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Assassinat de Valentin Vermeesch | La soeur de Dorian entendue: «Mon frère avait peur de tout, il se laissait faire»

Alexandre Hart a avoué s’être vanté de torturer des animaux. Heymans

Ce matin à la cour d’assises de Liège, c’est la sœur de Dorian Daniels qui a été entendue comme témoin. Elle s’avoue très proche de lui.

Ce matin, la cour d’assises s’est ouverte sur les témoignages de trois mineurs dont la sœur de Dorian Daniels. Très fusionnelle avec son frère, Vanessa (prénom d’emprunt) explique que son frère était un garçon très calme et très doux. Et qu’elle connaissait aussi Valentin, «un garçon très gentil, qui était très faible mentalement. Je prenais sa défense quand on se moquait de lui.» C’est parce que Valentin aurait dit à Dorian vouloir violer sa sœur que les faits seraient, entre autres, arrivés. Mais la jeune fille de 17 ans ne pense pas que Valentin ait pu utiliser ses termes. «Qu’il m’aime bien, c’est probable mais il n’aurait jamais dit ça.»

La jeune fille explique qu’elle a été mise au courant des faits par Killian, qu’elle aurait rencontré à une soirée alors qu’elle sortait avec son frère chez la copine de celui-ci. «Je l’ai vu avec le téléphone de Valentin. J’ai vu des photos de Valentin qui riait et avec les yeux bandés et les cigarettes. J’ai aussi vu la vidéo avec la bouteille dans l’anus», assure-t-elle. Killian a cependant tenu à s’exprimer après ce témoignage pour assurer qu’il n’avait jamais montré ces vidéos à Vanessa, et qu’il s’était débarrassé du téléphone de Valentin tout de suite après les faits.

«Au départ, je ne savais pas que mon frère était impliqué dans ce qui était arrivé à Valentin. Je l’ai appris quelques jours avant qu’il aille se dénoncer. Il m’a juste dit qu’il lui avait donné une gifle parce que Valentin avait tenu des propos envers moi qui ne lui avait pas plu. Il m’a aussi dit qu’Alexandre l’avait menacé de lui faire pareil s’il ne restait pas jusqu’au bout et s’il en parlait.»

Elle raconte également que son frère avait reçu un sms d’Alexandre lui proposant de refaire une soirée «quasi identique», que Dorian avait refusé. « Mon frère avait peur de tout, il se laissait faire. Il avait déjà été frappé par plusieurs personnes mais ne s'était pas défendu, explique encore la jeune femme. Après les faits, Dorian avait changé, il était très renfermé, il était tout le temps dans sa musique. Parfois je l'entendais pleurer dans sa chambre. » Le jour où il est allé se rendre, « il a dit à notre maman qu’elle nous avait appris à assumer nos actes et qu’il allait assumer. »  Ce jour-là, Dorian a avoué être témoin des faits mais ne pas y avoir pris part.

 

«

Il m’a dit qu’il aimait torturer les animaux

»

 

La jeune femme a également été interrogée sur sa relation avec Alexandre Hart, avec qui elle est restée de novembre 2016 jusqu’à mi-janvier 2017. «Il est venu vivre à la maison pendant un mois. Je l’ai beaucoup aimé, mais je ne pense pas qu’il était fidèle, je crois qu’il allait toujours voir Belinda.» À la fin, la jeune femme avoue qu’il sortait beaucoup avec ses amis pour boire. «Il n’était plus le même, il était violent, irrespectueux, il insultait tout le monde. Il a même failli frapper mon père parce qu’il lui avait demandé de se taire.» Elle se souvient également qu’il lui avait dit de devoir prendre des médicaments mais qu’il ne les a jamais pris mais aussi qu’il aimait torturer les animaux, «mais je ne l’ai jamais vu faire».

Interrogé par son conseil sur ce fait, Alexandre Hart avoue s’être vanté de torturer les animaux. «Mais je ne l’ai jamais vraiment fait. Je pense que c’était une façon de me faire remarquer.» Me Renaud Molders-Pierre, tout comme l’avocate générale, estiment qu’il sera intéressant de poser cette question aux psychologues qui viendront demain: la raison pour laquelle Alexandre Hart estime que dire des trucs «trash», selon ses termes, lui permet de démarquer.