KAZAKHSTAN

Kazakhstan: le nouveau président investi

Kazakhstan: le nouveau président investi

Son élection est fortement critiquée. AFP

Successeur désigné de l’homme fort du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev a été investi mercredi en tant que deuxième président de l’histoire du pays, après avoir remporté une élection critiquée par les observateurs et marquée par des centaines d’arrestations.

Homme de la transition soigneusement orchestrée menée depuis la démission surprise en mars de Noursoultan Nazarbaïev, qui a dirigé sans partage ce pays d’Asie centrale depuis son indépendance en 1991, Tokaïev a choisi le slogan «différentes opinions, nation unie» pour sa présidence, lors d’une cérémonie dans la capitale Nur-Sultan.

Diplomate de carrière, Tokaïev, 66 ans, a été montré par les télévisions embrassant le drapeau national avant de prêter serment. La cérémonie, organisée en grande pompe avec hymne et tirs de canons, était présidée par Nazarbaïev, 78 ans.

La présidentielle de dimanche a connu les plus importantes manifestations organisées depuis trois ans dans ce pays dirigé d’une main de fer, qui ont été réprimées par la police.

Au total, près de 500 personnes ont été arrêtées dimanche et au moins 200 autres lundi, selon le ministère de l’Intérieur.

Ces manifestations ont été organisées à l’appel de l’opposant le plus virulent au régime, l’ancien banquier en exil Moukhtar Abliazov.

Les observateurs internationaux ont estimé lundi que le pouvoir avait raté «un moment important pour la société kazakhe», dénonçant «un respect insuffisant des normes démocratiques» avec une campagne laissant peu de place à la critique du pouvoir et des «irrégularités généralisées» le jour du scrutin.

Tokaïev a d’ores et déjà prévenu qu’il se placerait dans la continuité de son mentor, qui conserve un rôle politique majeur et en l’honneur duquel la capitale a récemment été renommée Nur-Sultan.