Les demandeurs d’asile, des humains avant tout

Les demandeurs d’asile,   des humains avant tout

Myriam, Francia, Tifany, Jorge, Hanny et Thomas vivent depuis un an et demi au centre de la Croix-Rouge à Yvoir. -

La famille Cortes Rivera attend de savoir si elle va être acceptée en Belgique. Elle ne sait pas ce qu’elle va devenir.

Francia et Jorge, un couple de Bogota (capitale de la Colombie, en Amérique du Sud) est venu en Belgique avec ses trois enfants et leur grand-mère pour fuir le danger. Leur vie a basculé, il y a trois ans, quand ils ont commencé à recevoir des menaces de mort. La première victime de ces menaces, c’était leur fille aînée, Tifany, alors âgée de 10 ans seulement! C’est pourquoi ses parents l’ont envoyée, seule, auprès d’une cousine espagnole qui vit en Belgique. «C’était vraiment très difficile pour moi. Au début, j’étais très impatiente de partir, j’avais plein d’attentes mais, la semaine avant de prendre l’avion, j’ai pris peur. », confie Tifany.

La situation est vite devenue insoutenable pour le reste de la famille qui, un an plus tard, a décidé de rejoindre Tifany en Belgique.

Francia et Jorge acceptent leur statut de demandeurs de protection internationale (ou demandeurs d’asile) mais ils n’aiment pas qu’on les réduise à cela.

«D’un point de vue légal, nous sommes des demandeurs d’asile. Mais avant tout, nous sommes des êtres humains, comme les autres

Et aujourd’hui?

La famille vit désormais ensemble au centre de la Croix-Rouge à Yvoir (province de Namur) depuis un an et demi. Elle est logée et nourrie comme le prévoit la loi. Elle est en plein processus de demande d’asile (elle attend de savoir si la Belgique l’autorise à vivre ici).

«Maintenant, on attend la décision de l’État. C’est très long, stressant et le plus dur, c’est qu’on ne sait pas quand on aura une réponse», explique Francia. Si l’État accepte leur demande, Jorge, Francia et toute leur famille bénéficieront du statut de réfugiés et pourront rester en Belgique.

«Nous voulons nous intégrer, travailler, et surtout être utiles.» Jorge a son permis de travail mais malheureusement, aucun patron n’a accepté de l’embaucher jusqu’à présent. Selon lui, c’est à cause de ce statut de demandeur d’asile. Entre-temps, il fait ce qu’il appelle des ‘petits projets’ au centre de la Croix-Rouge: organiser des animations pour les enfants, donner des cours de danse pour les résidents... Francia, elle non plus, n’a toujours pas trouvé de travail.

«Je remercie la Belgique du fond du cœur de nous avoir accueillis. Chaque adulte reçoit 7,9 euros par semaine et chaque enfant 4,8 euros. Ce n’est pas beaucoup mais on sait qu’on peut compter sur les autres demandeurs d’asile », explique la grand-mère Myriam. Jorge et Francia ont des rêves communs: avoir leur propre maison, poursuivre leurs études et créer une ASBL pour venir en aide aux demandeurs d’asile.

Le sondage de la semaine