REMICOURT

Des policiers pour protéger le bourgmestre?

Des policiers pour protéger le bourgmestre?

Thierry Missaire bourgmestre Doc

La zone de police de Hesbaye a présenté son plan au conseil communal de Remicourt. La présence de policier après la séance a posé questions.

Après l'incident survenu entre le bourgmestre, Thierry Missaire, et Luc Lhoest, conseiller de l'opposition (Vous!), lors du précédent conseil communal de Remicourt, l'ambiance a semblé plutôt sereine, ce mardi soir. «On était surpris parce que, pour une fois, le climat était calme et cordial», confie Jérôme de Neuville, l'ancien bourgmestre de la commune, désormais dans les rangs de l'opposition. Mais malgré la courtoisie affichée lors des débats, les tensions ne se sont pas apaisées entre les deux camps. Pour rappel, Luc Lhoest avait hésité à porter plainte contre Thierry Missaire, à la suite d’une querelle survenue après la séance à huis-clos du 29 avril. «J'étais allé trouver le bourgmestre pour lui faire part de mon agacement quant à son manque d'attention lors d'une de mes propositions, rapporte l'intéressé. Il n'a pas voulu en parler. J'ai quitté la salle, il m'a suivi dans le couloir et m'a bousculé en m'envoyant ses dossiers dans le ventre et en m'assennant de me bouger de son chemin. Je n'ai pas porté plainte pour ne pas envenimer la situation».

Dans ce contexte, la présence de policiers lors du conseil communal, ce mardi, a suscité des interrogations. Car si la venue d'André Jamers, le chef de corps de la zone de police de Hesbaye était prévue pour un exposé concernant la police locale, la présence de policiers a quant à elle semblé moins justifiée. «J'ai entendu de sources sures qu'ils étaient là pour assurer la protection de Thierry Missaire, affirme Jérôme de Neuville. Alors on passe une soirée à nous expliquer que le budget alloué à la police est en difficulté, puis on vient mettre des policiers quand ce n'est pas nécessaire.»

Pour André Jamers, la présence du commissaire de la division de proximité Jean Louis Delhalle, de l'inspecteur principal David Bourlard et de l'inspecteur de quartier Fabian Thirion n'a rien à voir avec l'escarmouche survenue un mois plus tôt. «Monsieur Missaire m'avait fait part de l'altercation et m'avait demandé conseil. Mais la présence des policiers n'a rien à voir et n'a pas coûté d'argent à la commune. Je voulais simplement présenter ces policiers au public pour les faire connaître et sensibiliser les citoyens aux problématiques liées à la police de quartier».

Quant à Thierry Missaire, il dément même une quelconque agression. «Pour moi il ne s'est rien passé, c'est complètement anecdotique. Je suis souvent calomnié mais j'avais décidé de ne plus riposter aux attaques. Mon souhait pour l'avenir c'est que les débats demeurent constructifs. Je suis par ailleurs ouvert aux projets de l'opposition car elle a un rôle à jouer. Quant à la présence policière au conseil, je ne l'ai pas demandé mais c'était une bonne chose pour le bon déroulement de la séance.»

Et si le bourgmestre justifie le fait que les policiers ne soient pas venus pour lui, en expliquant qu'ils ont quitté la salle du conseil directement après la présentation, on peut toutefois s'étonner de leur présence dans les cuisines de l’administration communale jusqu’à la fin du huis clos. «Je les ai aperçus en quittant le conseil vers 23h, confirme Christian Vanderbemden, le directeur général. Est-ce que leur présence était liée à l'altercation? Je ne peux cependant pas l'affirmer.» Le doute plane encore donc...

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