EDITO | Que fallait-il attendre du débat des présidents de parti?

Que fallait-il attendre du dernier grand rendez-vous de cette campagne électorale? Pas grand-chose. Et de fait, on n’a pas été déçu.

Le débat des six présidents, pardon des cinq présidents, Peter Mertens (PTB) ayant décliné l’invitation pour défendre son programme à la VRT, à quelques jours du scrutin, est un rituel bien huilé.

Les lignes des différents partis sont tellement archiconnues et leurs présidents tellement familiers, qu’il est difficile pour eux de surprendre dans cette dernière ligne droite. Il n’est d’ailleurs pas dans leur intérêt de le faire.

Car dans cet exercice de communication politique où on n’a plus à perdre qu’à gagner, il faut surtout éviter de faire un faux pas qui pourrait changer la donne.

Posture présidentielle

Chacun s’est donc montré très prudent, évitant les petites phrases assassines.

Si François de Brigode et Nathalie Maleux ont tout tenté pour mettre les présidents en opposition sur l’un ou l’autre point de leur programme et de les faire trébucher, ils n’y sont cependant pas parvenus.

Nous avons assisté à un exercice bien rodé, chacun déroulant les mesures phares de son programme et refusant de s’engager sur une exclusive avec l’un ou l’autre parti.

Chacun s’est aussi coulé dans une posture très présidentielle, avec toute la sérénité, la confiance en soi et le calme nécessaires pour montrer aux téléspectateurs qu’ils pourront demain créer des alliances et installer leur parti au pouvoir.

Charles Michel punching-ball épargné?

L’absence du PTB au débat (et bien sûr des partis flamands) a certainement contribué à ces positions finalement très consensuelles et ce débat assez constructif.

Charles Michel, punching-ball tout désigné après cinq ans d’une législature dure, polémique et rocambolesque avec son partenaire de la N-VA, n’a pas dû essuyer tant de coups. Si ce n’est évidemment sur le thème de la migration où il a dû une nouvelle fois assumer la politique ferme de son gouvernement et son encombrant secrétaire d’État.

Mise à part une passe d’armes entre Charles Michel et Jean-Marc Nollet, chacun a préféré mettre en avant les convergences. Car ces «adversaires» d’un soir se retrouveront forcément lundi pour négocier, chacun étant susceptible d’apporter son poids dans la formation d’un gouvernement.