ÉLECTIONS 2019

Élections 2019: l’extrême-droite française en tête des sondages pour les européennes

Élections 2019: l’extrême-droite française en tête des sondages pour les européennes

Marine Le Pen «tend les bras» aux Français mécontents AFP

A trois semaines des élections européennes, un scrutin crucial pour le président français Emmanuel Macron, le parti d’extrême droite Rassemblement national (RN) fait la course en tête devant le parti présidentiel La République en Marche (LREM), selon deux sondages.

Pour la première fois, le RN est donné en tête des intentions de vote par deux instituts, avec 1 à 3 points d’avance sur LREM: 22,5% pour le RN et 21,5 pour LREM selon l’Ifop, 24% pour le RN et 21% LREM selon OpinionWay, dans des enquêtes diffusées jeudi.

D’autres instituts (BVA, Harris interactive) donnent en revanche toujours la liste de la majorité en tête ou au coude-à-coude (Elabe) avec le RN.

Une victoire du parti de Marine Le Pen – son adversaire du second tour à la présidentielle de 2017 – représenterait un échec personnel pour le président Macron, qui espère un rebond politique après cinq mois de fronde des «gilets jaunes» hostiles à la politique sociale et fiscale du gouvernement.

«Pour beaucoup d’électeurs potentiels de LREM, voter En Marche c’est soutenir ou pas l’action présidentielle et voter Macron. On a un lien très fort», souligne Frédéric Dabi de l’Ifop.

«Pour les électeurs l’enjeu est clair, il s’agira de battre Macron», avait affirmé Marine Le Pen en début de campagne à la mi-janvier. En 2014, sa formation l’avait emporté avec 25% des voix. Si le RN arrive cette fois en deuxième position, la question de la légitimité de sa patronne pour la présidentielle de 2022 se posera à nouveau en interne.

Conscient de l’enjeu, le chef de l’État français bouscule ses ministres pour qu’ils s’investissent dans la campagne. En Marche cible notamment François-Xavier Bellamy, tête de la liste Les Républicains (droite), créditée de 14% à 15%, qui lui dispute l’électorat de centre-droit et les retraités.

Le chef de file de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon a exhorté pour sa part ses près de 20% d’électeurs de 2017 à ne pas «laisser tomber» la liste La France Insoumise, qui stagne à 8% dans les sondages.