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Encore des perturbations du trafic aérien attendues ce jeudi: une centaine de vols annulés à Bruxelles et Charleroi

Encore des perturbations du trafic aérien attendues ce jeudi: une centaine de vols annulés à Bruxelles et Charleroi

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Le trafic aérien est encore une fois perturbé, ce jeudi, en raison du mécontentement persistant des contrôleurs aériens de Skeyes. Il est question d’une centaine de vols annulés à Bruxelles et Charleroi. Brussels Airlines envisage une action en justice. «Du côté de la Wallonie, nous nous rapprochons de plus en plus d’un bye-bye Skeyes».

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Une centaine de vols annulés à Bruxelles et Charleroi, le trafic aérien a repris à 13h

Un premier appareil a décollé depuis l’aéroport de Charleroi à destination de Naples ce jeudi peu après 13h00, peut-on voir sur le site Flightradar 24. La reprise du trafic dans l’espace aérien belge a été confirmée par le porte-parole de Skeyes, l’entreprise publique en charge du contrôle aérien en Belgique, et par le porte-parole de l’aéroport de Charleroi. Des retards importants sont à prévoir.

La fermeture de l’espace aérien belge entre 9h30 et 13h à la suite d’une action du syndicat chrétien ACV (CSC) impacte des milliers de passagers. Aux aéroports de Zaventem et Charleroi, une centaine de vols au total ont été annulés, en plus des nombreux avions dont le décollage ou l’atterrissage a été retardé.

Brussels Airport a signalé 90 vols annulés au départ et à l’arrivée de l’aéroport. Au Brussels South Charleroi Airport, une dizaine de vols ont été annulés (cinq décollages et cinq atterrissages).

Le trafic aérien est donc encore une fois perturbé, ce jeudi, en raison du mécontentement persistant des contrôleurs aériens, indiquent les syndicats.

Un accord social avait été conclu la semaine dernière, qui n’était cependant pas soutenu par l’ACV-Transcom, principal syndicat au sein de l’entreprise chargée du contrôle aérien en Belgique et par le syndicat libéral VSOA. Selon eux, les propositions qui se trouvent sur la table ne solutionnent pas les problèmes de charge du travail et de l’équilibre entre vies privée et professionnelle chez Skeyes.

La direction de Skeyes a réagi face à ces actions sociales «injustifiées», selon elle. Elle précise avoir invité ce jeudi «les contrôleurs aériens pour leur expliquer l’accord social conclu vendredi 10 mai dernier». Une permanence était organisée de 10h à 19h.

«Lorsque la direction a constaté que des actions étaient prises pour affecter le trafic aérien à cause de ces sessions d’information, elle a été contrainte d’annuler les réunions. Toute autre action est considérée comme grève sauvage», a-t-elle prévenu.

Les syndicats avancent eux que le moment d’information a été prévu aux heures les plus chargées de la journée. «Du coup, les employés se sont vus exclus de leur droit à l’information», s’indigne Kurt Callaerts, secrétaire de l’ACV. Un appel a ensuite été lancé pour se présenter massivement aux réunions, ajoute-t-il. Le syndicat n’accepte pas que Skeyes parle de grève sauvage.

Brussels Airlines envisage une action en justice: déjà 4 millions de dommages

La compagnie aérienne Brussels Airlines tient Skeyes responsable des préjudices qu’elle subit, en raison des grèves menées au sein de l’entreprise chargée du contrôle aérien en Belgique, annonce-t-elle ce jeudi. Elle envisage d’entamer une action en justice.

La coupe est pleine pour Brussels Airlines alors que la compagnie déclare avoir déjà subi au moins 4 millions d’euros de dommages à la suite des actions menées ces derniers mois au sein de Skeyes.

Brussels Airlines regrette non seulement les actions en tant que telles mais également le fait que Skeyes la prévient souvent à la dernière minute. En conséquence, la compagnie ne peut pas prendre de mesures de précaution. Les vols sont annulés ou déviés à la dernière minute, les passagers doivent être placés sur un autre vol ou remboursés, ou recevoir des repas et un hébergement.

La perte financière pour l’entreprise est estimée à au moins 4 millions d’euros. Mais sa réputation souffre également. «Le secteur de l’aéronautique belge perd des clients qui se rendent dans les aéroports des pays voisins vu l’incertitude liée à une gestion peu fiable du trafic aérien», se plaint Brussels Airlines.

Les dommages estimés ne tiennent en outre pas compte des conséquences de la fermeture par Skeyes de l’espace aérien ce jeudi. Brussels Airlines a dû annuler 53 vols européens et deux à destination du continent africain (vers Kigali et Luanda), impactant 5.000 passagers.

La Région wallonne a mandaté une société «pour voir comment se passer de Skeyes»

Le gouvernement wallon a mandaté Pegasus, une société de conseils en aéronautique, «pour voir comment contourner Skeyes», a indiqué le ministre régional en charge des Aéroports, Jean-Luc Crucke. «Du côté de la Wallonie, nous nous rapprochons de plus en plus d’un bye-bye Skeyes», a-t-il ajouté alors qu’une action menée par l’ACV-Transcom a donc conduit, ce jeudi matin, à l’annulation d’une centaine de vols à Bruxelles et Charleroi.

Selon Jean-Luc Crucke, la Sowaer - la société wallonne des aéroports - a approuvé en urgence, mercredi, la désignation de Pegasus «pour qu’il détermine comment la Région pourra se passer de Skeyes», une société à propos de laquelle le ministre ne se fait plus «aucune illusion».

«Côté wallon, le marché est lancé et les factures sont toujours bloquées. Maintenant, c’est aussi au Fédéral de voir ce qu’il y a lieu de faire», a ajouté Jean-Luc Crucke, en écho aux déclarations de son homologue flamand, Ben Weyts. «Est-ce que le Premier ministre absent, Charles Michel, peut enfin intervenir dans ce foutoir? « s’est interrogé ce dernier sur Twitter. «Les contrôleurs aériens ont des préoccupations justes mais de mauvais moyens d’action», a-t-il ajouté.