BRUXELLES

51 millions de déficit pour Bruxelles-Propreté en 2019: «risque de faillite» et de «bain de sang social»

51 millions de déficit pour Bruxelles-Propreté en 2019: «risque de faillite» et de «bain de sang social»

Les libéraux et les verts s’inquiètent pour Bruxelles-Propreté. Reporters / GYS

L’agence Bruxelles-Propreté serait dans le rouge. L’opposition régionale MR et Ecolo-Groen s’inquiète. Les libéraux craignent un bain de sang social. Les verts souhaitent entendre au plus vite la Secrétaire d’État Fadila Laanan.

Le seul audit externe sur la comptabilité de l’Agence Bruxelles-Propreté (ABP) ne suffira pas à résoudre ses problèmes structurels. Il faut la moderniser pour améliorer le service aux habitants tout en préservant les emplois, a estimé mercredi le MR, déplorant le manque de réactivité du gouvernement bruxellois dans ce dossier.

Le quotidien l’Echo a fait état dans son édition de mercredi de l’existence d’un document alarmant sur la situation budgétaire de l’opérateur bruxellois de ramassage des déchets. Rédigé par la direction, à l’attention des organisations syndicales, ce document fait état d’un déficit attendu de 51 millions d’euros pour 2019.

Ce dernier s’articule comme suit: 8,5 millions d’euros de déficit pour l’année en cours; 9 millions d’euros de provision pour le personnel et 34 millions de retenue sur la dotation régionale imposée par le tribunal de première instance, l’an dernier, à la suite de l’action du secteur privé, contre les activités commerciales de l’agence jugées source de concurrence déloyale, faute de preuve d’une étanchéité budgétaire dans la gestion de la dotation publique destinée au seul ramassage.

«Un bain de sang social»?

Pour la tête de liste MR Françoise Schepmans, la situation financière de l’Agence Bruxelles-Propreté est catastrophique. À moins d’une solution structurelle, la menace d’un «bain de sang social» serait réelle.

«Je regrette le manque de réactivité du gouvernement bruxellois pour trouver des solutions», a commenté Françoise Schepmans.

Pour le Mouvement Réformateur, il est par ailleurs urgent de moderniser l’ABP par la mise en place d’un système de collecte différencié et innovant épousant les spécificités des quartiers et intégrant les nouvelles technologies (containers enterrés, tris intelligents,...).

De son côté, le chef du groupe MR au parlement bruxellois, Vincent De Wolf a rappelé que depuis 2014, les députés libéraux avaient interpellé à de très nombreuses reprises la secrétaire d’État en charge de la Propreté publique, Fadila Laanan, au sujet des besoins en personnel, de la comptabilité analytique et des structures de l’Agence Bruxelles-Propreté.

De Wolf a fait observer qu’au cours des dernières années, la dotation régionale octroyée à l’ABP n’a jamais cessé de progresser tandis que les résultats d’exploitation de l’Agence affichent un déficit cumulé négatif. À chaque exercice budgétaire le groupe MR a constaté que l’Agence surévaluait ses recettes propres, ce qui contraint le gouvernement d’augmenter, à chaque ajustement, la dotation régionale. Hors inflation, le budget des dépenses de l’Agence a augmenté de 170% entre 2001 et 2016, a-t-il encore épinglé.

Écolo et Groen «abasourdis»

Les chefs de groupe Écolo et Groen au parlement bruxellois, Zoé Genot et Bruno De Lille, veulent que la secrétaire d’État en charge de la Propreté publique, Fadila Laanan (PS), vienne s’expliquer dans l’hémicycle quant à la situation de l’agence Bruxelles-Propreté (ABP), qu’ils estiment «au bord de la faillite».

Dans un communiqué, les écologistes flamands et francophones soulignent qu’ils dénoncent depuis des années les multiples dysfonctionnements à l’ABP. Les informations de l’Echo leur font désormais craindre pour le fonctionnement des services de collecte des déchets, la propreté et l’emploi à l’Agence.

«À la lecture de l’impasse dans laquelle a été mise l’ABP, je suis abasourdie. Il y a un an, la ministre assurait que l’amputation de la dotation à l’ABP n’aurait aucune conséquence sur le personnel. Aujourd’hui, on apprend que la viabilité de l’Agence est en jeu», s’insurge Genot.

«Nous demandons donc à Madame Laanan de venir s’expliquer au Parlement. Devant ce risque de faillite, il serait inacceptable que le président du Parlement refuse notre demande de convocation d’urgence de la commission environnement. L’opacité n’a que trop duré. Nous espérons que tous les partis soutiendront cette nécessaire transparence», a-t-elle conclu.


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