POLITIQUE

Raoul Hedebouw: «On veut un bon rouge, pas un rosé piquette»

Raoul Hedebouw: «On veut un bon rouge, pas un rosé piquette»

Raoul Hedebouw et ses partenaires du PTB sont bien décidés à se faire entendre. Belga

Raoul Hedebouw est clair: le PTB ne montera dans le gouvernement wallon que s’il est certain d’être écouté.

«Nous avons toujours été très clairs: nous avons un programme à défendre, nos balises, nos lignes rouges. Nous voulons un bon rouge, pas un mauvais rosé qui a tourné à la piquette à force d’y avoir mis de l’eau», a affirmé Raoul Hedebouw, l’un des hommes forts du PTB, à son arrivée ce mardi matin au Parlement de Wallonie, où le parti était convié par le PS pour un deuxième round de consultations en vue de la formation du prochain gouvernement régional.

Flanqué de Peter Mertens, le président du parti, et de Germain Mugemangango, son porte-parole, Raoul Hedebouw a rappelé que le PTB «n’est pas le problème». «La première option des partis traditionnels, c’était un gouvernement avec le cdH mais ce n’est plus possible et ce n’est pas à cause de nous», a-t-il souligné en s’interrogeant par ailleurs sur le timing de cette deuxième rencontre, programmée par le PS une heure seulement avant la prestation de serment populaire prévue, devant le parlement régional, pour les nouveaux élus PTB.

«Nous avons jusqu’à ce soir, et même toute la nuit pour discuter», a de son côté assuré Paul Magnette pour le PS.

«Notre souhait est toujours de former un gouvernement le plus progressiste possible. J’espère vraiment que nous pourrons trouver des convergences avec le PTB et que nous pourrons les convaincre qu’il y a moyen d’agir en Wallonie, avec les moyens wallons, car ce qui compte, c’est ce qu’on fait pour les gens», a-t-il poursuivi.

Mais faute d’accord de majorité avec l’extrême gauche, un gouvernement minoritaire PS-Écolo soutenu de l’extérieur par le PTB est également possible, a défendu Paul Magnette. «Cette formule existe dans 9 pays sur 28 au sein de l’Union européenne. C’est une piste tout à fait sérieuse qui donne plus de droits au parlement», a-t-il expliqué. Cette hypothèse impliquerait néanmoins que chaque texte soit soumis au PTB dont l’accord serait négocié au «cas par cas», a déjà averti Raoul Hedebouw.

Le PTB dénonce son exclusion des discussions au niveau fédéral

Dans la foulée, Raoul Hedebouw a dénoncé l’exclusion de sa formation des discussions en cours au niveau fédéral en vue de composer un nouveau gouvernement, tout en annonçant le dépôt d’une «note ambitieuse» aux négociateurs francophones qu’il devait rencontrer en fin de matinée à Namur.

«Au niveau fédéral, on a été éjecté sans même avoir été entendu. Mais que PS et Écolo n’aient pas daigné demander aux informateurs qu’on soit reçu, n’est pas un bon signe. Sur le principe on a pourtant voix au chapitre. Car si le fédéral décide un deuxième tax shift, cela a un poids (au niveau régional, NDLR)», a-t-il affirmé lors de l’émission Matin Première de la RTBF.

Les deux informateurs royaux, Didier Reynders et Johan Vande Lanotte, ont affirmé jeudi dernier avoir constaté à travers les différents contacts qu’ils ont eus l’impossibilité de former un gouvernement fédéral avec le Vlaams Belang ou le PTB.

«C’est une première étape bloquée, car les deux niveaux de négociation sont importants, le tax shift ou le plan d’investissement décidé au niveau fédéral ou les allocations familiales transférées aux Régions. Tout cela est lié», a dit Raoul Hedebouw.

Il a qualifié ce refus d’associer le parti marxiste aux discussions de mauvais signal donné à l’électeur.

«Le stade des informations sert uniquement à discuter. Qu’est-ce que cela va être alors lorsque vont vraiment commencer les négociations?», a-t-il ajouté.

Di Rupo: «La démarche du PS est sincère»

«Contrairement à ce qu’affirme le PTB, il y a bien du rouge autour de la table» des discussions en vue de former le prochain gouvernement wallon, a affirmé cet après-midi le président du PS, Elio Di Rupo. Et d’ajouter: «Notre démarche est réelle et sincère. Le PTB doit arrêter de chercher des prétextes.»

«Les informateurs royaux sont libres. Ils ne nous ont jamais posé de questions sur les autres formations politiques», a expliqué à ce sujet Elio Di Rupo.

«Il faut dénoncer les faux prétextes invoqués par le PTB. Nous ne sommes pas les méchants et nous ne pouvons pas nous laisser traiter de la sorte; nous ne sommes pas des paillassons», a-t-il poursuivi.

«Jusqu’à présent, nous nous sommes tus dans toutes les langues pour laisser la place au débat. Nous ne nous sommes pas lancés dans une guerre de communication mais nous réagissons aux mensonges», a ajouté le président du PS.

C’est dans ce contexte tendu, sur fond de ‘c’est pas moi, c’est lui’, que se retrouveront PS et PTB à l’issue des prestations de serment des députés élus lors du scrutin du 26 mai. «Nous allons continuer nos entretiens et voir ce qui est possible mais nous devons être plus sereins et dire la vérité à la population», a conclu Elio Di Rupo.