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Clasico arrêté: Anderlecht n’accepte pas le huis clos, le Standard plaide pour une décision rapide

Clasico arrêté: Anderlecht n’accepte pas le huis clos, le Standard plaide pour une décision rapide

Anderlecht est poursuivi sur base des rapports de l’arbitre et du match delegate après que les supporters de la tribune visiteurs ont saboté le Clasico à Liège. BELGA

Outre la défaite sur un score de forfait, un match à huis clos et une amende de 5.000 euros, le parquet de l’Union belge de football, représenté par le procureur Kris Wagner, a réclamé également deux sanctions alternatives à l’encontre du RSC Anderlecht pour le match arrêté au Standard.

La chambre d’appel de la commission des litiges s’est penchée jeudi sur le Clasico du 12 avril interrompu définitivement à la 33e minute à cause des troubles causés par les supporters du club bruxellois.

Wagner veut obliger Anderlecht à effectuer une campagne de sensibilisation, via une agence de communication. Un message audio concis mettant en garde sur les risques de l’utilisation de matériel pyrotechnique devra être diffusé dans le stade.

Le procureur propose que ce message soit diffusé avant le match et à la pause durant les sept prochaines rencontres jouées au stade Constant Vanden Stock. La campagne peut être ludique, a précisé Wagner. «Cela est même hautement recommandé. L’intention est de railler les hooligans, ces ennemis du football, de les ridiculiser», a ajouté le procureur, qui a ajouté vouloir approuver le message au préalable.

Wagner demande en outre une peine avec sursis supplémentaire. Si dans les douze mois qui suivent le jour de la décision, un nouveau match doit être arrêté à cause des supporters du RSCA, un message vidéo devra être préparé par une agence de communication. La vidéo devra durer 90 secondes, contenir trois témoignages des services d’urgence ou de victimes de matériel pyrotechnique et être diffusée sur les quatre écrans géants du stade au cours de sept matchs à domicile.

«Le football belge ne doit pas avoir une attitude fataliste. Nous vivons dans un monde où tout est possible. Pourquoi devrions nous présumer qu’il n’y a rien à faire contre la violence des supporters», a expliqué Wagner.

«Il n’y pas d’excuse pour de tels actes antisociaux»

«Même si c’était une manière de critiquer, il n’y a pas d’excuse pour de tels actes», a déclaré Kris Wagner. «C’est un comportement antisocial, et je dirais même anti-football, car le football belge a été mal vu au-delà des frontières. Les auteurs ne sont pas de vrais amateurs de football selon moi.»

Le procureur pointe également du doigt les clubs de football, qui selon lui «font peu pour éviter les grands dangers et les drames, comme les dommages à l’ouïe, les brûlures, les pertes de membre.»

Wagner a suggéré d’engager des chiens renifleurs pour traquer le matériel pyrotechnique caché dans le stade. «C’est cher, mais la menace de se faire prendre aura un effet dissuasif. Le message fataliste, comme si les clubs ne pouvaient rien faire à ce sujet, n’a pas aidé le football belge.»

Outre la défaite par forfait, un match à huis clos et une amende de 5.000 euros, le parquet de l’Union belge a également réclamé deux sanctions de sensibilisation pour Anderlecht. «Les moyens dont nous disposons pour punir ces faits sont répressifs, mais ils contiennent un élément préventif. Ils ont le pouvoir de changer la mentalité des supporters. La pression sociale peut avoir un effet sur les agitateurs. Par exemple, pourquoi les bons supporters ne prennent-ils pas en photo avec leur smartphone ces hooligans?»

Anderlecht accepte les sanctions sauf le match à huis clos

Lors de l’audience de la Commission des litiges d’appel, le RSC Anderlecht s’est opposé au match à huis clos réclamé par le parquet de l’Union belge de football

Pour rappel, le parquet a réclamé une défaite par forfait 5-0, une amende de 5.000 euros, un match à domicile à huis clos et deux sanctions alternatives afin de sensibiliser les supporters. Lors de l’audience devant la Commission des litiges d’appel, l’avocat Luc Deleu a déclaré qu’Anderlecht était d’accord pour toutes les sanctions, à l’exception du match à huis clos. «Car la sanction est excessive et nuit aux intérêts économiques du club», a déclaré Deleu, selon qui un match au stade Constant Vanden Stock rapporte entre 1,26 million d’euros (contre un club hors-G5) et 1,37 million d’euros (contre un club du G5).

Selon l’avocat, les supporters qui se sont présentés à Sclessin avec du matériel pyrotechniques ne sont pas des fans d’Anderlecht, mais des hooligans venus de l’étranger. «Nos stewards et nos spotters ont recherché activement mais n’ont reconnu personne. Cependant, ils connaissent nos fans. Ces actions n’appartiennent pas à la culture d’Anderlecht, à ses fans et même à son noyau dur. Nous ne pouvons pas le prouver, mais nous sommes à peu près sûrs que les lanceurs de fumigènes ne sont pas des supporters d’Anderlecht», a plaidé Deleu.

Selon l’avocat, un match à huis clos serait injuste. «Cette punition passe à côté de son objectif, car Anderlecht ne pouvait plus rien faire pour éviter les incidents, que nous condamnons fermement. En imposant ces sanctions, vous donnez à 10 ou 20 hooligans ce qu’ils veulent. Ils peuvent rire, alors que les 20.000 bons supporters, l’ensemble de l’équipe et les amateurs de football sont punis injustement.»

Le Standard plaide pour une décision rapide

Les Liégeois veulent surtout une décision rapide concernant le score de forfait (5-0) en leur faveur. «Dans l’intérêt du bon déroulement de la compétition, nous demandons qu’une décision soit prise rapidement», a déclaré l’avocat Alexander Vantyghem.

La session de la Commission des litiges d’appel s’est divisée en deux parties. D’un côté, il y a la partie concernant les sanctions pour Anderlecht. De l’autre, une décision doit être prise pour le score final du match, interrompu après une demi-heure sur le score de 2-0 en faveur des Rouches.

Une défaite par forfait pour Anderlecht semble inévitable sur base de l’article P1917 du règlement fédéral. Le point stipule que «lorsque l’arbitre arrête définitivement le match, celui-ci est perdu avec des scores de forfait par le club dont les supporters sont responsables des incidents».

Il semble aussi évident que les trois points iront au Standard. Pour le club liégeois, en pleine lutte pour les places européennes, il est important que le verdict tombe rapidement.

«Dans l’intérêt du bon déroulement de la compétition, nous demandons à la Commission des litiges d’appel de prendre une décision le plus rapidement possible», a déclaré Me Vantyghem. «Si nécessaire, vous pouvez déjà rendre un verdict sur le résultat du match, quelles que soient les autres sanctions auxquelles Anderlecht est confronté.»

Dieter Detollenaere, président de la Commission, a indiqué après les plaidoiries qu’un verdict tombera «le plus rapidement possible». On ne sait pas encore si la décision sera prise dès jeudi.