Nouvelle passe d’armes autour du burkini

L’irruption de la mode islamique dans l’espace public soulève régulièrement des tollés en France. Photo News (Illustration)

Des représentants de la droite et de l’extrême droite ont exprimé ce lundi leur opposition au port du burkini, au lendemain d’une action de femmes en faveur de ce maillot de bain couvrant mais interdit dans l’espace public en France.

L’irruption de la mode islamique dans l’espace public soulève régulièrement des tollés en France, très sourcilleuse sur la laïcité, suscitant souvent l’incompréhension à l’étranger.

Sept femmes vêtues de burkini, accompagnées de militants associatifs, ont pénétré dimanche dans une piscine municipale de Grenoble pour revendiquer le droit de se baigner, en dépit de l’intervention de vigiles et de la direction de l’établissement.

«Il ne faut aucun accommodement avec le burkini», a estimé sur Radio Classique Valérie Pécresse, présidente de droite de la région Ile-de-France, dénonçant «la provocation» de ces femmes.

«On se baigne en maillot de bain pour des raisons d’hygiène», de «sécurité» et «d’ordre public, parce que voir des personnes se baigner en burkini, ça crée des grandes tensions», a-t-elle expliqué.

«Provocation»

Selon elle, «si on acceptait le burkini, d’ici quelques années, toutes les jeunes filles des quartiers populaires se baigneraient couvertes, pour des raisons d’ordre moral et pour préserver leur réputation». Il faut «continuer à se baigner en maillot de piscine, pour laisser les femmes libres», a-t-elle insisté.

Le député Les Républicains (droite) Éric Ciotti a estimé sur Twitter que le burkini n’avait «pas sa place en France où la femme est l’égale de l’homme». «Laisser faire ces activistes islamistes à Grenoble comme partout en France c’est renoncer à la République. Je ne l’accepterai jamais», a ajouté ce représentant du département des Alpes-Maritimes, où la polémique autour du port du burkini sur les plages avait été très vive.

De son côté, le parti d’extrême droite Rassemblement national a dénoncé dans un communiqué une «provocation islamiste», qui vise «à revendiquer et imposer un communautarisme vestimentaire au même titre qu’est désormais exigée la mise en place d’un communautarisme alimentaire».

«Sous couvert de la défense de droits individuels et d’une prétendue lutte contre les discriminations, les organisations islamistes qui s’infiltrent dans toutes les sphères de la société, menacent nos libertés et sapent les fondements de notre démocratie en cherchant à imposer les prescriptions et le droit religieux dans la sphère publique», a estimé ce parti.