VIDÉO | Générations solidaires 2019: Cocoricamp, une alimentation saine et locale dans les camps d’été

Des anciens animateurs scouts et patro lancent un projet expérimental cet été à Durbuy. Leur objectif: viser une alimentation durable, de qualité, en contact avec les producteurs locaux. Et, à long terme, impliquer les fédérations des mouvements de jeunesse.

«Dans les camps d’été, tout est organisé, pensé. Les points plus faibles sont l’intendance et l’impact sur l’environnement.» Adrien Ribonnet, Coline Remy, Romain Van Hulle et Manon Vanel parlent d’expérience. Les trois premiers ont été animateurs scouts et patro à Barvaux-sur-Ourthe. Manon, ancienne animatrice, elle aussi, mais en France, les a rejoints ensuite. Ensemble, avec plusieurs autres jeunes, ils mettent sur pied Cocoricamp.

En partant de ce constat: les staffs des mouvements de jeunesse consacrent l’essentiel de leur budget à la location des prairies et des locaux et aux activités. L’alimentation n’est presque pas budgétée, souvent peu réfléchie. Elle passe après tout le reste. Pour caricaturer, les copains intendants préparent des repas vite faits et pas forcément sains.

«Cocoricamp, c’est donc un projet pour les mouvements de jeunesse. On s’est lancé comme défi d’aller vers une alimentation durable plus respectueuse de l’environnement, plus saine et plus équitable pour les producteurs locaux», précise Adrien. L’équipe va rencontrer des animateurs et des intendants volontaires. «Notre objectif est de centraliser toutes les bonnes idées qui fonctionnent déjà, de les faire fructifier d’année en année et de les mettre en pratique dans ce super laboratoire que sont les camps d’été.»

Fin juin, l’équipe a prévu une formation avec Permavenir, une association qui éduque à la transition écologique en ayant comme fil rouge l’alimentation durable. Cocoricamp travaille aussi à la mise en réseau entre producteurs locaux et animateurs via l’I terroir qui donne aussi des idées de recette de cuisine du terroir.

L’expérience pilote aura lieu à Durbuy cet été avec les staffs de quatre camps. «C’est une belle occasion de réfléchir avec les jeunes sur l’alimentation et l’impact écologique des camps par des jeux sur le Zéro déchet, des visites de producteurs locaux, des rencontres avec des professionnels de l’alimentation, des défis entre les camps.»

L’équipe est en contact avec trois fédérations des mouvements de jeunesse intéressées par cette démarche. Celles-ci travaillent déjà à la diminution de leur impact environnemental (réduction des déchets, réutilisation des matériaux d’un camp à l’autre…).

Le projet mené par Cocoricamp pourrait donc intégrer les programmes des fédérations. Avec un potentiel de sensibilisation important en sachant que la Belgique compte 174 000 scouts et guides et 26 000 animateurs scouts et guides. Sans compter les patros et autres mouvements de jeunesse.

https ://permavenir.be/

Adrien Robinet

VIDÉO | Générations solidaires 2019: Cocoricamp, une alimentation saine et locale  dans les camps d’été
- EdA Mathieu Golinvaux

Âge: 28 ans

Fonction: cofondateur de Cocoricamp et bénévole

Ingénieur architecte de formation, cet ancien chef éclaireur connaît bien les besoins et les limites des mouvements de jeunesse. «Nous avons à cœur d’ancrer les camps dans la vie locale, de faire se rencontrer les gens qui habitent toute l’année et les mouvements de jeunesse de passage. À Durbuy, les unités travaillent déjà avec la Commune et les habitants.» La petite commune de Durbuy accueille en effet 120 camps par an ce qui hérisse parfois les habitants. «Nous avons mis en place un vrai partenariat entre les autorités communales et une population plus vieillissante pour ne pas payer toute l’année les quelques débordements (nuisances sonores) des camps de passage en été.»

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