PROVINCE DE NAMUR

Les résultats des élections régionales 2019 en province de Namur: Écolo et le PTB prennent un siège au MR et au PS

Les résultats des élections régionales 2019 en province de Namur: Écolo et le PTB prennent un siège au MR et au PS

Valérie Delporte (Écolo) siègera au parlement wallon. EdA - Florent Marot

MISE À JOUR À 01h10 | Résultats complets; les noms des élus sont connus. Le dépouillement se termine. Écolo et le PTB prennent chacun prendre un siège au MR et au PS. Les noms des élus sont connus.

Les résultats

Dans la circonscription de Namur, 121 bureaux sur 121 ont été dépouillés à 01h10. Il s’agit donc (enfin) des résultats définitifs. Le PS reste le premier parti avec 23,13% des voix (-5,76% par rapport à 2014), devant le MR à 19,54% (-3,95%), Écolo à 16,76% (+6,51%), le cdH à 15,67% (-5,47%), le PTB à 11,99% (+6,96%) et DéFI à 5,37% (+2,69%).

Écolo et le PTB prennent chacun un siège au MR et au cdH. Les candidats élus sont Jean-Charles Luperto (PS), Gwenaëlle Grovonius (PS), Sabine Laruelle (MR), Stéphane Hazée (Écolo), Valérie Delporte (Écolo), Benoît Dispa (cdH) et Anouk Vandevoorde (PTB).

Dans la circonscription de Dinant-Philippeville, les 71 bureaux ont été dépouillés à 23h28. Il s’agit donc ici de résultats définitifs. Le MR obtient 26,19% des voix (-7,65% par rapport à 2014), le PS 23,36% (-2,77%), le cdH 14,92% (-1,67%), le PTB 12,83% (+8,02%), Écolo 11,88% (+3,55%), et DéFI à 3,58% (+1,46%).

Le cdH récupère le siège qu’il perd à Namur, au détriment du PS. Les candidats élus sont François Bellot (MR), Françoise Mathieux (MR), Pierre-Yves Dermagne (PS) et Christophe Bastin (cdH).

Les réactions se sont succédé au cours de la soirée:

- Vincent Sampaoli (PS, 3e candidat effectif au parlement wallon, circonscription de Namur): «Nous perdons de nombreuses voix mais nous devons rester positifs. Nous restons premiers partie en Wallonie et au parlement wallon alors qu’on nous prédisait le pire. C’est un sacré plus par rapport à ce qui se passe en Flandre. Nous n’avons pas peur mais nous devrons mener un combat au niveau fédéral.»

- Valérie Delporte. Chez Écolo, si un deuxième siège est accroché au Parlement wallon, il reviendrait à une dame. Plus précisément à France Masai, s’il est attribué au sud de le province, ou Valérie Delporte, si le nord rafle la mise. «Quoi qu’il en soit, que ce soit France ou moi, nous sommes prêtes à prendre nos responsabilités», assure Valérie Delporte. La 2e candidate effective pour la circonscription de Namur ne le nie pas: les bons résultats annoncés dans les sondages ont mis aussi de la pression sur le parti. «Mais on est restés réalistes. Quand on nous annonçait 22%, on est resté calme et on savait que ce ne serait probablement pas la réalité. Mais à l’inverse, on ne voulait pas prendre une raclée. Et là, on n’a vraiment pas pris de gamelle.» Chez Écolo, on se dit prêt à monter au pouvoir. «On ne restera pas au balcon, insiste Valérie Delporte. On des idées, un programme et des actions que l’on voudrait réellement mener.» La candidate reprend le chemin du QG des Verts. «On va fêter en effet. Élue ou pas, France ou moi, peu importe. On va fêter…»

- France Masai (tête de liste Écolo au Parlement wallon pour la circonscription Dinant-Philippeville): «On reste sur notre bon trend». C’est un des constats le plus souvent répété, dans les couloirs de Canal C où défilent les principaux candidats: ce n’est pas la marée verte attendue. France Masai ne conteste pas. «Mais on reste sur un bon trend, celui des bons résultats qu’on a connus en 2018», estime la tête de liste Écolo. Quant à la montée du PTB, l’écologiste a aussi son analyse. «Ils ont capté les votes des contestataires. Nous, on n’a pas fait une razzia sur la droite ou la gauche. On a plutôt rassemblé sur des idées, un programme et on a donc pris des électeurs dans tous les partis.» Pour les Verts, les sondages ont peut-être joué un mauvais tour à leurs couleurs. «Cela nous a mis au centre de la cible du côté du MR mais aussi, en fin de campagne, au cdH. On a beaucoup tapé sur nous. Cela a peut-être également joué.»

