CINÉMA

Festival de Cannes 2019: «C’est à Cannes que notre cinéma est né»

Festival de Cannes 2019: «C’est à Cannes que notre cinéma est né»

Jean-Pierre et Luc Dardenne BELGA

«Cannes est le plus grand festival du monde et il le restera. C’est là que notre cinéma est né et le festival a une influence très importante sur la France, qui est le marché principal de nos films», ont souligné mardi lors d’une conférence de presse les frères Dardenne, qui seront présents pour la huitième fois en compétition avec «Le jeune Ahmed».

«Quand Cannes se passe bien, cela ne peut qu’aider pour la sortie en salles, on est donc très content d’avoir été sélectionnés. On va voir comment le film va être reçu par la presse, ce qui est important pour le type de cinéma que nous faisons. Et puis ce sera un premier contact avec un public. Même s’il s’agit de cinéphiles, ce sera un premier retour», a commenté Jean-Pierre Dardenne, dans le cadre d’une conférence de presse organisée par le Centre du cinéma et de l’audiovisuel de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Pour Luc Dardenne, le rendez-vous azuréen n’a pas à s’inquiéter de la montée en puissance de la Mostra de Venise. «Les Américains s’y intéressent pour des questions de calendrier en vue des Oscars. Mais tous les grands réalisateurs américains veulent venir à Cannes. Pour l’Europe, c’est d’ailleurs Cannes qui va régler la question entre les salles et Netflix. Venise et Berlin n’ont pas le poids pour négocier ça.»

Le jeune Ahmed», pour lequel les réalisateurs liégeois ont majoritairement fait appel à de très jeunes comédiens belges et sans expérience, sortira en salles le 22 mai et sera projeté en début de deuxième semaine de festival.

Deux films en espagnol et une dizaine de coproductions dans la foulée des Dardenne

Derrière la locomotive que constituent les frères Dardenne, le cinéma belge francophone sera à nouveau bien représenté à Cannes, se sont félicités mardi lors d’une conférence de presse le Centre du cinéma et de l’audiovisuel de la Fédération Wallonie-Bruxelles (CCA) et Wallonie Bruxelles Images.

«Nuestras Madres» de César Diaz et «Lucia en el limbo» de Valentina Maurel, produits en Belgique francophone respectivement par Need et Wrong Men, ont ainsi été retenus pour la Semaine de la critique, section consacrée aux cinéastes débutants.

Les deux ont été tournés en espagnol dans le pays d’origine de leur réalisateur, soit le Guatemala et le Costa Rica.

Le premier évoque le parcours d’un personnage en quête de ses origines, sur fond d’une guerre très peu connue bien qu’elle ait fait des centaines de milliers de morts durant des décennies. «Mon film parle de justice, des droits de l’homme. Ce sont des valeurs universelles», souligne César Diaz.

La réalisatrice du second, Valentina Maurel, avait obtenu le premier prix de la Cinéfondation il y a deux ans. Elle retourne à Cannes avec l’histoire d’une adolescente «pressée de grandir et prête à se faire violence pour y arriver», a-t-elle témoigné mardi depuis le Costa Rica.

«Ghost Tropic», de Bas Devos, sera lui présenté à la Quinzaine des réalisateurs, principale section parallèle du Festival. Tourné dans la foulée du précédent «Hellhole» et avec un très petit budget, le film n’est pas encore achevé, a expliqué mardi son producteur Benoit Roland (10.80 Films).

«Atlantique» de la Sénégalaise Mati Diop (sélection officielle), «Oleg» du Letton Juris Kursietis (Quinzaine des réalisateurs) ou encore «Vivarium» de l’Irlandais Lorcan Finnegan (Semaine de la critique) font eux aussi partie de la dizaine de films coproduits en Belgique et qui seront du déplacement à Cannes.

Le cinéma francophone sera par ailleurs représenté par des têtes d’affiche telles que Virgine Efira (»Sybil»), Jérémie Renier (»Frankie») et Lubna Azabal (»Adam»).