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Emiliano Sala: les révélations qui mettent à mal le FC Nantes

Emiliano Sala: les révélations qui mettent à mal le FC Nantes

Dans un appel adressé par Emiliano Sala à l’un de ses proches, le joueur tacle ainsi ouvertement Waldemar Kita, le président du FC Nantes. AFP - Photo News

Une note vocale diffusée publiquement pour la première fois, et reprise demain soir dans un documentaire de «L’Équipe», prouve que le joueur argentin ne souhaitait pas réellement être transféré à Cardiff. Et qu’il en voulait beaucoup aux dirigeants nantais de vouloir se faire de l’argent sur son dos.

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L’enquête intitulée «Emiliano Sala, les secrets d’un destin brisé» qui sera diffusé demain par «L’Équipe» risque de susciter pas mal de commentaires. Et pour cause, la rédaction française a pu mettre la main sur une note vocale (inédite) qui tend à démontrer que la direction nantaise n’a pas été très correcte avec l’attaquant argentin.

Dans un appel adressé le 6 janvier (soit 15 jours avant sa disparition) par Emiliano Sala à l’un de ses proches, le joueur tacle ainsi ouvertement Waldemar Kita, le président du FC Nantes, et son fils Franck, directeur général délégué du club français.

«Eux (les deux patrons nantais, NDLR) veulent me vendre, explique Emiliano Sala. Il y a l’offre de Cardiff aujourd’hui. De leur côté, ils ont négocié pour gagner beaucoup d’argent. Donc eux veulent absolument que je parte là-bas. C’est vrai que c’est un bon contrat, mais sportivement, ce n’est pas intéressant pour moi. Eux essayent par tous les moyens que j’aille là-bas. Moi, je n’ai pas peur d’aller là-bas. Mais, je me dis que Meissa (Meissa N’Diaye, l’agent du joueur argentin, NDLR) doit me trouver quelque chose de mieux d’ici à la fin du mercato.»

À écouter le discours d’Emiliano Sala, il lui semble désormais impossible de rester à Nantes. Au centre de ses critiques, l’attitude de Waldemar Kita.

«Je ne veux pas parler avec (Waldemar) Kita parce que je n’ai pas envie de m’énerver, lâche le buteur dans son message. C’est une personne qui me dégoûte quand il est en face de moi. Lui, aujourd’hui, il veut me vendre à Cardiff car il a fait une super négociation, il va rentrer l’argent qu’il veut. Lui, il veut que je parte là-bas, il ne m’a même pas demandé à moi. Lui, il ne s’intéresse qu’à l’argent […] Je ne sais pas quoi faire car comme je t’ai dit c’est moi qui dois me lever tous les matins et voir le visage de cette personne-là […] Donc, c’est très dur, très dur parce que j’ai l’impression qu’il n’y a pas beaucoup de gens qui se mettent à ma place.»

 

Waldemar Kita «surpris de cette haine à mon égard»

Interrogé par «L’Équipe», le président nantais s’est dit «un peu surpris» de la «haine» nourrie à son égard par Emiliano Sala: «Surpris et déçu car je me comporte du mieux possible avec les gens. En même temps, en tant que dirigeant, je dois aussi accepter une vision différente de la mienne. Mais ces critiques sont très dures car ce n’est pas du tout moi.»

Bien décidé à nuancer le portrait peu flatteur que la presse et les amoureux de ballon rond dressent de lui, Waldemar Kita nuance quelque peu les propos de son ancien attaquant. C’est ainsi qu’il assure que le FC Nantes a beaucoup travaillé pour que le joueur s’y retrouve (financièrement) dans ce transfert: «Au départ, le transfert était à 20 millions d’euros, on a baissé notre prix pour, visiblement, que Emiliano et son agent touchent une prime à la signature.» Et d’ajouter que l’Argentin pouvait notamment voir son salaire passer de 50.000 euros par mois à 300.000 euros mensuels grâce à ce transfert.

Uniquement intéressé par l’argent, le président nantais? «Gagner de l’argent sur quelqu’un qui est décédé, cela ne m’intéresse pas», se défend-il encore.

 

«

À partir du moment où il a signé à Cardiff, je ne suis plus responsable du joueur.

»

 

Quant au montant du transfert (17 millions d’euros) que le FC Nantes réclame à Cardiff City depuis la disparition du joueur, l’homme d’affaires assure qu’il s’agit surtout pour son club de payer les autres parties impliquées.

«Je ne veux même pas de cet argent et peut-être que je ne le toucherai jamais. Mais n’oubliez pas qu’il y a un club, Bordeaux, qui doit toucher la moitié du transfert et qui suit l’affaire. On doit le rémunérer, ainsi que les agents […] Je veux bien tout prendre. Mais quand même... À partir du moment où il a signé à Cardiff, je ne suis plus responsable du joueur. N’oubliez pas quelque chose: il était très content (de partir), il l’a dit à tout le monde quand il est revenu au club. Il faut arrêter de faire croire aux gens qu’on l’a forcé à partir. Cardiff est responsable, pas Nantes.»

Voilà qui risque de faire jaser outre-Manche.