RENDEUX

Double meurtre de Ronzon: Sébastien Kesteman et Radwan Elmi Galib s’accusent respectivement

Double meurtre de Ronzon: Sébastien Kesteman et Radwan Elmi Galib s’accusent respectivement

BELGA/JEAN-LUC FLEMAL

À l’ouverture de leur procès mardi devant la cour d’assises du Luxembourg, Sébastien Kesteman et Radwan Elmi Galib se sont rejeté mutuellement les responsabilités du meurtre de Nathan Kettani et Vinciane Lamoot. Ce jeune couple a été tué chez lui le 11 août 2016, à Ronzon (Rendeux), tandis que leur jeune fils, alors âgé de 20 mois, a été laissé en vie. Leurs cartes bancaires volées ont été utilisées pour effectuer de nombreuses opérations.

 

 

Les deux accusés, devant répondre de meurtre pour faciliter le vol, se sont rendus ensemble chez les victimes dans l’intention de les voler. Radwan Elmi Galib avait des connaissances communes avec Nathan Kettani et Vinciane Lamoot. Il pensait que le couple était riche et avait proposé à Sébastien Kesteman de commettre le coup.

«Il m’a parlé d’un million d’euros et j’ai fait le calcul dans ma tête, cela ferait 500 000€ chacun. Il m’a dit qu’on irait les voler», a déclaré Sébastien Kesteman. Une rencontre chez Nathan Kettani, graphiste indépendant, a été planifiée sous le prétexte du lettrage d’une camionnette. «Radwan m’a laissé entendre qu’il faudrait les tuer. La carotte de 500 000€ trottait dans ma tête. Il me disait de ne pas m’inquiéter, qu’il trouverait l’arme et que je devrais m’occuper de l’homme», a expliqué Sébastien Kesteman précisant que son co-accusé, n’ayant trouvé qu’un pistolet d’alarme, avait évoqué l’idée de noyer le couple.

Sébastien Kesteman et Radwan Elmi Galib ont réussi à obtenir un rendez-vous avec Nathan Kettani, le 11 août 2016. Le couple a d’abord été menacé, avec le pistolet d’alarme et des couteaux, lui expliquant que le but était seulement de le voler. Il n’y avait toutefois pas d’argent. Selon Sébastien Kesteman, Radwan Elmi Galib s’est rendu seul dans la salle de bain pour noyer Vinciane Lamoot. «On ne leur a laissé aucune chance», a estimé Sébastien Kesteman, affirmant ne pas avoir tué Nathan Kettani frappé de 147 coups de couteau et imputant la responsabilité du meurtre à son co-accusé à qui il avait remis son couteau-papillon.

Radwan Elmi Galib, laissant, lui, échapper souvent des sanglots ou se contredisant lors de son interrogatoire, a soutenu avoir agi sous la direction de Sébastien Kesteman. «Je l’ai suivi dans sa manipulation», a-t-il déclaré face aux questions de la présidente Annick Jackers. «Il était juste question de voler, prendre l’argent et partir.»

«Il m’a baratiné pour me mettre dans le bateau», s’est défendu Radwan Elmi Galib qui a prétendu que Sébastien Kesteman avait poignardé Nathan Kettani et noyé Vinciane Lamoot.

«Il était hors de question de tuer quelqu’un. Si je l’avais vu arriver, j’aurais donné mon corps», a également dit Radwan Elmi Galib. Il a encore expliqué avoir accepté d’utiliser les cartes des victimes sur ordre de son co-accusé. «Pour essayer de me sortir de tout cela», a justifié Radwan Elmi Galib.

«J’avais tout, je suis tombé dans le panneau, j’ai entendu un million dans ma tête», note encore l’accusé pour expliquer sa participation aux faits.

L’ex-compagne de Radwan Elmi Galib, Jennifer Sablon, est aussi renvoyée devant les assises pour répondre de meurtre pour faciliter le vol, mais comparait libre. Selon Sébastien Kesteman, elle était au courant du plan. Jennifer Sablon a décrit de son côté une vie de couple avec Radwan Elmi Galib passant beaucoup de temps en dehors du foyer familial avec ses amis.

«A la base, je n’étais au courant de rien», a-t-elle expliqué lors de son interrogatoire. Elle se dit étrangère aux faits. Les deux autres accusés lui ont notamment demander d’effectuer des retraits dans des bureaux de change à Bruxelles avec la carte volée de Vinciane Lamoot mais pour la petite-amie de Sébastien Kesteman habitant au Brésil. «Je me suis dit qu’il s’agissait peut-être d’une carte volée à la copine brésilienne mais je n’ai pas pensé qu’il s’agissait de cartes volées à des personnes qu’il ne connaissait pas», a expliqué Jennifer Sablon.

Les enquêteurs et le juge d’instruction témoigneront mercredi.