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Enquête russe: blanchi par son ministre, Trump exulte et se réfère (encore) à Game of Thrones

Enquête russe: blanchi par son ministre, Trump exulte et se réfère (encore) à Game of Thrones

AFP

Le président américain Donald Trump s’est réjoui jeudi des conclusions de l’enquête russe, qui a confirmé l’absence d’entente entre son équipe de campagne électorale et Moscou, mais ne le blanchit pas des soupçons d’entrave à la justice.

«C’est un bon jour pour moi», a lancé Donald Trump à la Maison Blanche au moment de la publication de ce rapport de plus de 400 pages après 22 mois d’enquête qui ont empoisonné ses deux premières années de mandat. «Il ne faudra jamais que cela arrive à un autre président, cette arnaque», a-t-il ajouté à propos d’une enquête qu’il qualifie de «chasse aux sorcières».

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Il ne faudra jamais que cela arrive à un autre président, cette arnaque

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«Pas de collusion. Pas d’entrave (à la justice). Game over», a instantanément réagi le locataire de la Maison Blanche, alors que le fameux rapport d’enquête ne devait être transmis au Congrès qu’en fin de matinée jeudi. Seuls Bill Barr et les avocats du président ont eu accès à la teneur de ce document de 400 pages, expurgé de ses données confidentielles.

Nouvelle référence à Game of Thrones

Une photo de lui de dos sur fond d’un épais brouillard et au premier plan, le titre détourné de «Game of Thrones»: Donald Trump a de nouveau fait référence jeudi à la célébrissime série, après que son ministre de la Justice l’a blanchi de toute collusion avec la Russie.

Aussitôt terminée la conférence de presse de Bill Barr, qui a aussi assuré que M. Trump n’avait pas entrepris d’action pour contrarier l’enquête du procureur spécial Robert Mueller, le président américain a tweeté ce montage clairement préparé à l’avance.

«Pas de collusion, pas d’obstruction. Pour les rageux et les démocrates de la gauche radicale, c’est Game Over», est-il écrit sur l’affiche, où le «o» de «Over» est barré de trois bandes verticales comme dans le générique de la série de la chaîne HBO.

C’est la troisième fois que Donald Trump fait référence à la série dont la huitième et dernière saison vient de reprendre.

En novembre, pour saluer le prochain rétablissement des sanctions contre l’Iran, il avait notamment posté une affiche le montrant en train de marcher, costume bleu nuit et cravate rouge, avec la mention «Les sanctions viennent» (»Sanctions are coming» en anglais) en référence à «Winter is coming», titre du premier épisode de la série blockbuster.

Son tweet de jeudi a été largement partagé, certains internautes attirant l’attention de HBO sur cette «violation de la propriété intellectuelle» tandis que d’autres s’amusaient à spéculer sur le type de personnage que le président aurait pu jouer dans la série.

Bill Barr blanchit Trump

Le ministre américain de la Justice a confirmé jeudi l’absence d’entente entre l’entourage de Donald Trump et les Russes à la présidentielle de 2016, quelques instants avant la publication du rapport d’enquête du procureur Mueller, qui pourrait toutefois être embarrassant pour le président.

Dans une conférence de presse au timing vilipendé par les démocrates, Bill Barr a également assuré que M. Trump n’avait pas entrepris d’action pour contrarier les 22 mois d’investigations de Robert Mueller.

Le milliardaire républicain avait dénoncé plus tôt «la plus grande arnaque politique de tous les temps», ainsi qu’un «harcèlement présidentiel».

«Une partialité regrettable»

L’opposition démocrate a de son côté critiqué le ministre de la Justice, nommé par M. Trump, l’accusant de gérer avec «une partialité regrettable» la communication autour du rapport que lui a remis le 22 mars le procureur spécial Mueller, un ancien chef respecté du FBI.

Ce document pourrait permettre à Donald Trump de se tourner résolument vers sa campagne de réélection à la Maison Blanche.

Mais l’opposition démocrate se tient à l’affût, convaincue que MM. Trump et Barr ont œuvré ensemble pour dissimuler des actes à mettre au passif du président. Si c’est le cas, elle usera de tous les moyens en son pouvoir, à commencer par son contrôle de la chambre basse du Congrès, pour relancer les poursuites.

Les démocrates ont demandé jeudi au procureur Mueller de témoigner à la chambre des représentants d’ici le 23 mai. M. Barr a dit qu’il ne s’y opposerait pas.

22 mois d’investigation, 34 personnes inculpées

Le procureur spécial Mueller a supervisé pendant 22 mois des investigations tentaculaires, ponctués par l’inculpation de 34 personnes russes et américaines, dont six proches collaborateurs du président Trump pour des malversations diverses.

Cet homme méthodique et austère, qui s’est toujours tenu à l’écart du vacarme politique et médiatique, a simplement remis son rapport final à Bill Barr, sans dire un mot de plus.

Selon ce dernier jeudi, Robert Mueller «a confirmé que le gouvernement russe avait mené des efforts pour s’ingérer de manière illégale dans l’élection présidentielle de 2016, mais n’a pas trouvé de collusion avec la campagne Trump ou d’autres Américains».

Bill Barr a par ailleurs évoqué «dix épisodes» ayant alimenté les soupçons d’entrave à la justice visant le président Trump.

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Des preuves montrent que le président était frustré et en colère, sincèrement convaincu que cette enquête portait atteinte à sa présidence

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En raison notamment du limogeage du chef du FBI James Comey en mai 2017, qui dirigeait alors l’enquête russe, Donald Trump était suspecté d’avoir abusé de ses prérogatives présidentielles pour mettre des bâtons dans les roues des enquêteurs.

«Des preuves montrent que le président était frustré et en colère, sincèrement convaincu que cette enquête portait atteinte à sa présidence», a ajouté Bill Barr.

«Pour autant, la Maison Blanche a pleinement coopéré avec l’enquête du procureur spécial» et le «président n’a pas agi pour (le) priver des documents et témoins nécessaires pour mener à bien son enquête», a-t-il poursuivi.

Des membres de l’équipe Mueller ont déclaré à la presse que le résumé de Bill Barr ne reflétait pas fidèlement le résultat de leurs travaux.

Soupçonnant le ministre d’avoir édulcoré les conclusions du procureur spécial, les démocrates réclament d’avoir accès au rapport intégral pour se forger leur propre opinion.

La version publiée jeudi sera expurgée des détails risquant de révéler les sources des enquêteurs, de nuire à la réputation d’acteurs «périphériques», de compromettre des enquêtes en cours ou obtenues par un «grand jury».