Un meilleur prix, sinon, pas de cacao !

Un meilleur prix, sinon, pas de cacao !

Ce paysan coupe les cabosses récoltées pour en sortir les fèves de cacao à faire sécher. REPORTERS

Le Ghana et la Côte d’Ivoire refusent d’encore vendre leur cacao à un prix trop bas. Ils suspendent les ventes. Or, ils représentent deux tiers de la production mondiale. Le chocolat va-t-il devenir rare?

La Côte d’Ivoire et le Ghana sont deux pays d’Afrique de l’Ouest. Ce sont les deux plus gros producteurs de cacao de la planète. À eux seuls, ils cultivent, récoltent et vendent deux tiers du cacao produit dans le monde.

En général, ces deux pays se font concurrence, pour essayer chacun de vendre le plus possible. Mais ils viennent pour la première fois de s’unir et d’exiger un prix minimum pour leur cacao. Ils ont même suspendu (stoppé pour un moment) les ventes de la future récolte 2020-2021. Ils veulent d’abord s’assurer de recevoir un prix équivalent ou supérieur à 2 600 dollars (environ 2 300€) la tonne (les 1000 kg). En ce moment, le cacao est vendu à moins de 2 150€ la tonne.

Mieux payer le paysan

Les deux pays disent vouloir augmenter leurs prix pour mieux rémunérer (payer) les paysans qui cultivent le cacao. Mais rien ne garantit que ce sera le cas.

En gros, le paysan vend sa récolte à une coopérative qui va revendre les stocks achetés à celui qui se charge d’exporter (vendre à l’étranger) en grande quantité.

Le paysan devrait toucher au moins le prix appelé «bord champ» de 1,14€ le kilo. Si vous multipliez par 1000 pour comparer avec le prix à la tonne, vous voyez tout de suite qu’il gagne beaucoup moins que le prix officiel fixé pour la vente internationale. De plus, beaucoup de paysans ne reçoivent même pas le prix bord champ officiel, mais plutôt entre 0,76€ et 1,07€. Cela ne leur permet pas de vivre décemment.

Une réunion est prévue le 3 juillet à Abidjan (Côte d’Ivoire) pour mettre en place la décision du prix de vente minimal pour le stock de l’an prochain. L’augmentation du prix ne semble pas contrarier les grandes entreprises du chocolat. Le prix du cacao ne pèse pas lourd dans les coûts de fabrication de leur chocolat... Les paysans, eux, attendent d’être payés plus correctement pour leur travail.

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