BRUXELLES

Un «homme debout» géant pour commémorer le génocide rwandais

L’homme debout de Bruce Clarke est à voir rue du Meiboom. Eric Danhier - Ville de Bruxelles

Une fresque qui commémore le génocide rwandais vient enrichir le parcours street-art de la Ville de Bruxelles. C’est l’artiste londonien Bruce Clarke, connaisseur du drame de 1994, qui signe la murale pour son projet «les Hommes Debout».

Une nouvelle fresque street-art inaugurée ce 23 avril à Bruxelles commémore les 25 ans du génocide rwandais. C’est l’asbl Muyira Arts et Mémoires, qui combine promotion artistique et mémoire des génocides et crimes contre l’humanité, qui a piloté le projet en partenariat avec l’échevinat de la culture. La murale, immense portrait en camaïeu de bleus, est à voir sur un immeuble des Logements bruxellois, rue du Meiboom.

C’est l’artiste Bruce Clarke qui a été choisi pour réaliser ce travail de mémoire. Le Londonien est en effet connu pour son projet «Les Hommes Debout», qui a essaimé dans plusieurs villes lors du 20e anniversaire du drame de 1994. Le projet, une commande de la Commission Nationale de Lutte contre le Génocide du Rwanda, consiste à peindre des figures d’hommes, femmes ou enfants plus grandes que nature. Ces portraits, graves, atteignent parfois jusqu’à 10 mètres de haut, «images silencieuses mais incarnées, silhouettes esquissées mais affirmées, personnages anonymes mais familiers, symboles de la dignité des êtres humains confrontés à la déshumanisation qu’implique le génocide».

Mondialement connu, Bruce Clarke est présenté comme «particulièrement attaché à l’Afrique». L’Anglais, «proche de la communauté rwandaise vivant en Europe», n’avait pas hésité à partir en reportage photo au Rwanda en 1994, quelques semaines à peine après que le monde eut appris l’horreur vécue dans la région des Grands Lacs.

Ce n’est pas la première fois que le parcours street-art de la Ville soutient des projets en mémoire de victimes de guerres. Le cabinet de l’échevine Delphine Houba (PS) rappelle ainsi la fresque réalisée par Samuel Idmtal et Orlando Kintero qui illustrait l’espoir d’une résolution du conflit israélo-palestinien en 2018.