TOURNAI

Le Tournai d’avant: de l’architecture allemande au forum? Jamais…

L’esthétique de la Grand-Place rencontre aujourd’hui l’adhésion tant des habitants que des touristes et, pour un site lourdement touché en 1940, la reconstruction fut plutôt réussie. Il en sera excepté les immeubles les plus récents, au rang de l’église Saint-Quentin mais là se livra une autre bataille, financière.

La Place est d’ailleurs bien plus agréable qu’avant 1940. Ses immeubles avaient été durant le XIXe siècle, effet de mode, «rebeurrées» disait André Wilbaux. En fait enduites, toutes dans les tons de blancs, présentant une uniformité malencontreuse. Quelques belles restaurations y avaient, ici et là, atténué le mal.

La Grand-Place a cependant échappé au pire.

Tensions et tergiversations

En Belgique, plusieurs villes ont été ravagées par faits de guerre. Dès lors, en juin 1940 s’installe à Bruxelles le «Commissariat Général à la restauration du pays et à la reconstruction des villes sinistrées», relayé par des centres régionaux; le cas à Tournai.

Les problèmes ne tardent pas à surgir entre ces deux bureaux. Bruxelles veut imposer «son» architecture, basée sinon dictée par l’occupant et Tournai veut garder ce qui fait son charme de ville ancienne tout en admettant que l’on ne peut rebâtir «comme avant»..

Le Conseil échevinal écrit en 1941: «Les commissariat Général à la Restauration, par ses arrêtés du 12 septembre 1940 et du 24 mars 1941 a pris des mesures concernant l’urbanisation des villes et communes, imposant à la Ville deux plans, l’un général pour tout le territoire urbain, l’autre particulier pour l’intra-muros. Le plan d’aménagement des services du Commissariat est contesté par Tournai désireuse de modifications certaines importantes».

Des échanges réguliers qui réunissent les parties, il résulte que «dans la mesure du possible, Tournai respecterait sa physionomie traditionnelle». Fin 1941, il est décidé de surseoir à la publication du nouveau plan dressé et ce, jusqu’à une date indéterminée; rien de plus tangible en fin 1942 «le schéma proposé rend impossible la conciliation, les nouvelles études n’étant pas achevées.. Passe le temps et les ans.

Une seule

Sur le rang des Orfèvres, un observateur attentif constatera qu’une demeure est différente, c’est la seule bâtie durant la guerre, en 1943. Au n° 9.

La tourmente passée, la réaction de la Ville et des propriétaires fut aussi rapide que conforme aux souhaits exprimés. Un dessin du XVIIe siècle, qui reprend les différents styles des immeubles, servit de guide. Apparurent ainsi, et sont toujours là, des copies cependant aménagées aux besoins, des styles gothique, Renaissance, Renaissance flamande ou Louis XIV, aménagés, copiés mais qui, par leur dissemblance même, les rend agréables à l’œil.