LEUZE-EN-HAINAUT

Biogaz: la Ville émet des réserves

Biogaz: la Ville émet des réserves

Il en revient maintenant à la Région wallonne de donner ou non son aval au projet. Sibiom

Quelques jours après la fin de l’enquête publique, le collège communal de Leuze a rendu un avis nuancé sur le projet d’usine de biométhanisation dans le zoning industriel.

La Ville de Leuze n’a pas tardé à se positionner sur le projet d’usine de biométhanisation, porté par la société Sibiom (Ideta-Engie Cofely). Trois jours après la clôture de l’enquête publique, le collège communal a remis un avis circonstancié. Rappelons qu’il appartiendra à la Région wallonne, sur base de dossier reprenant notamment les observations de la population et des autorités locales, d’autoriser ou non la construction de cette unité de biométhanisation.

Si le projet voit le jour, la Ville de Leuze estime qu’il est nécessaire de créer un comité de pilotage et de vigilance associant les représentants de la zone couverte (agriculteurs, riverains, politiques…). «L’objectif est de s’assurer que le projet reste dans une taille raisonnable, que la rotation des terres soit assurée, qu’il y ait une diversité suffisante des sources d’approvisionnement, que le sens éthique du projet soit préservé, que cela engendre une diminution quantifiable de l’utilisation des pesticides chez les agriculteurs partenaires (grâce à l’utilisation du digestat)… »

Les membres du collège relèvent que l’usine de biométhanisation qui doit sortir de terre dans le zoning de Leuze-Europe a été redimensionnée à la baisse par rapport au projet initial. Et qu’il tient compte de certaines observations formulées en matière de tonnage, de charroi ou de stockage.

L’infrastructure a été imaginée pour produire du biogaz à partir de 100 000 tonnes d’intrants issus de cultures énergétiques (maïs et betteraves fourragères).

Des craintes sur la pérennité du projet

«Le projet s’inscrit dans le sens d’une indépendance énergétique à partir d’une production locale, innovante et renouvelable. La biométhanisation est une solution qui, avec d’autres (éolien, photovoltaïque), permet de rencontrer les objectifs wallons et européens en matière d’émissions de CO2, le projet prévoyant de limiter l’empreinte de gaz carbonique à hauteur de 22 260 t par an (la consommation de 12 000 voitures). » Pour la Ville de Leuze, la matière première nécessaire au fonctionnement de l’usine doit rester locale.

Elle rappelle aussi que la vocation de l’agriculture est avant tout nourricière, et qu’il est nécessaire de diversifier les types de biomasse en ne limitant pas les intrants aux seuls maïs et betteraves. «Les feuilles mortes, les déchets verts ou les résidus agricoles sont d’autres sources possibles. Pour ces intrants, les objectifs doivent être plus ambitieux. En revanche, il faut refuser le lisier et les effluents d’élevage. »

D’autres réserves sont émises par le collège, notamment au sujet de la pérennité de l’usine. «La rentabilité est garantie uniquement par des certificats verts payés par la collectivité. La crainte est que le jour où il n’y a plus de certificats verts, le projet ne soit plus selfsupporting. Il faut donc veiller à maintenir un partenariat public.»