ÉLECTIONS 2019

«Une course à qui était le plus radical»: les politiques réagissent à la «vague brune» du Vlaams Belang

«Une course à qui était le plus radical»: les politiques réagissent à la «vague brune» du Vlaams Belang

BELGA

D’Elio Di Rupo à Charles Michel, les hommes forts de la politique ont réagi à la percée du Vlaams Belang lors de ces élections fédérales.

 

Di Rupo: «Le Vlaams Belang, le plus authentique dans la course au plus radical»

 

«Il y a une radicalisation très forte de l’extrême droite, il y a eu une course à qui était le plus radical entre certains partis néerlandophones, et le Vlaams Belang apparaît le plus authentique à l’extrême droite», a commenté dimanche, sur la RTBF, le président du PS Elio Di Rupo, alors que les premiers résultats en Flandre font état d’une forte progression de ce parti.

M. Di Rupo ne croit pas pour autant que le pays soit ingouvernable, même s’il préfère attendre les résultats finaux avant de s’exprimer plus avant. La victoire du Vlaams Belang n’est «pas bonne pour la Flandre, pas bonne pour le pays», a-t-il précisé.

 

Michel: «La poussée du Vlaams Belang montrerait que la Belgique ne serait pas épargnée»

 

La poussée du Vlaams Belang en Flandre, si elle venait à se confirmer, «montrerait que la Belgique n’est pas épargnée par la montée en puissance des populistes extrémistes, comme c’est le cas dans d’autres pays européens», a réagi dimanche, sur la RTBF, le Premier ministre sortant Charles Michel (MR), préférant toutefois attendre le déroulement de la soirée électorale afin d’avoir plus de recul.

M. Michel s’est dit «calme» et «serein» dans l’attente des résultats. Il a redit son espoir que le pays soit «gouvernable» et que des majorités puissent être rapidement mises en place afin de prendre les décisions nécessaires au fonctionnement du pays.

 

Prévot: «Une telle vague brune ne ferait gagner ni la démocratie ni le pays»

 

«Voir une telle vague brune déferler sur le nord ne ferait gagner ni la démocratie, ni le pays», a jugé dimanche, sur la RTBF, le président du cdH Maxime Prévot, inquiet des premiers résultats des élections qui font état d’une nette poussée du Vlaams Belang en Flandre.

«Nous étions demandeurs que la N-VA fasse le moins bon score possible mais pas nécessairement pour autant que le Vlaams Belang en fasse un bon», a dit M. Prévot.

En 2014, la N-VA avait réalisé un score historique en siphonnant le Vlaams Belang. Aujourd’hui, elle demeure première en Flandre et le Vlaams Belang progresse significativement. A deux, les partis pourraient représenter 45% de l’électorat flamand. Les francophones devront en tenir compte, a averti M. Prévot.

«Je sais bien que du côté francophone, il y a les gouvernements que l’on souhaiterait mais il faudra aussi être lucide sur les gouvernements que l’on pourra à la lumière des votes qui se sont exprimés en Flandre», a-t-il dit sur RTL-TVi

 

Une situation qui rappelle l’année 1936, selon Demotte

 

La montée du Vlaams Belang et le maintien de la N-VA fait penser aux années 1930 en Belgique, estime le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Rudy Demotte. «On n’a pas connu en Belgique un mouvement d’une telle ampleur depuis 1936», a déclaré M. Demotte sur le plateau de RTL-TVi en évoquant l’essor du VNV et de Verdinaso avant-guerre.

Comme d’autres socialistes et les écologistes, le ministre-président sortant y voit aussi l’échec de la coalition suédoise, qui alliait le MR, la N-VA, le CD&V et l’Open Vld. «C’est une démonstration: on avait un gouvernement ancré à droite, on ne peut pas dire le contraire. On aurait pu croire que c’était un antidote. Et, non, aujourd’hui, on voit que la droite extrême est en train de gagner», a ajouté M. Demotte.

Le porte-parole du MR pour la compagne, Georges-Louis Bouchez, a rejeté cette analyse. Il a au contraire pointé du doigt la responsabilité de l’opposition francophone, particulièrement le PS -qui parlait de «bruit de bottes» lors de l’entrée en fonction du gouvernement Michel- ou du d’Ecolo -dont les jeunes avaient caricaturé Theo Francken en officier de la Wehrmacht.

 

Khattabi impute à Charles Michel la responsabilité de cette forte poussée de l’extrême droite en Flandre

 

La famille verte est la seule à augmenter son score par rapport à 2014, a affirmé la co-présidente d’Ecolo Zakia Khattabi, sur foi des premiers résultats électoraux connus dimanche, en fin d’après-midi. «Les sondages se sont trompés, mais je me réjouis de la nette progression que nous enregistrons par rapport à 2014», a affirmé Mme Khattabi, interrogée par la Une (RTBF).

Par ailleurs, Mme Khattabi a imputé la responsabilité des premiers résultats indiquant une forte poussée de l’extrême droite en Flandre, au Premier ministre MR sortant, Charles Michel, qui a laissé la N-VA «libérer sa parole au plus haut niveau de l’Etat». «Nous ferons tout pour que la N-VA ne puisse plus être présente au plus haut niveau de l’Etat», a-t-elle dit.

 

Tobback: «La N-VA a déroulé le tapis rouge pour le Vlaams Belang»

 

«La N-VA a déroulé le tapis rouge pour le Vlaams Belang, en poursuivant pendant des années une politique qui exigeait beaucoup d’efforts et de charges de la part de la population, sans rien mettre en place de positif, à l’exception du message que la migration en est la cause», a réagi Bruno Tobback (sp.a), sur la chaîne locale ROBtv, à la forte hausse que semble avoir engrangé le Vlaams Belang à l’issue des scrutins fédéral et régional.

«Si vous mettez en œuvre une politique de cette manière, vous jouez le jeu de votre adversaire, qui est le Vlaams Belang pour la N-VA car les deux partis sont, à mes yeux, des vases communicants. Les autres partis de la majorité semblent également s’être tirés une balle dans le pied», a estimé Bruno Tobback.

Nos dernières videos