- Prudent mais expérimenté, François Bellot sait que l’arithmétique électorale peut s’avarer compliquée… et cruelle. «Que doit dire Christophe Bastin qui, il y a cinq ans, va se coucher en pensant qu’il est élu et reçoit un coup de fil au petit matin pour lui signaler que le siège est perdu…» La tête de liste MR pour Dinant-Philippeville au Parlement wallon sent cependant que la montée du PTB va probablement se concrétiser par la prise d’un siège. «Et c’est là que ça va se jouer entre le MR et le PS. Le parti qui sera le deuxième perdra ce siège», estime le Rochefortois. Le ministre fédéral sortant estime que cette montée du PTB s’explique «dans un vote de contestation. Autrefois, c’est Ecolo qui prenait ces différetes voix. Mais aujourd’hui, les écologistes sont aussi considérés comme un parti traditionnel.»

- Sabine Laruelle (1re candidate effective à la Région, MR, circonscription de Namur): «Mener une campagne, c’est toujours un peu de stress. Cest aller à la rencontre des citoyens et animer une équipe de candidats. Je salue d’ailleurs l’état d’esprit qui a prévalu durant cette campagne. Hormis la montée du Vlaams Belang en Flandre qui est vraiment une très mauvaise nouvelle, c’est assez compliqué de donner une tendance car les résultats sont trop partiels. On attend confiants.»

- «L’objectif, c’était de faire notre entrée au parlement wallon. Ici, selon les premières tendances, on serait au-dessus des 10%. Ce qui nous permet d’envisager la chose», explique avec prudence Anouk Vandevoorde, tête de liste PTB pour l’arrondissement de namur au Parlement wallon. Une première depuis 1946. La vie de cette dernière pourrait radicalement changer au lendemain de ces élections. «Pour l’instant, je ne pense pas aux conséquences», plaisante-t-elle. Au QG namurois du PTB, on a donc le sourire en ce début de soirée... même si la fêté est quelque peu gâchée par la montée de l’extrême droite en Flandre.

- Pour Gilles Mouyard (2e candidat effectif, MR, Parlement wallon, Namur), le fait marquant est bien évidemment la montée du Vlaams Belang et des votes extrêmes en Flandre. «Et si on nous reproche ça, avec notre participation au gouvernement aux côté de la N-VA, c’est totalement absurde. Il y a tout simplement une réalité en Flandre qui n’est pas du tout la nôtre. Cela étant dit, annoncer avant même les élections, qu’il y aura des exclusives, qu’il y a des partis avec qui on ne va pas parler, c’est un jeu dangereux. Il faut continuer à gouverner ce pays. On ne doit pas non plus offrir le scission du pays sur un plateau d’argent. Et la vague verte dont on nous avait parlé n’a finalement pas lieu.»

- Christophe Bastin (1er candidat effectif, cdH, Parlement wallon Dinant-Philippeville): «Il faut être prudent avec les chiffres mais ce n’est ni le raz-de-marée Ecolo ni la claque pour le cdH. Cette campagne vient directement après celle des communales Il y a aussi une fatigue, pour nous, les candidats. C’est usant aussi pour les proches, la famille. Mais le ton est resté globalement très correct.»

- Jean-Marc Delizée (2e candidat effectif PS pour le Parlement wallon - circonscription de Dinant-Philippeville) tient tout d’abord à commenter les premiers chiffres qui reviennent de Flandre. «Le MR a sa part de responsabilité dans la montée du Belang, estime le socialiste. En s’associant avec la N-VA, Charles Michel a pris la mauvaise option. Au sein de son gouvernement, certains ont libéré la parole raciste. Et aujourd’hui, les extrêmes se sont encore renforcés.» Jean-Marc Delizée revient aussi sur les scores de ses colistiers. «Pierre-Yves Dermagne et Christine Poulin ont gagné en visibilité et en notorité. Sur le Sud (arrondissement Namur-Dinant), ce seront de très bons compétiteurs.»

