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Sanglante répression au Soudan: l’armée annule ses accords avec les contestataires et annonce des élections

Sanglante répression au Soudan: l’armée annule ses accords avec les contestataires et annonce des élections

Une trentaine de morts serait à dénombrer. AFP

Les militaires qui gouvernent le Soudan depuis la chute du président Omar el-Béchir ont annoncé mardi qu’ils annulaient les mesures sur lesquelles ils s’étaient mis d’accord avec les contestataires et qu’ils convoquaient des élections dans un délai de neuf mois.

Le Conseil militaire de transition «décide de cesser de négocier avec l’Alliance pour la liberté et le changement», fer de lance de la contestation, «d’annuler ce qui avait été agréé et de tenir des élections dans un délai de neuf mois», a déclaré le chef du Conseil, le général Abdel Fattah al-Burhane, dans un communiqué diffusé à la télévision officielle soudanaise.

Cette annonce est intervenue au lendemain de la dispersion dans le sang du sit-in des manifestants par les militaires lundi à Khartoum, qui a fait au moins 30 morts et des centaines de blessés selon des médecins proches de la contestation.

Le Conseil militaire de transition a pour sa part démenti toute «dispersion par la force» du sit-in.

«Il n’y a plus rien à part les corps des martyrs, que nous ne pouvons pas sortir», a déclaré l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC).

Dans son dernier bilan provisoire, le Comité central des médecins, proche de la contestation, compte «plus de 30 morts» et «des centaines de blessés».

L’ALC avait annoncé lundi interrompre «tout contact politique» avec le Conseil militaire. Elle avait appelé à «la grève et la désobéissance civile totale et indéfinie» pour «renverser le régime».

Sanglante répression au Soudan: l’armée annule ses accords avec les contestataires et annonce des élections
Les Soudanais protestaient pacifiquement devant le siège de l’armée dans le but de renverser le régime. AFP

Les relations entre les deux camps se sont tendues à la suite de l’échec le 20 mai des négociations qui étaient en cours, chaque partie voulant diriger la transition post-Béchir.

Depuis le 6 avril, des milliers de manifestants campaient devant le siège de l’armée appelant les militaires à renverser le président Omar el-Béchir. Depuis son éviction par l’armée le 11 avril, les manifestants exigent un pouvoir civil et le départ des généraux.