ASSISES DE LIÈGE

Assassinat de Valentin Vermeesch | La défense de Killian Wilmet estime que celui-ci a des circonstances atténuantes

Assassinat de Valentin Vermeesch | La défense de Killian Wilmet estime que celui-ci a des circonstances atténuantes

«Le bûcher est dressé, à vous l’honneur d’y mettre le feu», s’est exprimé l’avocat de killian. BELGA

Les avocats de Killian Wilmet ont demandé que des circonstances atténuantes soient retenues en faveur de leur client.

Les avocats de Killian Wilmet ont demandé ce mardi devant la cour d’assises de Liège que des circonstances atténuantes soient retenues en faveur de leur client, alors que le jury doit encore délibérer sur la peine à infliger au jeune homme, mineur au moment de l’assassinat de Valentin Vermeesch. L’avocat général avait requis le maximum légal de 30 ans à son encontre. Ses avocats estiment qu’il présente des chances de réinsertion.

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Valentin Vermeesch, un Hutois âgé de 18 ans souffrant d’un léger handicap mental, avait été tué la nuit du 26 au 27 mars 2017 à Statte (Huy). Il avait subi une très longue scène de violences et de tortures avant d’être précipité dans la Meuse, où il s’était noyé. Son cadavre avait été retrouvé le 14 avril 2017, les mains menottées dans le dos. Alexandre Hart (21 ans), Belinda Donnay (22 ans), Dorian Daniels (22 ans), Loïck Masson (23 ans) et Killian Wilmet (18 ans) ont tous été déclarés coupables de son assassinat.

L’avocate générale Pascale Schils avait requis contre Killian Wilmet, encore mineur au moment des faits, la peine maximale de 30 ans d’emprisonnement en soulignant que cet accusé présente un profil irrécupérable.

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«Le bûcher est dressé, à vous l’honneur d’y mettre le feu. Mais gardez-vous des incantations à la haine», a adressé aux jurés Me Xavier Mercier, au début de sa plaidoirie. L’avocat de Killian Wilmet a rappelé que la peine doit être individualisée. Elle doit être exemplative, dissuasive et prévenir la récidive. La peine doit aussi favoriser l’amendement et la réinsertion.

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Optez pour une justice qui punit et qui répare. Celle qui soigne et qui guérit, mais pas pour une justice aveugle

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«Les circonstances atténuantes ont été balayées d’un revers de la main par le ministère public. J’en vois pourtant plusieurs qui peuvent être retenues. Tous les accusés n’ont pas posé les mêmes gestes. Ce sont de très jeunes gens qui n’ont pas d’expérience de la vie et ont un parcours chaotique. Punissez avec force mais aussi avec sagesse. Optez pour une justice qui punit et qui répare. Celle qui soigne et qui guérit, mais pas pour une justice aveugle», a plaidé Me Mercier.

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Me Sarah Van de Wijngaert n’a pas éludé la personnalité psychopathique de son client. Elle a néanmoins soutenu que le parcours vers l’enfer de Killian Wilmet avait débuté à la séparation de ses parents. Il n’a pas bénéficié d’un bon exemple paternel mais, depuis le dessaisissement de la justice des mineurs et son renvoi devant la cour d’assises, Killian Wilmet aurait évolué, selon la pénaliste. «Il est prématuré de considérer qu’il présente un risque de récidive. Son évolution est en cours. Il n’a plus été impliqué dans le moindre incident depuis un an. Il y a eu une prise en charge psychothérapeutique. Le travail de réinsertion a commencé et doit se poursuivre», a plaidé l’avocate.

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Nous souhaitons une peine qui lui permette d’espérer une libération conditionnelle

»

La défense a soutenu que Killian Wilmet présente des chances de réinsertion. Me Van de Wijngaert a rappelé que son jeune client est privé de liberté et réside dans l’établissement de Saint-Hubert. «Il peut y rester jusqu’à ses 23 ans et 6 mois. Le renvoyer en prison après cela serait lui faire perdre tout espoir. Nous souhaitons une peine qui lui permette d’espérer une libération conditionnelle. Laissez-lui une chance de réparer ses erreurs», a demandé l’avocate.