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Chez les Massaï, la princesse Élisabeth s’exprime pour la première fois devant la presse

La princesse Élisabeth a notamment décrit l’impact que cette mission organisée par l’Unicef a eu sur elle. «C’est ma première visite dans un pays d’Afrique de l’Est et j’ai ressenti beaucoup de choses. Ça a été une expérience intense et unique pour moi.»Photo News

«Ça a été une expérience intense et unique pour moi»: pour la toute première fois, la princesse Élisabeth s’est exprimée devant la presse, dans le cadre d’une visite officielle au Kenya.

La reine Mathilde a rencontré, ce jeudi, dernier jour de sa visite officielle au Kenya, une communauté Massaï, qui habite à une cinquantaine de kilomètres de la frontière tanzanienne. À l’issue de cette visite, la princesse Élisabeth a pris un moment pour répondre aux questions de la presse. Il s’agissait de la toute première fois que la duchesse de Brabant s’entretenait avec des journalistes.

La princesse Élisabeth a notamment décrit l’impact que cette mission organisée par l’Unicef a eu sur elle et ce qu’elle en a retenu. «C’est ma première visite dans un pays d’Afrique de l’Est et j’ai ressenti beaucoup de choses. Ça a été une expérience intense et unique pour moi.»

La duchesse de Brabant s’est dite «très touchée» par la situation des enfants vivant dans le camp de réfugiés de Kakuma qu’elle a visité mardi. «Ils sont si petits et fragiles mais ils ont déjà vécu tellement de traumatismes dans leur vie. La rencontre avec des filles de mon âge m’a également beaucoup émue. Elles mènent une vie si difficile et ont déjà vécu tant de situations compliquées. Pourtant, elles ne perdent pas courage et font preuve d’énormément de persévérance», a commenté la princesse héritière.

«Au cours de cette visite, j’ai pu me rendre compte du travail mené par des organisations humanitaires telles qu’Unicef et l’impact que les travailleurs sociaux ont sur la communauté. De plus en plus de filles peuvent aller à l’école et la mentalité est lentement en train d’évoluer concernant les mutilations génitales et le mariage précoce des enfants», a poursuivi l’aînée de la Reine Mathilde.

À l’âge de 12 ans, la princesse Élisabeth, qui étudie actuellement au Pays de Galles, avait fait forte impression en prononçant un discours dans les trois langues nationales lors d’une cérémonie de commémoration de la Première Guerre mondiale à Ploegsteert (Comines-Warneton, Hainaut). Mais elle n’avait jusqu’ici encore jamais accordé d’interview à la presse. Cela est désormais chose faite.

Durant la visite, la reine Mathilde et la princesse Élisabeth se sont vu présenter des projets tournant autour des grossesses adolescentes, des mariages d’enfants et de l’excision. L’Unicef ne ménage pas ses efforts pour convaincre la communauté Massaï, encore très traditionnelle, de respecter les droits des enfants et des femmes.

La législation au Kenya interdit les mutilations génitales. Pourtant, 21% des femmes entre 15 et 49 ans en sont toujours victimes. Dans la communauté Massaï, les chiffres grimpent de manière dramatique puisque 78% des femmes issues de cette communauté ont subi une excision au cours de leur vie. En ce qui concerne les mariages précoces, la tendance est à la baisse, même si plus de 30% des fillettes massaï se marient toujours à un âge prématuré.

Face à de tels phénomènes, des groupes de discussions sont créés afin de souligner l’importance de l’éducation et d’élaborer ensemble des solutions, car les mariages précoces surviennent surtout dans les familles les plus pauvres, qui ne peuvent pas assumer les frais scolaires.

La reine Mathilde et sa fille ont participé à un tel groupe de parole. Elles ont été accueillies chaleureusement par les enfants du village, au rythme de musiques et de danses locales. À la fin de leur visite, elles ont reçu des cadeaux faits mains parmi lesquels un collier, un porte téléphone pour la princesse et une couronne.

La mission de la reine Mathilde au Kenya pour Unicef, dont la souveraine est présidente d’honneur, se terminait par la visite à cette communauté traditionnelle. Elle restera sans aucun doute dans les annales puisque, outre le fait qu’il s’agissait de la première fois que la princesse Élisabeth accompagnait sa mère à l’occasion d’une activité officielle à l’étranger, c’est également au cours de ce voyage, qu’elle s’est exprimé pour la première fois devant la presse.