SAINT-JOSSE

Emir Kir signe en turc un tract pas tendre pour le gouvernement fédéral: «communautariste» et «clientéliste»

Emir Kir signe en turc un tract pas tendre pour le gouvernement fédéral: «communautariste» et «clientéliste»

Le tract en turc est arrivé dans les boîtes aux lettres de citoyens dont le nom a des consonances turcophones. DR

Une nouvelle polémique liée à un tract secoue la campagne électorale à Bruxelles. Cette fois, c’est Emir Kir, bourgmestre de Saint-Josse et candidat PS N°3 à la Chambre, qui est accusé de «communautarisme». Les faits: il a envoyé une lettre rédigée en turc à des citoyens aux noms à consonance turque. Il y attaque le gouvernement fédéral.

Un «tract» pour ses adversaires politiques, un «courrier personnalisé» selon son expéditeur: une lettre rédigée en turc par Emir Kir et distribuée à la communauté turque de Bruxelles crée la polémique en cette fin de campagne.

Selon La Capitale, qui relaye l’indignation de plusieurs mandataires MR, ce tract du candidat N°3 à la Chambre pour le PS à Bruxelles se fait remarquer sur les réseaux sociaux depuis dimanche. Outre son caractère «communautariste» puisqu’il est rédigé en turc, c’est son contenu qui interpelle les libéraux.

 

 

Le texte s’en prend au plan Canal que le ministre de l’Intérieur N-VA, Jan Jambon, a mis en place en 2016 après les attentats. Initialement prévu pour Molenbeek, celui-ci veut lutter contre le radicalisme dans 9 communes: la Ville de Bruxelles, Saint-Gilles, Anderlecht, Molenbeek, Saint-Josse, Koekelberg, Vilvorde, Schaerbeek et Forest, qui s’est ajoutée à la liste en février 2017. L’idée est de surveiller les lieux de prière mais aussi les subdivisions suspectes d’immeubles d’habitation.

 

«Massacre de ce gouvernement»

 

À ce sujet, les lignes d’Emir Kir, que le quotidien Le Soir a fait traduire par sa correspondante en Turquie, expliquent aux électeurs potentiels que «ce gouvernement a voulu entrer de manière illégale dans les maisons. Il a pointé du doigt les musulmans sous prétexte de terrorisme et a organisé des opérations à plusieurs endroits». À en croire Le Soir, Kir y dit encore que «pendant 5 ans, j’ai été témoin du massacre de ce gouvernement de tendance populiste de droite». L’édile socialiste y évoque aussi sa crainte de voir le gouvernement «apporter partout l’interdiction de l’abattage rituel».

 

 

À nos confrères de La Capitale, Emir Kir dit «assumer totalement» ses propos. «Mon discours est le même dans chacun de mes courriers, qu’ils soient rédigés en français, en arabe ou en néerlandais. C’est un discours que j’ai toujours tenu publiquement». Et le bourgmestre de Saint-Josse de continuer: «Je n’hésite pas à remettre en question la politique du gouvernement actuel qui, dans le cadre du plan Canal, s’en est pris aux communautés d’origine étrangère établies le long du canal.»

 

«#pasmieuxquecolo»

 

Alors qu’Écolo avait été durement tancé suite à son tract laekenois sur le port du voile et l’abattage sans étourdissement, les opposants politiques n’ont évidemment pas raté Emir Kir. «La #Gauche communautariste à nouveau en flagrant délit de racolage électoral: inacceptable!», tance Denis Ducarme sur Twitter en hashtaguant son message d’un cinglant «#pasmieuxquecolo».

Des citoyens se sont également émus du ciblage des noms à consonance turque dans l’envoi du tract, y voyant comme certains analystes du «clientélisme» et s’interrogeant sur la légalité de cette pub électorale rédigée dans une langue qui n’est pas l’un de nos trois idiomes nationaux.

Restant sourd aux accusations, Emir Kir parle sur Twitter de «fake news».