtout gagné Zion Williamson. Numéro un de la draft, annoncé comme «le nouveau LeBron James», le power forward de Duke est la nouvelle sensation du basket américain. Ce qu’on disait déjà d’«AD» à son arrivée en Louisiane…

Mais avec les arrivées de Lonzo Ball, Brandon Ingram et, plus récemment, la signature de Derrick Favors, les Pelicans semblent enfin en mesure d’offrir le spectacle promis lors de la création de la franchise voici quelques saisons.

 

5.L’Est qui se rebiffe

 

Souvent pointé du doigt, le déséquilibre entre les deux conférences de la ligue n’avait, semblait-il, jamais paru aussi grand depuis le passage du King James à l’ouest l’été dernier. Jusqu’à ce que Toronto ne rentre dans le lard du double tenant du titre.

Si les Raptors ont perdu Leonard, ils auront évidemment à cœur de défendre leur titre, dans une conférence Est qui grandit petit à petit, à l’image des Bucks de Milwaukee. Emmenées par le MVP en titre Giannis Antetokounmpo, les jeunes pousses drivées par Mike Budenholzer arrivent tout doucement à maturité et seront à n’en pas douter l’une des équipes à suivre de ce côté du territoire. Au même titre, d’ailleurs, que les Sixers de Philadelphie.

Joel Embiid et Ben Simmons ont prouvé lors de la saison écoulée qu’ils avaient l’étoffe d’un futur champion et on sera curieux de voir comment le pivot camerounais et la franchise vont digérer l’élimination au buzzer lors du match 7 en demi-finale de conférence, face aux Raptors.

D’autant que, pendant ce temps, d’autres se rebiffent. Outre les Nets qui ont donné un véritable coup de pied dans la fourmilière, les Celtics de Boston ont fait le choix du renouveau, en leur filant Irving – lequel n’a jamais réussi à apporter aux C’s ce qu’il pensait avoir emmené des Cavs – et en signant le très demandé Kemba Walker, meneur All Star lui aussi.

Ajoutez à cela des Pacers aux dents longues et un Heat en mode «Butler», cela risque de chauffer méchamment à l’Est aussi.

 

6.La lose des Knicks

 

Enfin, comment ne pas revenir sur cette poisse qui accompagne les Knicks, franchise pourtant mythique (et la plus chère sur le marché), depuis quelques années? Le Madison Square Garden ne vibre plus et, vu les contours que prend le futur proche de la franchise, ne semble pas près de retrouver le sourire. Certes New York présente à l’heure actuelle la plus grande marge salariale, de quoi s’offrir au moins deux stars en contrat maximum; certes la free agency est loin d’avoir livré tous ses verdicts et des trades viendront encore animer le début de saison. Mais s’il y en a qui peuvent tirer la gueule en ce moment, ce sont bien les fans des Knicks.

Après avoir loupé le premier choix de draft et après avoir manqué leurs cibles prioritaires de la free agency (Durant, Irving, Walker), que reste-t-il aux Knicks?

RJ Barrett est sans doute ce qui se faisait de mieux sur le marché universitaire comme meneur cette saison – n’en déplaise aux fans de Ja Morant – et Dennis Smith Jr reste un joueur explosif et spectaculaire… évoluant lui aussi au poste de meneur. Au-delà de ça? Le vieillissant Joakim Noah et un Frank Ntilikina en crise de confiance. Et Julius Randle, perdu au milieu de tout ça. Bref, pas jojo…

 

Un nouveau visage

En résumé, la NBA va offrir un tout nouveau visage au début de la saison à venir. Bien plus séduisant que ce que l’on a pu voir ces dernières années. Et si le marché est loin d’avoir livré toutes ses «bombes», on s’oriente véritablement vers une saison, la première depuis longtemps, où tout semble possible…

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