Namur: Philippe Noël à son tour réveillé par des gilets jaunes

Il était 6 h ce matin quand une dizaine de gilets jaunes a réveillé le chef de file des Écolos namurois.

«Bonjour, c‘est notre petite visite domiciliaire.» Quand Philippe Noël, président du CPAS, ouvre la porte de son domicile jambois, sur le coup de 6 h ce jeudi matin, il a les yeux bouffis. Mais le chef de file des Écolos namurois ne semble pas étonné de découvrir, sur le pas de sa porte, une horde de gilets jaunes . Le mois dernier, Maxime Prévot avait lui aussi été tiré du lit par une douzaine de ces citoyens engagés. En pleine nuit.

Ce jeudi matin, ils sont neuf à mener l’action chez le président du CPAS. Dans le calme. Par respect pour les habitants du quartier, particulièrement dense, indique le groupe de personnes. Mais pas seulement. «Maxime Prévot a eu un accueil à la mesure de son ego», lâche l’un des protagonistes.

Ici, les gilets se contentent de quelques calicots déposés devant la façade. Pas de casseroles, pas de slogans, pas de coups de sifflet. Ce que veulent les gilets jaunes, c’est surtout comprendre. «Pourquoi Écolo souhaite lui aussi la destruction du square Léopold et raser des arbres pour mettre un centre commercial? On n’a pas besoin de dépenser des sommes colossales pour avoir quelque chose de nouveau. Dans le contexte actuel, c’est indécent», lance une activiste. Et une comparse de renchérir: «Et pourquoi faire le jeu des multinationales?»

Pieds nus sur le pavé, la chemise froissée et le pantalon a peine boutonné, Philippe Noël prend le temps de répondre aux nombreuses questions. Et de rappeler que la question du commerce est aujourd’hui l’une des préoccupations des Verts. Et de reconnaître que des erreurs ont été commises dans la procédure. «Aujourd’hui, le terrain n’est de toute façon plus aux mains de la Ville. Cela fait sept ou huit ans qu’il a été revendu. Je n’étais pas encore élu à ce moment-là», explique le Jambois. Et le même de revenir sur les récents ateliers de coconstruction qui, selon lui, ont permis de rectifier le tir. «Nous nous sommes engagés à en respecter les résultats et les revendications de la quarantaine de personnes qui y ont pris part. Même si nous ne sommes pas d’accord sur tout.» Mais la marge de manœuvre est faible, reconnaît toutefois Philippe Noël. «Il est heureux que Besix (NDLR le promoteur) joue le jeu parce qu’ils pourraient très bien dire “ basta ”. Nous n’aurions que peu de moyen d’aller contre.»

L’échange s’est prolongé durant une bonne trentaine de minutes, à bâtons rompus, et s’est conclu par des poignées de mains. Les gilets jaunes sont repartis plus apaisés mais pas moins dégoûtés.