ASSISES DE LIÈGE

Assassinat de Valentin Vermeesch: les confidents de Killian Wilmet témoignent devant la cour

Assassinat de Valentin Vermeesch: les confidents de Killian Wilmet témoignent devant la cour

Heymans

Les personnes qui ont recueilli les confidences de Killian Wilmet après l’assassinat de Valentin dans la nuit du 26 au 27 mars 2017 ont témoigné mardi après-midi devant la cour d’assises de Liège.

Killian Wilmet, 16 ans à l’époque, s’était confié à plusieurs de ses connaissances à propos des sévices infligés à Valentin et de son assassinat. Le 27 mars 2017, soit le lendemain des faits, Killian les avait évoqués avec deux de ses amis.

À l’un d’eux, il avait même montré un extrait vidéo de l’agression, de quelques secondes seulement. «Killian était stressé», a témoigné celui-ci devant la cour mardi après-midi. «Il m’a un peu expliqué ce qu’il s’était passé: il m’a dit qu’ils l’ont frappé, qu’ils l’ont amené près de l’eau et que (Valentin) a fini dans l’eau», a déclaré ce jeune qui avait reconnu Valentin, le connaissant de vue. Killian énonce les noms d’Alexandre et de Dorian et ajoute qu’une fille était également présente.

Killian demande à son ami, âgé désormais de 17 ans, de ne pas parler des faits. «C’était un ami et je ne réalisais pas tellement que ça pouvait être vrai qu’il ait fait ça. Je l’ai cru quand il m’a dit que d’autres avaient jeté Valentin dans l’eau.» Il n’a toutefois pas interrogé davantage son ami et n’en a plus reparlé. Il a juste averti ses parents, une fois que le corps de Valentin a été découvert, «pour qu’ils ne tombent pas de haut si jamais j’étais convoqué par la justice».

Une autre de ses amies, âgée de 16 ans aujourd’hui et avec laquelle il a eu une amourette, a elle aussi recueilli les confidences de Killian le 27 mars. Ce jour-là, elle reçoit un message de Killian qui lui demande de la voir parce qu’il a fait «une grosse connerie». «Au début, il ne sait pas trop comment m’expliquer. Puis, il me dit qu’ils s’en sont pris à un garçon la veille, qu’à cinq, ils lui ont fait des choses horribles. Il me dit qu’il a donné quelques coups de poing au niveau du thorax et qu’après, les autres l’avaient menotté et jeté à l’eau», a-t-elle détaillé à cour. Killian lui précise que cela s’est produit la nuit même, à 5h00 du matin, à Statte.

La jeune fille n’a pas cru ses dires car Killian «s’était déjà vanté à plusieurs reprises à l’école d’avoir frappé des gens alors que ce n’était pas vrai». Elle ne veut pas en savoir plus, car «inventer quelque chose comme ça, c’est quand même excessivement abusif», mais fait semblant de croire Killian, qui lui demande de ne pas en parler.

Elle ne se rend compte que ses dires sont véridiques que le lendemain de la découverte du corps.

Deux autres amis de Killian, qui connaissaient également Alexandre Hart, ont eux confronté le jeune de 16 ans le 15 avril 2017. Ce jour-là, le lendemain de la découverte du corps de Valentin, «beaucoup de bruits circulaient dans Huy» selon lesquels Killian se vantait des faits, «sans réellement se rendre compte de la gravité des choses» commises. Après avoir nié, l’accusé admet finalement «sans aucune prise de conscience». Il dit qu’il a été obligé par Alexandre Hart. L’un des deux ne croit pas en ces menaces car «malgré les menaces, ils étaient tous d’accord pour faire ce qu’ils ont fait. C’est facile d’accuser quelqu’un d’autre». Ces amis lui demandent s’il se rend compte qu’il est complice d’un meurtre. Killian devient alors blanc, les larmes aux yeux et semble enfin se rendre compte de ses actes.

Un jeune est toutefois choqué par la façon dont Killian lui a raconté les faits «froidement, sans remords». «Dans quel monde vit-on? Si deux personnes de mon entourage ont déjà fait ça, on est à l’abri de rien. J’étais dans l’incompréhension et puis, j’ai eu peur. Ça m’a effrayé. Voir que je n’étais pas aussi en sécurité que je le pensais pendant toute mon adolescence, ça m’a effrayé.»

Celui-ci connaissait Alexandre car ils avaient grandi dans le même village et avaient fréquenté la même école. Ils ne se fréquentaient toutefois pas car Alexandre était «rejeté». Il se vantait notamment d’avoir blessé son frère avec une tronçonneuse, alors que ses parents le dédouanaient parlant d’un accident. «On aurait dit qu’il se sentait valorisé» en disant que c’était de sa faute.

Valentin est lui décrit comme la «gentillesse incarnée» mais il était également rejeté «à cause de son handicap».