POLITIQUE

Pour Jan Jambon, il est possible d’installer le confédéralisme et adapter la Constitution plus tard

Jan Jambon ne partage pas l’avis du Premier ministre sortant Charles Michel qui agite le spectre communautaire dans le débat en cours sur l’opportunité de réviser la Constitution.

Pour la tête de liste N-VA à la Chambre dans la province d’Anvers, Jan Jambon, candidat Premier ministre, il est parfaitement envisageable de passer au confédéralisme après les élections du 26 mai prochain, quitte à adapter la Constitution plus tard.

«Quand la volonté politique est là, que les problèmes sont si vastes qu’on estime que le confédéralisme peut être la solution, alors on va adapter la Constitution plus tard, mais on va déjà résoudre les problèmes», a commenté mardi Jan Jambon, interrogé sur La Première (RTBF). Jan Jambon tire exemple de l’histoire et notamment des réformes du droit de vote, en particulier l’octroi du droit de vote aux femmes, qui fut appliqué avant que la Constitution soit adaptée en ce sens.

Dans une réaction sur Twitter, la cheffe de groupe cdH à la Chambre Catherine Fonck a dénoncé l’ambition de la N-VA «prête à tout pour mettre fin à la Belgique, y compris violer la Constitution et sortir du cadre légal».

«Tout dépend du poids que les électeurs vont donner»

Les nationalistes flamands ont remis le confédéralisme dans leur programme et entendent bien y donner suite en fonction de leur poids au lendemain du 26 mai. «Tout dépend du poids que les électeurs vont donner à la N-VA, avec quelle force on peut aller à la table des négociations.» À 33 jours du scrutin, la N-VA n’entend pas pour autant s’enfermer dans un scénario d’exclusive. «On ne va jamais dire à ce stade-ci, c’est le confédéralisme ou rien parce qu’à ce moment-là, nos concurrents vont dire ‘alors pas de confédéralisme’, et on n’a pas la réforme de l’État, on n’a pas la N-VA dans le gouvernement, ce serait deux fois gagné pour nos concurrents», analyse le chef de file sortant au gouvernement fédéral.

Pour parvenir à leurs fins, les nationalistes sont prêts à discuter avec tout le monde sauf avec les extrémistes. «Sur le plan socio-économique, la distance est grande entre notre programme et le programme du PS mais pour réaliser le confédéralisme, c’est clair qu’on a besoin des forces des deux côtés de la frontière linguistique. Avec le PS, sur le plan socio-économique, cela va être très difficile, mais si le PS veut laisser tomber beaucoup de ses revendications, on peut toujours parler», indique Jan Jambon.

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Sur le plan socio-économique, la distance est grande entre notre programme et le programme du PS mais pour réaliser le confédéralisme, c’est clair qu’on a besoin des forces des deux côtés de la frontière linguistique.

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À l’entendre, ce ne serait guère plus aisé avec les écologistes et leur «train d’impôts» auquel il ne croît pas pour s’attaquer au «challenge climatique». Jan Jambon loue les efforts déjà entrepris par le secteur de la chimie à Anvers, en matière de recherche et d’innovation, qu’il faudrait exporter vers la Chine et l’Inde, les premiers responsables, selon lui, du réchauffement climatique.

Jan Jambon a confirmé qu’il était candidat au poste de Premier ministre. «En 2014, pour les francophones, c’était encore difficile d’accepter un gouvernement (fédéral) géré par un nationaliste flamand. Si le résultat des élections indique que nous restons le plus grand parti, c’est normal que le plus grand parti livre le premier ministre.»