JUDICIAIRE

Braquage du siècle à Brussels Airport: 8 ans requis contre Marc Bertoldi

Braquage du siècle à Brussels Airport: 8 ans requis contre Marc Bertoldi

Marc Bertoldi ne nie pas avoir été receleur mais bien avoir participé au braquage. BELGA

La procureure a requis une peine de 8 ans de prison à l’encontre du Français Marc Bertoldi. Celui-ci est poursuivi pour l’impressionnant vol de bijoux commis en 2013 à l’aéroport national de Zaventem. L’homme avoue le recel, mais pas le vol.

La procureure a requis, mercredi en fin de matinée, devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, une peine de 8 ans de prison à l’encontre du Français Marc Bertoldi. Celui-ci est poursuivi pour avoir participé à l’impressionnant vol de bijoux commis en 2013 à l’aéroport national à Zaventem. Il nie avoir pris part à ce vol à main armée, mais ne conteste pas avoir recelé des bijoux provenant du vol.

La procureure a requis une peine de 8 ans de prison, la même peine qu’elle avait requise à l’encontre d’autres prévenus qu’elle considérait comme les auteurs du braquage, lors d’un premier procès qui s’est tenu en 2018.

La magistrate s’est essentiellement appuyée sur l’enquête de téléphonie pour avancer que Marc Bertoldi avait participé au braquage et à sa préparation. «Il n’a pas eu uniquement un rôle de receleur», a-t-elle assuré.

La procureure a notamment relevé que le GSM de Marc Bertoldi était éteint le 18 février 2013, jour des faits, et qu’il avait utilisé, durant la période précédant les faits, plusieurs GSM pour appeler un seul correspondant.

Elle a également mis en avant de nombreux contacts entre E.H.B., un autre suspect, et Marc Bertoldi. Concernant ces échanges, le prévenu a expliqué qu’il était question du rachat d’un restaurant au Maroc par E.H.B. La procureure a trouvé «étrange» que le prévenu ait utilisé un autre GSM que son GSM «officiel» pour «discuter d’un restau».

Le procès de Marc Bertoldi se poursuivra le 7 juin prochain à 9h00 avec les plaidoiries de la défense.

Le rappel des faits

Le 18 février 2013, huit individus armés et masqués avaient pénétré le tarmac de Brussels Airport et s’étaient approchés d’un avion de la compagnie aérienne Swiss, qui transportait un chargement de diamants convoyé par la société Brink’s.

Ils s’étaient emparés de 121 colis contenant diamants, lingots d’or et pierres précieuses d’une valeur totale de 37,9 millions d’euros.

Le 13 mai 2013, près de deux mois après le «casse du siècle», une partie des diamants, d’une valeur d’environ 5 millions d’euros, avait été découverte dans la cave de la villa du dénommé Pascal Pont, un ami de Marc Bertoldi, à Champel en Suisse. Ce dernier n’avait pas contesté être entré en possession des diamants, mais avait nié avoir participé au braquage.

En avril 2013 déjà, les enquêteurs avaient appris que Marc Bertoldi était entré en contact avec des criminels locaux à Genève.

Mercredi, il a expliqué au tribunal qu’un contact lui avait remis des bijoux pour qu’il les écoule, le 19 février 2013 vers 07h45 à Bruxelles. L’échange avait eu lieu dans une voiture sur la voie publique.

«On ne m’avait pas dit à l’époque qu’il s’agissait de diamants volés. Je savais juste que je devais être à Bruxelles le 19 février pour recevoir ces diamants», a-t-il affirmé.

En mai 2018, le tribunal correctionnel de Bruxelles avait déclaré les poursuites irrecevables à l’encontre de dix-huit autres personnes prévenues pour avoir participé, à des degrés divers, au braquage, dont E.H.B.

Le tribunal avait constaté que les preuves suffisantes n’étaient pas réunies. Ce jugement a fait l’objet d’un appel du parquet.