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Double attentat en Tunisie: deux kamikazes font au moins un mort et huit blessés à Tunis

Les deux attentats interviennent à la veille d’une saison touristique, qualifiées de prometteuse par des responsables tunisiens, et à l’approche d’élections présidentielle et législatives, prévues en octobre et novembre.AFP

Deux attentats, revendiqués par l’EI, ont frappé la capitale de la Tunisie, ce jeudi. On dénombre un mort, un policier, et plusieurs blessés.

Un double attentat visant la police a fait ce jeudi au moins un mort et huit blessés à Tunis, faisant ressurgir le spectre de la violence en Tunisie à l’ouverture de la saison touristique et à quelques mois d’échéances électorales.

Peu après les attentats, la présidence de la République tunisienne a indiqué que le président Béji Caïd Essebsi, 92 ans, a été hospitalisé après avoir fait un «grave» malaise.

Sur la principale avenue de Tunis, l’avenue Habib Bourguiba, un kamikaze a visé un véhicule de police en milieu de matinée, blessant trois civils et deux policiers, selon un premier bilan du ministère de l’Intérieur. L’un des policiers est décédé de ses blessures, a ensuite précisé le ministère.

Il s’agit du premier attentat dans la capitale depuis celui perpétré le 30 octobre, également sur l’avenue Bourguiba, par une femme kamikaze, qui avait fait au mois 26 blessés, en majorité des policiers.

Des morceaux de corps, probablement celui du kamikaze, jonchaient ce jeudi la chaussée autour de cette voiture, a constaté une journaliste de l’AFP sur place. L’attentat s’est produit non loin de l’ambassade de France.

Des passants se sont évanouis sous le choc, et de nombreux commerces et administrations du centre-ville ont aussitôt baissé leurs rideaux.

Rapidement, des forces de sécurité ont été déployées sur le lieu de l’attentat, où des badauds se sont attroupés malgré les avertissements lancés sur un ton agressif par des agents de police, en panique.

Une demi-heure plus tard, un deuxième attentat suicide a visé un complexe de la Garde nationale à la périphérie de Tunis, faisant quatre blessés parmi les policiers, a indiqué le ministère de l’Intérieur.

Le kamikaze s’est fait exploser «à 11h (10h GMT) devant la porte arrière» du complexe de Gorjani, où sont rassemblés des services de la Garde nationale, de la police judiciaire et des services d’enquête antiterroriste, a déclaré le porte-parole du ministère, Sofiène Zaag.

Les deux attentats interviennent à la veille d’une saison touristique, qualifiées de prometteuse par des responsables tunisiens, et à l’approche d’élections présidentielle et législatives, prévues en octobre et novembre.

Après un soulèvement en 2011 ayant mené à la chute du régime de Zine El Abidine Ben Ali, la Tunisie a été confrontée à un essor de la mouvance jihadiste, responsable de la mort de plusieurs dizaines de soldats et de policiers, mais aussi de nombreux civils et touristes étrangers.

En octobre, après l’attentat commis sur l’avenue Bourguiba par une femme kamikaze, le président tunisien avait regretté une «tragédie».

«Nous avons cru que nous avions éradiqué le terrorisme mais il est toujours présent au cœur de la capitale», avait-il déclaré.

Depuis l’attaque suicide le 24 novembre 2015 contre un bus de la garde présidentielle, qui avait tué 12 agents en plein centre de Tunis, l’état d’urgence a été constamment renouvelé dans le pays.

Cette attaque avait été revendiquée par le groupe djihadiste État islamique (EI).

La même année, 60 personnes dont 59 touristes, avaient été tuées dans d’autres attentats contre le musée du Bardo à Tunis, le 18 mars, puis contre une plage et un hôtel près de Sousse, le 26 juin. Ces deux attaques avaient aussi été revendiquées par l’EI.

L’EI revendique le double attentat suicide de Tunis

Le groupe djihadiste État islamique (EI) a revendiqué le double attentat suicide de Tunis qui a tué un policier et blessé huit personnes ce jeudi, a rapporté l’organisme américain de surveillance des mouvements extrémistes SITE.

Les auteurs des «deux attaques contre des forces de sécurité tunisiennes dans la capitale sont des combattants du (groupe) État islamique», a affirmé l’agence de propagande de l’EI Amaq, citée par SITE.