NAMUR

Journée mondiale des luttes paysannes: des patates devant le Parlement wallon à Namur

Ce mercredi, des agriculteurs et sympathisants ont planté des patates devant le Parlement wallon dans le cadre de la journée mondiale des luttes paysannes.

Comme chaque année, la journée mondiale des luttes paysannes a lieu le 17 avril. Pour l’occasion une quinzaine d’associations et ONG, membres du Réseau de soutien à l’agriculture paysanne (RéSAP), ont décidé d’interpeller les politiques au travers d’une action symbolique.

Devant le Parlement wallon à Namur, ils ont organisé un buffet campagnard et planté des patates en compagnie d’élus. L’objectif de cette action originale? Présenter, à 5 semaines des élections, les préoccupations des syndicats agricoles aux politiques et réclamer une politique agricole cohérente, qui prenne soin de la nature tout en étant rémunératrice.

Journée mondiale des luttes paysannes: des patates devant le Parlement wallon à Namur
Benoît Cassart eda
Sur place des dizaines de participants ainsi que des représentants du monde politique issus des différents partis ont répondu présent. Parmi eux, l’ex-MR, Benoît Cassart, qui sera tête de liste à l’Europe pour DéFI. Tout en plantant sa pomme de terre, cet éleveur bovin à Havelange, s’est engagé auprès des associations à prôner une agriculture plus cohérente et rémunératrice du travail paysan.

De son coté, Jordan Godfriaux, député, s’est engagé s’il est élu à équilibrer le pouvoir entre les différents acteurs (consommateurs, distributeurs, transformateurs et distributeurs) dans les multiples filières afin d‘augmenter les revenus des producteurs.

A quelques semaines des élections, cette mobilisation voulait aussi dénoncer le système alimentaire actuel qui détruit tant l’agriculture paysanne et familiale en Belgique que dans le reste du monde explique Anne-Laure Van der Wielen, de l’ONG SOS Faim.

«La réforme de la politique agricole commune (PAC) menée par la Commission européenne prétend vouloir concilier une agriculture plus verte, plus compétitive, tout en négociant de nouveaux accords de libre-échange. Mais pour le RéSAP, ces objectifs sont incompatibles car cela implique de s’aligner sur les prix les plus bas et de continuer à privilégier une agriculture industrielle vouée à l’exportation. Cela au dépend de la préservation de la nature et du bien-être des producteurs.»

«La diminution des coûts de production se fait au détriment des salaires décents et du respect de la nature. Les producteurs finissent par dépendre de subsides européens pour survivre. En même temps, les producteurs au “Sud” ne peuvent concurrencer ces produits subsidiés qui inondent leurs marchés locaux.»

Pour le RéSAP, il est urgent que chaque niveau de pouvoir soutienne le développement de l’agroécologie, une agriculture respectueuse de l’environnement et de l’être humain.