LESSINES

Sauvetage de poissons de grande envergure au bras du Moulin à Deux-Acren

Le bras de la Dendre situé entre la rue du Pont et la rue des Moulins d’Acren ne cessait de se vider, mettant en péril tous les poissons qui s’y trouvaient. Pour remédier à la situation, la Région wallonne a mené une vaste opération de sauvetage ce mercredi.

C’est la semaine dernière qu’un habitant de Deux-Acren a constaté un problème de taille dans un bras de la Dendre. «Au vu des travaux en cours, le niveau de l’eau du bras du Moulin ne cessait de descendre et les poissons avaient bien du mal à survivre», explique Guy Van De Pontsele, riverain. «J’ai donc immédiatement appelé la Région wallonne qui n’a pas tardé à agir.»

Une intervention rapide et nécessaire

Plusieurs problèmes ont entraîné cette situation catastrophique pour la population piscicole de la Dendre. «Cet ancien bras de la Dendre, qui n’a jamais été vidé ni curé, a été bouché en amont en raison de travaux», développe Fabrice Breyne, agent du SPW (DNF) au triage piscicole de Tournai, en charge de ce dossier. «En aval, se trouve un barrage, qui malheureusement présente diverses fuites.»

Sans approvisionnement de l’amont, ce bief s’est alors très rapidement vidé de plus d’un mètre. «Même s’il y a des espèces plus résistantes que d’autres, un manque d’oxygène peut être fatal à toute la population piscicole en très peu de temps.»

Fabric Breyne a donc ordonné au plus vite de faire une brèche dans le barrage de terre installé en amont, ce qui a permis au bras du Moulin de retrouver un niveau d’eau suffisant. Mais il fallait trouver une solution à long terme…

Une mobilisation multi-services

Il n’aura fallu que quelques jours à Fabrice Breyne pour constituer une équipe de choc. En effet, outre les curieux, ils étaient une vingtaine à intervenir ce mercredi pour ce sauvetage de poissons hors normes.

«Nous ne voulions prendre aucun risque car nous ne connaissions pas la stabilité du lit de ce bief d’une longueur de 400 mètres de long, sur 10-15 mètres de large. Il fallait donc mettre en place toutes les mesures nécessaires pour sauver un maximum de poissons, tout en assurant la sécurité des agents et des bénévoles.»

Pour mener les opérations avec lui sur le terrain, Fabrice Breyne a fait appel à ses collègues du triage piscicole de Mons, au service des voies hydrauliques (SPW), mais aussi à la Fédération de la Pêche de la Dendre et au Contrat de rivière Dendre.

Une collaboration efficace qui a permis de rameuter un maximum de monde sur les berges et dans l’eau ce mercredi.

Étape par étape

C’est vers 9 heures que l’équipe est arrivée à Deux-Acren. «Après avoir inspecté les lieux, nous avons fait un grand briefing pour que chacun sache ce qu’il avait à faire. C’est important, surtout pour le moment où le niveau de l’eau est très bas, car il faut agir vite».

En concertation avec le service des Voies hydrauliques, le barrage aval a été ouvert. «Grâce à cette opération, environ 90 à 95% des poissons sont naturellement passés de l’autre côté.» Restait encore à sauver tous ceux qui n’avaient pas suivi le courant.

Dans la vase, certaines carpes semblaient enlisées et, à la surface du peu d’eau qui restait, on pouvait apercevoir le frétillement des poissons qui cherchaient leur chemin.

Tout au long du bief, des pêcheurs et des agents du SPW attrapaient les poissons pour les remettre dans de grandes bassines d’eau, sur la berge. Et, telle un «bateau-balai», une barque tirée par une grue, s’occupait des retardataires.

Montrer un autre visage

«Tout s’est vraiment déroulé comme prévu et la majeure partie des poissons a pu être sauvée», a déclaré avec satisfaction Fabrice Breyne.

«Une telle action de sauvetage, nous permet aussi de montrer que, contrairement à ce que beaucoup pensent, nous ne sommes pas là que pour faire de la répression. Ce n’est d’ailleurs qu’une petite partie de notre travail. Le reste, ce sont les sauvetages comme celui-ci, mais aussi de la prévention, de l’empoissonnement et même de l’élevage piscicole.»