ASSISES DE LIÈGE

Assassinat de Valentin Vermeesch | L’avocat d’Alexandre Hart plaide pour une peine n’excèdant pas 29 ans de prison

Assassinat de Valentin Vermeesch | L’avocat d’Alexandre Hart plaide pour une peine n’excèdant pas 29 ans de prison

Le conseil a détaillé le parcours de vie compliqué de l’accusé. BELGA

Les plaidoiries sur la peine ont débuté lundi avec celle de la défense d’Alexandre Hart, qui a requis une peine n’excédant pas 29 ans de prison, en citant plusieurs circonstances atténuantes.

+ À lire | La perpétuité requise pour Hart et Donnay... Que décidera le jury?

Lors de sa plaidoirie, ce matin, Me Renaud Molders-Pierre a demandé pour son client, Alexandre Hart, que la peine n’excède pas 29 ans d’emprisonnement, l’avocate générale ayant quant à elle requis la réclusion criminelle à perpétuité. L’avocat a ainsi mis en avant six circonstances atténuantes «non pas sur les faits, car il n’y en a pas, mais sur la personnalité et le parcours de vie» d’Alexandre Hart: son jeune âge (19 ans au moment des faits), son immaturité, l’absence de casier judiciaire, des aveux complets sur les faits, un parcours de vie abîmé, une carence intellectuelle et la prise de conscience qu’il a besoin d’aide. À sa demande, il est d’ailleurs suivi par un psychologue en prison. «Et ils se sont déjà vus des dizaines de fois.»

+ À lire | Le portrait de la victime et des accusés, dressé par les proches, les enquêteurs, les experts… au fil des audiences.

Le conseil a détaillé le parcours de vie compliqué de l’accusé. «Derrière le petit sourire narquois qui lui sert de cachette, derrières ce côté déconcertant, il y a un jeune homme abîmé par la vie, abîmé par le sentiment de ne pas être aimé par son père, abîmé par son hyperactivité, abîmé par l’accident de tronçonneuse qui a défiguré son frère, un fait qui le culpabilise au point de faire des comas éthyliques dès 14 ans, abîmé par le rejet systématique des autres.» Pas intégré, isolé, sans ami, «il a essayé de se faire une place, de se faire remarquer négativement puisqu’il pense qu’il n’a aucun élément positif à faire valoir.»

+ À lire | Les réactions des avocats des accusés après le verdict de culpabilité

La plaidoirie a également largement évoqué le profil psychopathique d’Alexandre Hart dressé par les experts psychiatres. Un diagnostic mis en doute par son conseil «parce que la psychologie n’est pas une science exacte». «On a été scandalisés par le manichéisme des expertises. Être psychopathe n’est pas égal à être enfermé à vie ou être obligatoirement dangereux pour la société. On se sert de ce mot pour vous faire peur et pour justifier presque exclusivement la peine de perpétuité. C’est un raccourci simpliste. On ne choisit pas d’être psychopathe mais on choisit de lutter contre son tempérament

+ À lire | VIDÉO : une décision juste, la famille soulagée »

Et Me Renaud Molders-Pierre croit en la capacité de son client à évoluer. «Il a appelé à l’aide toute sa vie. Et il a été encadré pendant de longues années. Tant qu’il était cadré, suivi, avec des médicaments, par des spécialistes, il restait un gosse turbulent, difficile, mais encore contrôlable. Quand cette aide s’est stoppée, de sa faute, sa fragilité combinée à l’oisiveté a fait ressortir son côté dangereux. Dangereux mais abîmé. J’ai la faiblesse de croire que tout n’est pas perdu.»

+ À lire | Tous coupables de l’assassinat de Valentin Vermeesch

En conclusion, l’avocat a interpellé les jurés: «L’avenir de ce gosse fragile et immature est entre vos 24 mains. Vous avez le choix entre céder au désespoir complet ou entrevoir une lueur d’espoir. Ma demande est simple: je vous demande de lutter contre vous-même, contre votre sentiment de vengeance. Nous vous demandons d’être durs mais juste, et en ce, de reconnaître des circonstances atténuantes. Et je demande une peine qui n’excède pas 29 ans.» Une peine qui permettra à Alexandre Hart de demander une libération conditionnelle au tiers de sa peine. «C’est lui offrir une petite lucarne d’espoir, d’avenir. La symbolique est importante.»