TOURNAI

Le Tournai d’avant: au temps des grandes œuvres musicales

Une statuette du conservatoire rappelle que Pierre de la Rue (vers 1450-1518) créa le contrepoint, dont s’inspireront Haendel, Bach et bien d’autres. Antériorité reconnue par Catulle, écrivant en 1652 «s’il fallait énumérer les sommités tournaisiennes dans la musique, il faudrait composer une longue Iliade».

Ces siècles enfuis n’ont laissé que d’infimes traces, ces quelques lignes ne sont qu’un rappel, non-exhaustif, d’autres temps.

Des notes chaque jour

Voici qu’en 1803 naît la musique des «Bleus», d’où réaction politique, les «Rouges» se constituent en 1807 comme «Société Philharmonique» dissoute en 1816, reconstituée, scindée en deux qui disparaissent. En 1853, n’existe que la musique des volontaires pompiers.

Il reste un temple dédié à Euterpe. Dès 1829 pour les règlements, 1930 pour l’ouverture, la Régence se dote d’une école de musique communale. Deux puis cinq professeurs en 1936 avec 54 élèves (payants). L’école migre des locaux de l’ex-abbaye Saint-Martin, au 55, Grand-Place, à la rue Saint-Martin en 1860 dans un immeuble acheté 119 250 francs et enfin place reine Astrid en 1984. Conservatoire en 1913 – en fait académie de musique – son enseignement est voué au classique.. André Dumortier en fut le dernier directeur du genre, il revint dès 1977 à André Waignein et ses successeurs de donner à l’enseignement une touche plus contemporaine et diversifiée aux deux mille étudiants.

Revenons à ce XIXe siècle qui voit l’un des plus grands événements artistiques du temps surgir en 1888: la naissance de la «Société de musique de Tournai» dont le président n’est autre que Stiénon du Pré, bourgmestre et le chef Henri De Loose.

Les activités de cette société sont exceptionnelles tant par leur qualité que par leur nombre. Quelques titres et dates incitent cependant à revivre ces années musicalement riches.

Trois axes y sont constants: inviter les bons auteurs, choisir les plus belles partitions et s’ouvrir à toute la population. La Halle-aux-Draps offre son décor..

Le 3e concert, en 1889 offre «Marie-Madeleine» de Massenet; lequel est reçu à l’hôtel de ville, loge chez le président et reviendra si souvent pour diriger la plupart du temps une «première» qu’une rue lui sera dédiée.

Au quatrième concert, la baguette est tenue par César Frank – qui, à la messe de la cathédrale, s’était invité aux orgues – Quintette en fa, sonata en la, par le quatuor Eugène Ysaye. Une pointure, dirait-on aujourd’hui.

Dès lors, le défile des grands noms ne cesse plus; Gabriel Pierné, Théodore Dubois, Henri Rabaud, Paul Vidal, Edgar Tinel et bien d’autres en même temps que les meilleurs virtuoses.

La Société de musique se reconstitua après l’armistice avec les même succès. La seconde guerre mondiale lui fut fatale mais il restait cependant toujours l’art lyrique dont Jean Noté avait été le grand maître et les opérettes et opéras joués en la Halle-aux-Draps, toujours comble malgré l’acoustique peu favorable.

Qu’en est-il aujourd’hui de ces années superbes?