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Incendie à Notre-Dame: «La piste accidentelle est privilégiée»

«Rien ne va dans le sens d’un acte volontaire»: le procureur de la République de Paris a indiqué que la piste accidentelle était privilégiée après l’incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris. Le sinistre a été totalement éteint, tandis que les dons affluent en vue de la reconstruction.

Le procureur de la République de Paris a indiqué ce mardi que la piste accidentelle était privilégiée après l’incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris, ajoutant que «rien ne va dans le sens d’un acte volontaire».

«Cinq entreprises intervenaient sur le site. Dès aujourd’hui, ont débuté des auditions d’ouvriers d’employés de ces entreprises. Une quinzaine sont prévues. Ils sont une quinzaine à être intervenus, à avoir été présents hier», a précisé Rémy Heitz lors d’un point presse devant Notre-Dame, ajoutant que la direction de la police judiciaire parisienne mobilisait près de 50 enquêteurs sur cette enquête.

Le procureur a expliqué qu’il y avait «eu une première alerte à 18H20 suivie d’une procédure de levée de doutes mais aucun départ de feu n’a été constaté».

«Il y a eu une deuxième alerte à 18H43, et là, le feu a été constaté au niveau de la charpente. Entre-temps, l’église avait été évacuée puisqu’une messe avait débuté peu avant».

Les investigations seront «longues complexes», a prévenu Rémy Heitz, mais a-t-il promis «tous les moyens sont mis en œuvre pour arriver à la vérité, pour connaître l’origine de ce terrible incendie».

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Le feu éteint, un plan de reconstruction déjà à l’étude

 

L’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, vécu comme une tragédie internationale, a été totalement éteint ce mardi matin, tandis que les dons affluaient en vue de sa reconstruction qui faisait l’objet d’une réunion ministérielle.

«L’ensemble du feu est éteint. La phase est désormais à l’expertise», a déclaré Gabriel Plus, le porte-parole de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris, précisant que le «violent feu» s’était «propagé très rapidement sur l’ensemble de la toiture» sur «1.000 m2 environ».

Il s’agit à présent de surveiller les structures, leur mouvement et d’éteindre les éventuels foyers résiduels, a-t-il expliqué, indiquant qu’une partie de la voûte s’était effondrée dans la nef centrale et que 100 pompiers «sont encore engagés et le resteront toute la journée».

Une réunion de ministres, dirigée par le Premier ministre Édouard Philippe, était prévue à partir de 11H (9h GMT) afin de préparer un «plan de reconstruction», a-t-on appris auprès du gouvernement.

À l’étonnement des badauds venus au petit matin alors que le ciel s’éclairait au-dessus des tours, le sinistre est peu visible de l’extérieur. La grande rosace en vitraux de la façade sud, côté Seine, est intacte. Mais une porte béante laisse entrevoir un amas de décombres noircis, poutres de la charpente effondrée, a constaté un journaliste de l’AFP.

Et les vues aériennes permettent de prendre la mesure des dégâts, notamment au niveau de la toiture en majeure partie détruite.

Les douze statues monumentales qui ornaient le toit de Notre-Dame ont échappé au sinistre de justesse, arrivées la semaine dernière près de Périgueux (sud-ouest) pour y être restaurées, mais le coq reliquaire du sommet de la flèche a fondu avant de pouvoir prendre le même chemin.

Le «bilan matériel est dramatique» ont prévenu les pompiers: «l’ensemble de la toiture est sinistré, l’ensemble de la charpente est détruit, une partie de la voûte s’est effondrée», a indiqué un de leurs porte-parole, et la flèche qui surplombait ce joyau gothique du haut de ses 93 mètres n’existe plus, effondrée en début de soirée sous les yeux de la foule sidérée.

Le bilan humain fait état d’un blessé grave signalé dans les rangs des soldats du feu.

 

«Le pire a été évité»

 

La question est maintenant de «savoir comment la structure va résister», a estimé le secrétaire d’État à l’Intérieur Laurent Nuñez.

«Le pire a été évité», avait cependant relevé lundi soir Emmanuel Macron sur le parvis de la cathédrale dévastée, promettant: «cette cathédrale, nous la rebâtirons».

Plusieurs partis ont décidé de suspendre la campagne pour les élections européennes, qui ont lieu le 26 mai en France: le Rassemblement national (extrême droite) et le parti de la majorité présidentielle.

L’incendie s’est déclaré peu avant 19H00 lundi et s’est propagé à grande vitesse, emportant la toiture de la cathédrale construite entre le XIIe et le XIVe siècle au cœur du Paris médiéval. Il a pris dans les combles de l’édifice et semble être parti au niveau d’échafaudages installés sur son toit.

Monument historique le plus visité d’Europe, la cathédrale gothique est inscrite au patrimoine mondial de l’humanité depuis 1991. Entre 12 à 14 millions de touristes visitent chaque année ce chef-d’œuvre de l’architecture gothique situé sur l’île de la Cité.

 

 

Veille, prières et dons colossaux

 

Toute la nuit des centaines de personnes ont veillé le bâtiment blessé, certains en pleurs. Ils se sont relayés pour chanter et prier, s’interrompant au passage des camions des pompiers pour les applaudir.

«C’était bouleversant de voir une telle ferveur et une telle foule. On était en communion de prière avec des millions de chrétiens dans le monde», a résumé Étienne Vermersch, «catholique pratiquant», qui a prié «pendant des heures et des heures».

Une enquête a été ouverte pour «destruction involontaire par incendie», a précisé dans la soirée le parquet de Paris. La piste d’un départ de feu accidentel depuis le chantier de rénovation en cours sur le toit de la cathédrale «retient l’attention des enquêteurs en l’état des investigations».

L’incendie constitue une «douleur dans le cœur des Russes», a déclaré mardi Vladimir Poutine, proposant d’envoyer les «meilleurs spécialistes» russes pour aider à la reconstruction.

Le Vatican a exprimé son «incrédulité» et sa «tristesse», évoquant un «symbole de la chrétienté, en France et dans le monde».

Une souscription nationale va d’ailleurs être lancée, a confirmé le président Emmanuel Macron, venu sur les lieux, pour aider à une reconstruction qui s’annonce longue et difficile.

Dès la nuit, les dons ont commencé à affluer: la famille du milliardaire Pinault, qui contrôle le groupe de luxe Kering, débloque 100 millions d’euros; le groupe LVMH, l’autre géant du luxe français, 200 millions, et la mairie de Paris 50 millions d’euros.

 

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