- Isabelle Moinnet (1re candidate suppléante, cdH, Parlement wallon - circonscription de Namur) revient tout d’abord sur les sondages. «Comme lors d’autres scrutins, on nous annonce la catastrophe et c’est visiblement loin d’être le cas. Les premiers résultats venus de Bruxelles sont plutôt rassurants. On serait aux alentours de 10%.»

Notons qu’à Beauraing, notamment, les sites ont saturé jusqu’à 19h. Le bureau de dépouillement ne pouvait plus rien encoder. Le blocage a duré plus d’une heure. Le travail des dépouilleurs était pourtant quasi terminé.

À l’occasion des élections du 26 mai 2019, les citoyens étaient amenés à renouveler le parlement wallon. Celui-ci comprend 75 sièges, qui se répartissent en fonction des circonscriptions électorales. Pour le scrutin régional, les circonscriptions correspondent aux arrondissements administratifs de chaque province et le nombre de siège à pourvoir est proportionnel au nombre d’habitants.

 

 

Les résultats pour l’arrondissement de Namur

Les enjeux

La circonscription de Namur doit envoyer 7 élus au Grognon sur les 11 sièges à répartir entre les candidats de la province. Lors des élections de 2014, elle avait envoyé 2 députés MR, 2 députés PS, 2 députés cdH et 1 député Écolo siéger au Parlement wallon.

Onze listes se disputent ces 7 sièges. En 2014 et 2009, il y avait 13 listes en compétition. À la Région, la décrue est donc clairement amorcée.

Les résultats pour l’arrondissement de Dinant

Les enjeux

La circonscription de Dinant-Philippeville doit envoyer 4 élus au Grognon sur les 11 sièges à répartir entre les candidats de la province. Lors des élections de 2014, elle avait envoyé 2 députés MR et 2 députés PS.

Neuf listes se disputent ces 4 sièges. En 2014 et 2009, il y avait 10 et 13 listes en compétition. À la Région, la décrue est donc clairement amorcée.

Les mystères de l’apparentement

C’est un mot mystérieux, qui n’apparaît qu’une fois tous les cinq ans, quand il s’agit de renouveler les parlements régionaux (et provinciaux). Qu’est-ce que l’apparentement?

Le Crisp y est allé de sa définition: il s’agit d’un «système de répartition des sièges lors d’une élection selon lequel les listes de candidats peuvent additionner les voix qu’elles ont recueillies dans les diverses circonscriptions d’une même province ou d’un même arrondissement électoral.» L’apparentement vise à s’approcher au plus près de la représentation proportionnelle. Pour la province de Namur, l’apparentement ne joue qu’entre les arrondissements de Namur et de Dinant-Philippeville pour les élections régionales. Le niveau fédéral y échappe.

Comment ça fonctionne?

1. Déclaration Il ne joue qu’entre les listes qui ont déclaré, au dépôt, qu’elles formaient un seul groupe dans les deux circonscriptions concernées. En pratique, ce sont des listes appartenant à un même parti politique qui s’apparente.

2. La mécanique Dans les faits, n’accèdent à la répartition de l’apparentement que les listes qui ont atteint le quorum de 0,66. En pratique, une première répartition des sièges a lieu au niveau de la circonscription électorale, soit Namur ou Dinant/Philippeville. Une répartition complémentaire est ensuite effectuée au niveau supérieur de la province, c’est là que joue l’apparentement. Pour être admissibles à la première répartition des sièges, les listes doivent obtenir au moins 5% des votes dans la circonscription électorale. Cette règle des 5%, c’est le seuil électoral.

Pour participer à la répartition complémentaire des sièges, le groupe de listes doit non seulement atteindre le seuil électoral de 5% au niveau de la province, mais aussi obtenir un chiffre électoral de 66% du diviseur électoral dans au moins une circonscription électorale. Ce diviseur électoral s’obtient en divisant le nombre de bulletins valables dans l’ensemble de la circonscription électorale par le nombre de sièges à conférer dans cette circonscription électorale. Les groupements de listes qui ne remplissent pas cette condition ne peuvent pas participer à la répartition complémentaire des sièges. Ce n’est qu’après ces deux répartitions de sièges que les candidats élus sont désignés.