BRUXELLES

VIDÉO | 200 manifestants devant l’École n°1 de Schaerbeek après les soupçons de pédophilie

Environ 200 personnes se sont rassemblées lundi matin devant l’école communale n°1 de Schaerbeek, située rue Josaphat, pour réclamer justice face à des soupçons de pédophilie au sein de l’établissement. Le Bourgmestre Clerfayt s’est rendu sur place.

La mère d’une fillette de quatre ans, inscrite dans l’école, a récupéré cette dernière jeudi après l’école et remarqué des saignements au niveau des parties intimes de l’enfant. Celle-ci et ses parents ont été pris en charge à l’hôpital Paul Brien, puis transférés au CHU Saint-Pierre.

«On veut la justice! «, criaient lundi les manifestants devant l’école. «On a attendu des réponses vendredi mais aucune explication n’est venue», déplore ce père de deux enfants dont l’aînée, inscrite à l’école communale, est restée à la maison en attendant que lumière soit faite sur les faits. Il a pris part au rassemblement à la suite d’une vidéo partagée sur Facebook par «un ami candidat aux élections».

Plusieurs manifestants se montrent prudents et disent attendre «la confirmation ou non du viol». «On essaie de ne pas paniquer mais on ne sait rien», acquiesce cette mère de trois enfants. «Tant qu’on ne saura pas ce qu’il se passe, ce sera comme ça tous les jours», enchaîne une autre en désignant la foule.

Le parquet de Bruxelles confirme la blessure mais toutes les hypothèses restent ouvertes quant à sa cause: viol, abus sexuel ou simple jeu d’enfant, explique la police. Une dizaine d’agents a été mobilisée pour fermer la rue à la circulation et assurer la sécurité des enfants, en maintenant notamment hors de l’établissement les parents en colère qui se pressent aux portes de l’école.

Des auditions sont en cours

Le parquet de Bruxelles a affirmé, lundi en fin de matinée, que l’enquête était toujours en cours à la suite du dépôt de plainte des parents d’une fillette de l’École communale n°1 de Schaerbeek. L’hypothèse que la petite fille ait été abusée sexuellement a été émise après qu’une blessure a été constatée au niveau de ses parties intimes, jeudi.

«L’enquête est en cours et beaucoup de devoirs sont en train d’être réalisés, notamment des auditions, pour connaître l’origine de la blessure», a déclaré lundi Stéphanie Lagasse, porte-parole du parquet de Bruxelles.

«Il n’y aura pas davantage de communication à ce sujet dans l’intérêt de l’enquête et de l’enfant. Il est très important que l’enquête ne soit pas polluée», a-t-elle précisé.

Clerfayt: «Quoi et qui?»

«Nous sommes tous bouleversés», a déclaré lundi midi le bourgmestre Bernard Clerfayt devant l’école communale n°1 de Schaerbeek, pour tenter de calmer les manifestants rassemblés devant l’établissement.

VIDÉO | 200 manifestants devant l’École n°1 de Schaerbeek après les soupçons de pédophilie
Clerfayt: «Nous voulons savoir ce qu’il s’est passé». Reporters / QUINET
«Tous les services médicaux, policiers et scolaires sont mobilisés depuis que nous avons été informés», a déclaré le bourgmestre sous les cris des parents. «Cette affaire a été immédiatement placée dans les mains de la justice, nous attendons les informations du parquet. Nous sommes dans un État de droit, c’est comme cela que nous fonctionnons», a répliqué Clerfayt aux manifestants qui fustigent les «lenteurs» de la justice.

«Où étaient les responsables?»

Les parents de l’enfant, également présents, ont remercié les manifestants pour leur soutien. «Notre plus grande inquiétude est de savoir ce qu’il s’est passé», a adressé la mère à la foule. «Où étaient les responsables de l’école quand les faits se sont produits? «, a-t-elle interrogé, réclamant justice. «Je ne peux penser que ce qui est arrivé à ma fille puisse arriver à d’autres.»

«Nous voulons savoir ce qu’il s’est passé -quoi et qui», a poursuivi le bourgmestre, repris par les manifestants scandant: «qui!» à sa suite. «Nous continuerons à communiquer chaque jour sur cette affaire», a-t-il conclu avant de s’engouffrer à nouveau dans l’école, sous les huées de certains.

Sur l’heure de midi, les enfants n’ont pas pu sortir pour déjeuner par mesure de sécurité. La police a par ailleurs précisé qu’elle resterait aux abords de l’école jusqu’à la sortie des classes pour assurer la sécurité des élèves. Le suivi policier se fera au jour le jour, certains manifestants ayant déjà affirmé qu’ils reviendraient demain.